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pris la Alite dans leur paniqae : Tes pauvres bêles B^at aienijamais vu si maovaise compagnie. Leur fmte est pUiisante ; Hs fenversest tout sur lenr passage, même les Bohémiens. Devant TbabitatioB se pavanent aveo leurs gaenUles maJMloevMs et leurs coiffinres pittoresques les dignitaires de la bande ; è k suite de ce groupe, qui sent la canaille bien née, se dresse une échelle oft grimpent des enfants qui vont au grenier. #...»
M. Houssaye n*a pas décrit les deui autres eaux fortes; cela Taurait entraîné trop loin. H a voulu reconnaître dans la seconde Jacques Callot assis à côté d*un des Bohémiens. Nous ne pouvons admettre cette indication. Le personnage désigné parait avoir environ 30 ans. Nous avons longtemps cherché, mais inutilement, quelle est la figure sous laquelle la tradition veut que OiUot se soit lui-même représenté. Les indices sont trop fugitifs pour quH soit permis de former ft cet égard même une simple coi^eotiire.
(7) On ne connaît rien des essais de gravure que Callot aurait exécutés à Florence, avant i607, pendant quMl travaillait sous Ganta-Gallina. Il est vraisemblable qu'ils forent assez informes, à en juger par le portrait de Charles III, qui fut gravé à Nancy dixhuit mois ou deux ans après, et dont il sera parlé dans la note suivante. On a déjà fait remarquer qu'avant d'aller en IcaKe Gillot avait profité des leçons de Démange Crocq, graveur de Nancy. C'est vraisemblablement à cause des dispositions extraordinaires que l'enfant montrait pour la gravure, que Gallina lui donna quelques leçons de cet art. Personne n'avait jusqu'alors essayé de le pratiquer dans un âge aussi peu avancé. Cette précocité s'est rencontrée quelques années plus tard ches le champenois Nanteuil.
(8) Cette remarque n'avait pas échappé au savant et jndicieoi Mariette, qui a parlé deux fois de ce portrait dans ses notes ma-
Busetitea. Voici ce qu'il en dit d*abord, en analysaDt les pièce» rares qu^il n*avai( voes que dans le cabinet de M. de Beringben. « Le pororaât de Cbarlea 111, doc de Lorraine, fort mal gravé aia burin par Callot» arant qiiAd*aUer en Italie,«C*est un buste dans une forme OYale» avec celte Inscription à l'entour, en lettres, capitales : Sbruoss : gabolus II! : 0 : G : Gala : Lotha : Bar : Gubld : dux : Marghio : htssipon : cou : rao : vavd : Aiai : RTC : JËXA : sViB. anro Lxy 4607, et au bas de la planche (à droite) / Callot fecH et eœeudU. Cette inscription est pare et sans aucune altération. C'est aussi sur cela seul, et sur la date, que Ton peut se persuader que ce portrait est de Callot, tant il est mal gravé et peu dans la manière qu'il a eue depub. Mais le mojen ! Il était pour lors si jeune et n'avait eu personne qui lui eût enseigné à manier le barîn ; car ce ne fut que plus tard qu'il alla en Italie , oè il apprit cette profession chez Philippe lliomassin. Il est vrai que l'on dit qu^avant que d'aller en Italie, il avait déjà appris à dessiner chez Henriet, et ce portrait*ci n'est guères bien dessiné. Il est aisé d'y répondre. Une personne qui sait dessiner a de la peine à le montrer, lorsqu'elle en est empêchée par la difficulté qu'elle trouve à manier le borin ; et d'ailleurs quoi qu'on en pût dire, Callot ne devait pas être fort habile dans le dessin. Ce portrait est bien singulier et unique C^). Il a 6 P de haut sur 4 p 6 ^ en travers. » (Notes de Mariette, f 23).
Plus tard, Mariette a consigné dans son précieux manuscrit la
(*) Mariette n'avait vu alors que Texemplaire du marquis de Beringhen, qui se trouve aujourd'hui à Paris, au cabinet des estampes. Plus tard il a ajouté à sa première note : « Je l'ai vu dans les oétavres de M. le Premier et de M. de Lorengère. •
ronarqtie &taittttt£, ûè Ton inmfe de nosvclles oinervalioos sur le même porUraîl ilc Qiarles III :
« PeMhni k» deux années ^*il denenrt auprès es sao père, il y a apparenee ^a*U se livra tout entier à soa îaeliBaUai» four fe àcmm (*), ce qni n*a élé reaiarqiié fiar peMOime, et â comaieeça aène dès lo» .è anamer le Inuria ;'ear ob veil de fw le pariraîl de Ckaries JU gcsf é «s 1667. C*e»t ua assez mavrais portrait de grandear in^* en àaoleiir, gravé aa bano. Il y mil aa kas «es nen ioat au loag : / CalM feeit-ei txeuâU. U eût été sans cela laès^flieile do reco&naltre dans la saiie ^e c^étaii sea . oairage, car daas ce qe^il a fait depuis au barift^ à Rome et à Florence, il n*y a rien qui ajpprociie de «elai^ci. Ctfst une manière absdameat difféiieate, ce qui mnt de ce qull gravait ce portrait sans atoir aucun maître qui le conduisit ; au lieu qu^ayant été à Rome» et y ayant «opié les quatre saisons du tassan, gravées par les Sadelers, et quelques pièces des douse mois de IVimiée, de Golaert, d*après Stradan, le tout sous la conduite de Philippe Tbeoiaasln, il se forma une manière de graver au tmrîn qui tenait beaucoup de celle de Thomassin. ^la se reconnatt surtout dans les petites pièeesdes tableaui de saint Pierre qu'ij grava, suivant toutes les apparences, étant à Rome.... 4)eflome if passa à Plo« rence vers le commencement de 1612. > (Notes de Mariette, i^ 33).
(9) Nous laissons subsister le doute sur Tépoque et le lieu od cette pièce a été gravée, parce que ee doute a esisté dans Tespril de Mariette, qui, dans ses dernières notes, paratt croire qu*elle a élé e&écutée à Florence. Nous ne pouvons partager cet avis. Toutefois, nous transcrivons plus bas les di^Eêrentes noies du
(*) Ceci est confirmé par les travanx dent il est parlé dans les desx noies suivantes.
célèbre iconographe, on les acoompagnaol de nos observatbtis personnelles.
Longtemps avant que le Ckittlogne ée Tosam ée U, de Lorengëre eftt été publié par Geranint, Manette éMà^ à propos de Ja généalogie des Poroelets : « M. flefle ni*a »8nré^*ii y avait nae généalogie en «ne eeffle fettlle de la famille des Porcelets, en Lorraine, gravée par Galloi, et de ses bonaei dioses. M. de Clé* mnibanlt en a nne éprewe et le dessin evigiaal de ilallei. »
Pins loin, et à me date oontemporaine do la pibtication dn Catalogiie.de Qnenlîo de Lorengère, on lit : « Le rapport que m*a fait H. HeHe n'*e8t pas dans la vérité* ie viens d'avoir occaaionde Je irérifier sm Téprewe et sur les dessins «pii appartenaient à H. de Qérambanlt. L'estampe a été décrite par Gersaîat, p. iîS de son Gatalogve des estampes do criminel de Loreogère ; mais, comme N ne Ta pas fait esactement, en void une nouvelle descripiion. Le morceau est, ainsi ipi^'il le dit, de deux pkmches ^uî, étant assemblées, poiteot trente-trois ponces de haut snr vingt poocos de large. Le centre de la planche est occnpé par un carré long contenant Tarbre généalogique de la maison des Povcelct«, Emilie noble de Lorraine f j, et tout autour sont disposés trente-trois sujets historiques et panîcuUers ft celte maison : douae à droite en deux colonnes et douae à gauche dans la même disposition ; il V en a six antres en tète, en deux colonnes, en dessus desquels est placée une figure d*on Christ debout, tenant sa croix, et an pied dodft arbre généalogique sont encore trois sujets disposés en manière de cul de lampe ; c'est en cet endroit qu'on irouve d'un côté les lettres initiales qui sont celles de celui qui a dressé
{^) La maison de Porcelets est originaire de Provenee ; elle poric d*or à un pourceau passant de subie (Dom Calinet, Ikb. lorr., col. 614).
( 984 ) cette généalogie, P. H. L. M. CoUidùr, et de Tautse e6té Ja€. Callot teulptor,
» Si jamais estampe a eu besoin que celui qui Ta gravée yr ait mis sen nom, afin qU*on sût de qui elle était, a^ost assarément eelle-cr; car, que le nom de Callot n^y soit pas, je défie à àme qai vive de se douter qull y ait jamais mis la main. Elle est fort mal gravée au burin et d*un goût de dessin qui n*est pas meilleur, et qui ne fut jamais celui de Gallol. Il est piaurtant vrai qu'il Ta gravée ; mais il ne pouvait pas mieux faire dans ce temps-là^ car c*est an de ses premiers ouvrages, et qui a dà avoir été fait dans iè même temps que le portrait du duc de Lorraine Charles UI.
» Les dessins que possède M. de ClérambauU et qui sont en blanc et en noir, sur du velin, sont les mêmes qui ont servi à Callot pour sa gravure. C*est Touvrage de quelque peintre médiocre et non le sien. Ceux qui Favaient choisi pour graver cette planche supposaient, et sans doute avec raison, qu*il n'en savait pas alors asseï pour inventer des sujets ; ils les firent dessiner et laver à Nancy pour servir de modèle au grav4iur, et il n*ent qu'à les réduire en une forme plus petite. J'ai donc raison de dire <^e M. Helle, en m'annonçant ces dessins pour être de Callot, et sa planche pour être de ses bons ouvrages, ne m'avait pas accusé juste. » ' Vers les dernières années de sa vie,. Mariette est revenu sur l'opinion ci-dessus exprimée, et qui nous parait la vraie, que h généalogie des Porcelets a été gravée en Lorraine. Dans une discussion à l'occasion du saint Mansuy, il suppose que la planche qui représente ce saint, ressuscitant un enfant, a été commandée \ Callot par un Lorrain qui se trouvait alors à Florence ; puis il ajoute : « Ce Lorrain était peut-être le même qui, dès les premiers moments de l'arrivée de Callot à Florence, lui donna i graver celte généalogie des Porcelets, dont M. ClérambauU avait
une épreuve, et» dans ce ca^, qui paratt possible, la pièce n*aura point été gravée, comme je Tai cro, en Lorraine, mais en Italie, ce qui revient à peu près au même. Je préférerais cependant la derûère opinion, parce que, tout mauvais qu*est le travail de celte, pièce, il me parait d'one trop grande étendue pour avoir été enentrepris par qiielqu*un dont c'était le coup d'essai. »
Malgré Testime singulière que nous professons pour les opifiions exprimées par Mariette, lorsqu'il se rectifie lui<*m6me, nous eroydns qu'il s'est éloigné de la vérité dans sa seconde note, et que Topinion qu'il a consignée dans la première est beaucoup plus vraisemblable. Mariette fait, contre son habitude, une hypothèse toute gratuite I et que rien ne confirme, en supposant qu'un Lorrain inconnu a été confier à Gallot la gravure de la généalogie des Porcelets, dans les premiers temps qu'il était en Italie. Il dit quo ce peut bien être le même qui lui commanda, pour l'évêque de Touly le miracle de saint Mansuy. Mais la pièce qui représente cet événement est, suivant Mariette lui-même, de l'année 1616, c'està-dire, du bon temps de Callot, tandis qu'il est évident que la généalogie est un des premiers ouvrages de l'artiste. Si la pièce a été gravée en Italie, c'est bien platêt h Rome qu'à Florence qu'il faudrait, selon cette hypothèse, fixer le lieu de son exécution. Elle est, en effet, et Mariette le reconoatt, fort inférieure aux travaux exécutés sous la direction de Philippe Thomassin et encore l^en plus à l'enfer du Dante, d'après Poccetti, qui fut certainement un des premiers ouvrages gravés par Callot, lorsqu'il vint se fixer à Florence après avoir abandonné Rome et l'atelier de Philippe Thomassin.
M. de Porcelets, fort jeune encore, fit de longs et fréquents voyages en Allemagne, en Angleterre et en Italie, de 1604 à 1607. Il fut sacré évêque de Toul» à Rome, par le cardinal Bel-
lannÎA, le 27 décembre 1607, alors que Gittoi n*; éttU pas encore, il vint Mmédiacement prendre posseasiAB de ma érêché el il fit, eo persone, la fistle de lom son diocèse, ce qni, soivanl Don Calmet, ne s*éuil pas fait de méoiotre d^homme. Qoelqnes mois pins tard, il assistait aok obsèques de Charles HL
N*est-il pas dès lors tout à fait fraiseaiblable qoe ce fni dans le cours de Tannée 1608, qs'il fil dessiner aa généalogie» dom la gramre fat confiée è Gallot» fils de hérant d*arines et anteur dn portrait de Charles 111 T Dans tous les cas» cette hypothèse nmis parait beaacenp plus probable que celle d*après laquelle il fendrait admettre qu^on avralt été chercher an fond de Tlialie nn graveur de 16 à 18 ans, alors sans nom et sans talent, ponr lui foire esécntcr one généalogie.
Quant à robjection tirée des grandes dimensions de la pièce, elle nous toudie peu. Callot était assez hardi ei assei entreprenant pour aborder, dans un âge aussi tendre, un uravail qui aurait effrayé tout autre que lui* L'enfant qui avait déjà donné tant de preuves de précocité, ne devait pas être arrêté par la dimensioa des planches sur lesquelles il avait à travailler. Cette diflBcullé vaincue est, du reste, tout le mérite de son ouvrage.
(iO) Cet ouvrage a été connu par le P. Menestrier, qui le mentionne ainsi : « Il y a un livre où les armoiries de toutes ces maisons (de Lorraine) ont été autrefois gravées par Callot, avec la description des blasons au-dessous de chaque écusaon (Diverses espèces de Noblesse. Lym et Paris, 168$, itt-12, p. 390).
MarieUe avait d^abord pensé que le P. Menestrier faisai$ allusion au livre de Mathieu Husson, imprimé en 1674, auquel Callot n*a pu mettre la main. Mais il est revenu plus tard sur cette erreur et il a dit : 0 II y a réellement un livre intitulé : Recueil des armes et blasons de toutes les maisons nobles et anciennes de Lorraine,
recb«rcbé«s ei gravées par le sieur CaUot, Rot d*arine$ de Lor« raine, pet. in-4* sans dale ni Ueu d^impressien*
» Ce Tolume éiaU cliez M. de QérambMilu ei il j en a on semblaUe, et mtoe plus cosaplet, cbez te Roi, daas là coUeclloii de Gaignières. C'est Toufrage cité par le P. Meaéstrteff,)éftaite ; mais, %i Voù y &it attemioD, le titre du livre ne dit pas que les planches qu*il contient soient gravées par CalloL So« père ou son frère (car tons deux ont été hérauts d*armes de Lofraim el Jacques Callot ne le fut jamais) s*en disent les auteurs* Ce ne sont qne de simples armoiries, tontes surmontées de lambrequins el si uni* formes, qu'ils paraissent tous avoir été calqués sur le même dessio. Et cela est, ainsi que le blason, d*nne si mauvaise toucbe, qu'on ne peut croire que Tbabile Caliot y ait mis la main ; à moins que ce no soit un premier ouvrage que son père loi anra fait faire dans le temps qu'il gravait le portrait du doc de Lorraine, c'estii-dire» avant le voyage d'Italie, et qu'on ne veuiUo que le père se soit fait hooD«ar de l'ouvrage de son fils, et qu'il n'ait pas foû difficulté de s'attribuer des armoiries qu'il regardait comme son bien et ayant dessiné le texle des blasons qui sont de sa cbarge . En tont cas, la postérité ne perdrait pas beanconp quand on la dépouillerait de si faibles productions* »
Bien que nous n'ayons pu voir les volumes dont parle Mariette, nous en avons rencontré un semblable chez M. Noël, notaire honoraire à Nancy, qui en a rapporté exactement le titre sous le n^ i045 de son Catalogue. L'iospeclion de ce volume nous a dénnontré que c'est bien, quant aux blasons, le même ouvrage qui a fait partie do fonds de Gaignières. L'exemplaire de M. NoÔl contient 206 blasons gravés dans des cartouches de modèle uniforme ; au bas de reçu on lit, en lettrés italiques gravées sur la planche, le nom du personnage avec la description du blason. Chaque blason occupe
le recto d*uii feoillet ; le verso est blaoe et pantt desdné à reoe* yoir des annotations. U est possible qae le nombre des blasons soit plus considérable dans d^antres exemplaires. L'exemplaire qae possède M. Noël a été offert par Tantear des Uasons à Haat et paissant seîgnenr Messîre Erard Baron dn Chastellet Marqms de Tricbasteaa, seigneor et Baron de Tons, Ballegneaille» Loœont la Neufelle, Senoncoort, Harboarg, etc., Consdiler d*Estat de son Altesse et Mareschal de Lorraine. Ces titres sont oeos d*firard dn Chatelet, Vi* du nom, qni revint en Lorraine vers 1608 et moarnt le 1 3 décembre 1648, âgé d'environ 86 ans. Le titre est manvscrîl, comme Tétait celui de Fexemplaire décrit par Mariette ; mais il ne contient pas, comme ce dernier, la mention évidemmenl faosse : Gravêeê par le sieur CaUol Roid'arwus. Cette mention est probablement rœuvre d'une main étrangère. Voici ce qa*on Mt sor Texemplaire de M. Noël : « Recaeil des armes et blasons de la noblesse de Fancienne chevalerie de la Lorraine et antres bonnes maisons étrangères y alliées, recherchées par Noble Jean Gallot, Héraut d'armes des Duchez de Lorraine et Bairois, et par loy- * mesme dédié à Monsieur du Chastellet, Mareschal de Lorraine », pet. in^^. Après ce titre manuscrit, et qui^oit évidenunent varier ponr chaque exemplaire, vient une dédicace générale {^ ainsi conçue :
(*) Elle est de la màne main que le titre et la dédicace particulière à Erard du Chastellet, dont il a été parlé ci-dessus. Ces inductions viennent à l'appui de l'allégation dn P. Menefilrier,
qui attribue à Callot la gravure des blasons. Elfes sont changées ca cer titode par les documents positili qu'on troavera ci-après.
( 289 ) A MemtUTt de i'^undenine chwaîerie de Lorraine, elc,
Mbssibdbs,
Bien qu*il semble supperfla de chercher de prolcclion pour ud ouvrage qui porte de si belles armes si est-ce qu'elles nous son tellement propres que je les estimerais mal asseurées si ie leur faisais uoir le jour en dautres mains que les uôtres. Ce sont Messieurs les marques de uostre noblesse, les reliques de uos prédéce»searS| les caractères de leur gloire et les monuments trèsfidels de leur fidélité envers Dieu TËglise cl leurs princes. En tout cecy ie ne nous présente rien qui ne soit purement uostre puisque eest Iheritage de nos Pères et le seul bien de uos maisons qui est le moins allienable. Ce que iy ay contribué du mien et en quoy je prendray la uanite de nous dire que ie nous fais un présent est le long travail avec lequel ie les ay nettoyées de toutes les erreurs et falsifications que la nont^balancc des siècles passes y auait laissé glisser croyant que' restituer aux armoiries de uos aacestres le mesme b1|son qu'ils portaient iadis dans la Palestine estait faire autant que de redresser leurs statues. Uous les uerrez donc icy accompagnées de celles de uos alliances lesquelles iy ai adjoutées, et distinguées de telle sorte qu'eau lieu d'y apporter de la confusion elles uous seruiront de lumière pour uous recognoistre. Que si dans le desordre que je les ay couchées je n'ay peu contenter les prétentions de plusieurs ny satisfaire à leurs droits et prééminences, Je vous supplie très humblement de croire Messieurs que ie fais ici le Héraut et non le matstre des cérémonies et que mon dessin n'a pas été dassigner les rangs aux uns ny reoaner celny des autres laissant ce changement a la conduite de la
proaidence et de la fortune ansqaelles seolles appartient de releaer ou abaisser les grandes familles. Poar moy, comme chaque maison 8*est présentée je Tay placée confusément dans ce recueil n^ayant eu d'autre guide que le bazard, ny diantre intention que de nous tésmoigner que ie suis
Messieurs
Uostre très bomble et très obéissant serTÎteur
iiioi GàLLOT.
Le Jean Callot qui a signé cette épttre dédicatoire esl41 le père du graTeur» ou son frère, on son neteu, qui tous les trois ontéié Héraute d'armes de Lorraine ? (Test ce qu'il est impossible de dire tout d'abord d'une manière certaine. Les blasons eux-mêmes on t-ils été gravés par Callot? C'est également ce que l'inspection seule des planches ne permet pas d'énoncer autrement que sous forme dubitative. Cependant il y a un motif plausible pour penser que les blasons sont réellement des premiers temps de Callot, alors qu*il s'exerçait à manier le burin k Nancy* Cest que tous les lambrequins, bien que paraissant calqués les uns sur tes autres, ont été cependant gravés séparément sur les 206 planches dont M. Noël possède les épreuves. On procède en général autre* ment dans les ouvrages de cette nature. On ne fait qu'une seule planche destinée à tirer tous les lambrequins avec les écus blancs, puis on grave ensuite chaque écn qui est collé sur le lambrequin. On épargne ainsi la moitié du travail. Pour qu^on n'ait pas usé d'un moyen aussi simple, qui a été employé notamment par Mathieu Husson, il faut que l'auteur des planches ait considéré la gravure de chaque lambrequin comme un exercice dont il avait besoin pour s'habituer à manier le burin. On voit d'ailleurs que
( Sdi ) le travail est celui d*uD écolier; si le père ou le frère de Callot le lui avait demandé à son retour de Florence, on y retrouverait certainement un cachet artistique qui manque tout à fait à la suite que nous venons de décrire.
11 existe à la bibliothèque de TAcadémie des sciences, belleslettres et arts de Lyon, un manuscrit qui était autrefois dans la bibliothèque publique de cette ville (&<> 867) et qui est intitulé : Mémoires et négociations de M. le comte de Brassac, par Marivin. — - M. de Brassac fut successivement gouverneur de la Saintonge, de TAngoumois, puis de la Lorraine après la prise de Nancy en 1635, Ses mémoires contiennent tout ce qui s'est passé d'intéressant dans ce pays de i633 à 4636. Marivin, qui en a écrit la copie, avait été employé à cette époque en qualité de secrétaire d'ambassade et de commissaire général des guerres.
« A la salie de ces Mémoires, on trouve un nobiliaire avec le blason des principales familles de Lorraine appelées TAncienne Chevalerie. Cent cinquànte-six armoiries le décorent; et, ce qui les rend recommandables, c'est qu'elles ont été gravées par Callot. Ce fut le dernier ouvrage de ce graveur célèbre. Quelques jours avant sa mort, il fit présent à Marivin de ce recueil qui était le seul qu'il eût formé. Après lui, sa veuve emporta les planches de ces armoiries dans une maison de campagne qui fut entièrement pîHée par les Suédois, de sorte que ce manuscrit paraît offrir les seules épreuves qui existent. Il provient de la bibliothèque Adamoli » (Note de Delandine, ancien bibliothécaire à Lyon, communiquée par M. Monfalcon, bibliothécaire actuel).
Cette note, reproduite incomplètement dans les deux éditions de la Biographie universelle, analyse assez exactement le passage du manuscrit de Marivin dont nous avons pu nous procurer la copie, grâce à l'obligeance de M. Dareste de la Chavanne^ profes-
scor d*hisioîrc h la facuUé de Ljon. Daas ODe espèce d'averUsse^ ment au lecteur, qui préeède la collection de» blasons, Marivûi s'ei prime ainsi : « Je vous avertis que les armes de la DoUeaae de Lorraine ont éié gravées par le sieur Gallot» personne illustre •ea sa profession, ei qui a fait plusieurs ouvrages considérables. Le dernier desquels est celluj-cy, qu*il n*eut pas plus l6l achevé q«*tl mourut à Nancy, où j'étais pour lors. Quelques jours avant sa mort, il m*avait fait ce présent, dont il n*avait jamais tiré autre exeuiplairç. Après son décès, sa veuve ayant réfugié à la campegoe tontes les planches, croyant les mettre en sftreté, à ca«se de la garnison française qui était entrée dans Nancy, il se Iroova au contraire que les Suédois étant entrés en Lorratne, ûreni brùkf le lieu où étaient ces planches , qui est la raison pour laquelle je me trouve la seule personne qui aye ces armes. Mais on m*a dérobé cinq ou six planches que je trouve de manque, assavoir celles d*Harauconrt, de Stainville, dlsche, d^Àudermy et deux oo trois autres que je ne trouve pas, à quoi vous devez prendre garde. J*ai laissé des feuillets en blanc pour les faire mettre« »
Le récit de Màrivin est>il exact dans toutes ses parties? On va en juger. Qu'il ait reçu de Gallot les blasons dont il parle* c'est ce dont on ne peut douter, puisqu'il s'agit d'un fût q«i lui est personnel ; mais ces blasons sont-ils le dêmier ouvrage, ou, an contraire, l'un des pr^mifri ouvrages du oélèbre graveur? C'est ce qu'il était essentiel de constater. Pour y parvenir, autant que possible, nous avons décalqué l'un des blasons du recueil de M. Noël, et nous avons envoyé ce oalque ù Lyon, afin de le confronter avec ceux du recueil de Marivin. Voici la réponse de M. Daresie de la Chavanne : « Il y a environ cent cinquante armoiries ayam ImiUi le mime lambreqvin, exaekmmt idmlique àcekddcmwmêm'û' vez envoyé le demn. On dirait autant d'éprem)e$ du mémet^
eudeia même planche, La grandeur des plaoches est la mèoie, les noms de» ^milles sont exactement conformes pour Vécritare à eeax dont vous me donnez le modèle. »
Après cette confrontation, la question nous semble tranchée. H est évident : i» que le recueil donné par Callot à Marivîn est identique à celui de M. Noël et qu*il n*en diffère que par le nombre des plandies, ce dernier en contenant beaucoup plus ; 2* que Marivin s'est trompé en donnant ces armoiries comme le dernier ouvrage de Callot; il suffit de les regarder pour être convainev que c*eftt Touvrage d*un apprenti graveur et non celui d'un ardsie itlustre partenu à toute la puissance de son talent ; 5*> que le recuml de Lyon n*est pas unique^ puisque, indépendamment de celai de M. Noël qui est & Nancy, MM. d'Hozier et de Ciérambault en possédaient deux antres qui sont aujonrd*bui à la bibliothèque impériale.
Quant à-rincendie de la maison où se trouvaient ces planches, nous ifte savons si le fait est exact, mais nous pouvons affirmer qu'elles n^ont pas toutes été détruites vers 1655. On remarque en effets dans le recueil de M. Noël, plusieurs lambrequins avec Técu en blanc, sans noms de familles au bas des planches et sans descriptions des armes. L*une de ces planches s*est trouvée en la possession d*un neveu du célèbre graveur. H était Prémontré, sous le nom de père Dominique, et abbé de TËstange.Gomme son grand père, son père et son Oncle Jean, il s*est occupé de recherches sur les familles nobles de Lorraine. Ces recherches sont consignées dans un manuscrit in-folio décrit par Dom Calmet, Bib. «lorraine, col. 206, et qui se conserve à la bibliothèque de Nancy. Les armoiries qui décorent ce manuscrit sont entourées d'un même lambrequin gravé, dont Tabbé de TEstange a fait tirer un certain nombre d'épreuves pour dessiner les blasons sur Técu blanc. Ce
lambreqaio est en tout conforme k eeox q«i se trontent dMis te recaeH de M, Noël. Cette dernière eirconstnnee |MPon«e qne losles les plsnchesisravéesper Gallot ponr cette suite d'annoîriesft'oDi pas été détruites, mais elle tend è eonfirmer ce que dii If mm de leur Mtbeeticité.
ril) Félibien dit simplement : « 11 fut obligé de quitter son maître, qui eut quelque ssjet de jalousie à cause de la famUiSRlé, peq|L«étre|rop grande, que Gailot, alors jeune et bieB fiiil, avail avec sa femme. » On a brodé sur ce simple passage des areolures extraordinaires. Sous la plume des romanciers» Galloi est devenu un Lovdace, un Saînt^Preux, Toiremèmeun penennage ds draine moderne. Parmi ces fictions, la plus andenue en date se trouve dans on recueil intitulé : CuriotUh qdUmlM^ Amsterdam, I687« p. 83 à 58. Le conte dont notre arUste est le héros a pour titre : Le IbMMmparfaml.
(12) On Ht dans plusieurs biographies ec M. BeberUDanesail lui-même parait accepter que, dans deux tableaux du musée de Paris, peints par Claude Gellée, les figures sont de Callot. L*a& de ces ubleaux représente le siège de la Rochelle, en 1638, raoïre le Pas de Soie forcé en 1629. A cette dernière date, CdUot se trouvait certainement à Paris \ mais Qaode Gellée n*j était pas. Il n'y avait même jamais été. En effet, Sandrart et Baldinned , quoique présentant quelques dissemblances dans leurs récits, sont muets sur le voyage de Gaude Gellée à Paris. En quittant la Lorraine, il se rendit è Fribourg, puis à Rome et à Naples. U revint à Nancy, en passant par Lorette, Venise, Munich et la Forêt Noire. Ce voyage eut lieu dans Tété de 1625. L'année suivante fat employée tout entière aux travaux des Carmes à Nan^, et, en quittant cette ville pour retourner en Italie, Ghude se dirigea fmr Lycm sur Marseille où il s'embarqua avec Charles Erard, qui se
renéaità Rome. Il y arriva le jour de saint Luc, de l'année 1697, et, def ois cette époque, il ne quitta phn Rome. H est donc înw possible qu^il ait po peindre, à Paris, dea ubteat» représentant des événementa accomplis en 1628 et 1629. Il n'est pas même certain que ces tableaux soient de CI. Lorrain. Bien que l'ancien livret do nausée do P^ris les lui ait attribués, un connaisseur dk« tittgoé les donne à Jacques Courtois, et cette opinion tt*ost pas dénuée de vraisemblance (Voyez, Histoire de Tart du paysage, par 11. Dttpenlies, Paris, 1832. P. WJ ).
(13) Oa n'attribue généralement à Callot dans cette suite que les bttilrinèees'aniqn^es il a mis son nom : ce sont les 6*> 9*, 17% iS^^i 9% 22«, 23* et 26« ; eepenéaai il fiut évidemment reconnaître qu'il en a été gnvé également sept autres^ui ne portent aucun nom» mais qnî sont entièrement dans la manière de eelles qui portent la signature de Tartisle lorrain. Ce sont les 7e, 12% 14' ^ 16«, 21 «, 24* et .25*; ce qni pertfe à quinze le nonubre des morceaux gravés par CaHot dans cette suite. Ponr de plus amples détails, voyez le Catalogue de l'œuvre.
-(14} Voici la note du père Husson sur cette pièce ; le fonds en est, comme toujours, emprunté à Félibien : « La première pièce de Callot à l'eau forte fat un saint Mansuy, premier évèqoe de Tool, qu'il grava, si la pièce est véritablement de Callot (*)t ^^^ un dessin esquissé sur les lieux, proche Toul, et sur un portrait de M. de Porcelet (**); puisque, selon la date mise au bas de cette planche, Csdlot la grava en 1613 (*"*). Or, il était sûrement à Flo-
{*) Il n'y a aucun doute possible k cet égard : toutes les parties de cette estampe révèlent le faire du maître. (**) Voy. Dom Calmet, Bib. lorr. p. 613, !'• colonne. [***) Celte date se lit avec peine sur toutes les épreuves de saint Mau-
( 396 ) renée alors, comme il est prcavé par la date eu titre d'vne cragé» dîe nommée HëfptUeif qai est de Ftoreeee, 1613. On vefi dans cette pièee (de 10 poaces 3 lignes de laiigeiir, ser 8 poeees 6 lignes de hattteur) saint Mansoy aceompagné de trois eccléaia|^ qnes en bonnets entés et en sorplis» dont on en anonsse, tous trots Sfattl des anréoles, le bonnet carré sur la léte ; nn roi courffné, le scepue k la main, sa cour et sa gttde à sa soite^ la reineàcôté, àgenoui; le prélat est enchappe» an bas de laqoeHe, en deTSot, à droite, sont les âmes des Poveeleis, et eria parée que Gallet représente saint Mansny sous i» ressembbmee deTévéque Porcelet. A droite est le jeune homme que saint Mansey ressuscite, lequel est soutenu sur son séant *par un esdate, ou
domestique qui Ta repéché (*); une raquette est aux pieds du jeune homme (la plus rare n*a point de raquette) (**). Dans le lointain do tableau à droite, on voit, dans une place ou cirque, des hommes qui joutent ; à Tentour, sont les baraques des bu* veurs ; plus loin de grands enclos ; puis Tabbaye de saint Mansuy et ses jardins. Enfin le Mont-saint-Hichel, dit anciennement le Mont-de-Bar, et le petit édifice qui le couronnait. Derrière les
suy. Elle a été gravée par une main très-peu exercée. Du reste le père Basson se (rompe ; il faut lire 1616.
{*) II ne paraît pas le moins du monde dans cette pièce que Teuftint ait été noyé ; tout semble témoigner au contraire qu'il a été tué par une boule lancée à l'aide d'une raquette.
(**) Les épreuves sans la raquette sont tellement rares qu'on en à même contesté l'existence. On dit cependant qu'il en exbte deux ou trois, mais aucune d'elles n'a jamais passé en vente publique. Marielle aflirme avoir vu une épreuve avant la raquette et aussi avant les aimes qui sont sur la chape de Tévèque.
( *9T > personnatges on aperçoit les ton? s de k ctihédrale, eelle de Saiai- Gengoall, l« clocher da sénkiaire, etc. à gaoche» dans le eoin» un. peu aii*de88a$ de riasoriptîeii« oa lit, Callot, i6l3. » -^Yoyes au Gaulage de Twavre ce que aoue dîeons de eeue pièce.
(15) Oa lit daas Félibiea : « M. Ylvot, contrdleiir de la maison da rai, iateUigeot et caitens en petotwet a gardé longtemps lemes les iétodes de la main de Gallot, des gravores laites poor la uagédie de Soliman» lesquelles le sienr SiWeaire conserve pré» aanlemeai avec plnstenrs antres dessins de cet escellent bonmie. » Et pins loin : «Le sienr Silvestre a qnamnte-denx dessins à la plniae, d^ cenx que Callot faisait alors pour M. le dnc d^Orléans.» Ces dessins ne se sont pas retronvés lors de la vente du cabinet de M. Jacqnes-Ângttstin de Silvestre, qui eut lieu en 181 i. En revanche, on lisait la description suivante sous le n« 254 de ce Catalogne : «La descente décrois, dessin à la pierre noire, com« position connue parTesumpe de G. N. (lises G. F.) Silvestre pour la snite de la Passion (voy. notre Catalogue de Fœuvre de Gallot); et vingt-quatre petites feuilles, études et croquis de sujets et de figures, très-spirituellement faits à la plume, au crayon noir et è la sanguine, ou à la mine de plomb.»
Le Catalogue de Mariette, rédigé par Basan, indique (no 1184 des dessins), que cet amateur célèbre possédait un <c saint Sébasr tien percé de flècbes, au milieu d*une grande place remplie d'une multitude innombrable de peuple; il est peint à Thuile sur papier et coloré (stc) ; on en connaît Festampe. » Ce morceau, qui a été adjugé moyennant 24 livres, est actuellement au nombre des des* sins du Louvre (n^ 9570 de Tinventaire), où M. de Monlaiglon nous Ta communiqué* Il est incontestablement de Callot et peut, jusqu'à UQ certain point, servir de pierre de touche pour la vérification des peintures qu'on attribue à ce maître. 11 est réellement
( 298 ) peiotàrboile» en eontoe^paviie de 1» ^vnre, avrone toile tffte»fiitô réunie ptr le coU^ à im funpicf foru SessdhMoneiis seet» àpea ptès, celles de 1» gravore. Ge-Q^es^ à popraneM parler, ^^aee esqwtse) et il est imponible ée penser qae îeBMS''Gsliet ek voaio en- faire en tableae* Si Ton y taoïive qaelqee cbese de lalU berléetde Teaprit dadeannatenr, plashaintiiétsepelidant à ebaiger 600 piDoeati de bistreqne de couleurs -à rimBet on »*y ceOMMlt avoine dee qnafitéa do peintre. Les Un» sont, lenrdf/ sms '«tiété, et, somme tonte, ' if yaobsenoe oomplèle d'efiet. Nonane eroyona pas qoe CaUot ah été on peintre ansst féooad qn*«n a tf onvé bon de le ^re depois pluaienra année*. Celte pièce Aiéme, «a révâant le pen d^habileté de Tartiste dans remploi Ae» cnàtsm, aftesie qne, 8*il a esaayé de peindre, il n*a prodntt que qoelqves esquisses inférieures de tout peint k ses dessins lavés on à la pierre noire d*i<alie.
Mariette possédait aussi un recueil de dessitta bien aottemeuf précieux que le saint Sébastien, et dont la majeure partie se retrouve aujourd'hui dans les collections du Lonvre (n** )« Ce recaeil est ainsi décrit sous le n* ii85 du Catalogue de Mariette^ « Un voleme petit in-folio, relié en maroquin rouge, renfermant 70 (lises 170) dessins de compositions et élades dedîrersee-figures dont : la suite de la grande Passion (elle n*est pas complète)^ te Masiiacre des Innocents, le Portrait de D^net, la Conversion de saint Paul, plusieurs paysages ; le tout à la plume et aU-lnsiPe. » Ces 170 dessins forent adjugés en divers lots, s^élevant en totalité à 574 livres. Tersan en eut 14 pour 75Jtvre8, et les IS6 restant forent acquis par Lempereur, d*où ils ont passé dans la cdleclien du Louvre. Nous avons pu y admirer un grand nombre de pièces charmantes et surtout le magnifique portrait de Deroet.
* M. Leber décrit, sous le n^ 1 ^95 de son Catalogne, vingt dessins
orîgiaafix, ^ la pliime, de iac^és Gallot, repréMntafit diverses figures d'lioiiniieft»'de t&moe$i et qndqnesxhenn», densle genve des Gaprlees, et ^i ae panviâsem pas aveirété gravés. M» Leber «imottee qiïe ees^dessbis piovieiuienf d'u» cabinel de FÎoreBoeret q»l^ nepeal s*éknrer«iciii»tdoiUe sur lear origine. Ils soniai>* tœUemeDt è ta biblcoâièqiie pvbKqae d» Rimea.
Pmdaiit sentféjoQPàiFlereiice» M.Vkaff était recoeillt mi cer^ tain nombre de dessba de Gallol, qui ont étélégoés à kviiiade lille, oà ils se oonserveat k la IHbliothèqae publique*
Le CSatalegae des dessins dttprînee de Ligne rédigé par Bartsch^ el paldîé par Ini à Ytenne en 1794, eontieoi la deseription de .84 desains cts^naar de Callot.
Sar ce nombre» il ^èoes ont para, an rédacteur duC^Iognot appartenir à Israël SilYestre plutôt qn*à GaUot. Ces desrâs représentent des sujets qui n^ont pas été, pour la plupart, reproduits par la gravore. Deux seulement sont dans ce cas. L*un est le nartfre de saint Laurent, des^n à k plume, en hrgeur, in*4 ; et ]*antre, la première idée de la foire de Florence, dessin esquissé à la plume et au bistre, in*folto, en largeur.
Le Catalogue Neyman, publié en 1776, par Basan, mentionne, p« 13, sous les &•* 132 et 153, les dessins suivanis qui ont été
giayée :
Le catafolque de Tempereur Mathias, à la plume et au biatre«
de mèiiie grandeur que Testampe.
Sis pièees de Feutrée du duc de Lorraine (Combat à la Barrière), aussi à la plume et au bistre.
Les dessins des deux tentations de saint Antoine, gravées par Gallot, se trouvaient, au commencement' du dix-huitième siècle, dans le cabinet de M« BouUe, où Mariette les a vus (notes ma» nuscrites, folio 64). L*nn des deux, celui de Testampe dédiée au
( 300 ) duc de la VriUière» esl ptssé étn M. de LortUBère, ei G^rsoûnt r» décrii, p. t5 da Ciiilogae de oet emaieor ; reiicre detsio 4e h planche gravée à Florence, et dont Meî Tbiengi a fiit nne copie, OBI devena la propriété de M, de Mienne. H a fignré en 4767 dans le Catalogne de cet amatenr, avec phinenrs dessins de Gallot. En f oid la description :
N« 693. La tentation de saint Antoine, qni a été gravée en dens grandes feaiUes, par Antoine Tbtngins {sU). Ce dessin fait k la plnme, et lavé de bistre, est le plus capital que Ton connaisse de Gallot. 11 est très-bien conservé, sa haotenr est de 16 pouces 4 lignes, et sa largeur de 24 pouces 6 lignes.
N« 694. Le martyre de saint Sébastien, dessiné au fnsin et lavé de bîstre« Sa hauteur est de 7 pouces 6 lignes, et sa largeur de 15 pouces.
N* 695* La petite foire : très^joli dessin à la plume et au Mslre, de 6 pouces 9 lignes ^de haut, sur 12 pouces 6 lignes de large.
N«696. Le portrait de Lavalette à cheval : dessina la pierre noire, et'Cstômpé, de H pouces de haut sur 8 pouces 6 lignes de large.
N** 697. Les deux vues de Paris, dessinées au fusin ; chacune porte 10 pouces de haut sur 12 pouces 6 lignes de large.
N* 698. La suite des Baillifs (BaUi) et autres études au nombre de trente-quatre dessins, les uns au crayon, les autres lavés de bistre, renfermés soas verre dans quatre bordures.
N* 699. Un volume in-folio, mar., renfermant 936 dessins, dont un grand nombre de figures et sujets lavés de bistre. Cet objet est tf ès-intéressant pour les véritables amateurs.
Outre la mention relative au dessin de la tentation, on lit dans le Caulogue Quentin Lorengëre, p. 23 :
N<^ 54. Trente-huit dessins, la plupart d*étttdes et sujets originaux de Gallot.
N^ ^* Sept beat» dessins originaax de Gsllot faits au bistre et dont il y en a, entre antres, dans qui ontseni à nn des grands siégea qu^U 0 gravés.
Le Gataiogue de M« PaignoA-DijonTal, rédigé par M. Bénard, en i 810, Qoatient, sous les n»* S506 à 2554, Tiadieation de pla» siears dessins de Gallot, parmi lesquels nous remarqueiM les saivaats :
2506. Jésus-Christ lavant les pieds de tet apôtres ; le fond n*est pas termiiié; dessin k la plumer lavé de biaire, anr papier blanc ; 1. 7 po.,h. 3 po.
2507. JesusrChrist présenté au peuple ; dessin à la sanguine, lavé d^un peu d*enore, sur papier blanc; b. 8 po., 1. 6 po«
2508. Tentation de saint Antoine ; nn démon, sous la figure d^une femme, tire le saint par son manteau ; dessin à la plume, lavé de bisire sur papier blanc ; 1. 8 po., h. 7 po. (*).
2509 « Quatre petits dessins : Tannonciation ; saint Siméon« StylitOt et deux compositions différentes de saint André sur la Croix ; dessins à la plume, lavés d*encre et de bistre sur papier blanc ; baui. de chacun : i po. 6 1., krg* 1 . po.
2511. PorU^it de religieuse assise et vue de profil ;.elle tient un livre de ses deux mains ; la figure est à mi-corps ; dessin lavé de bisire, sur vélin ; h. 4 po., 1. 2 po.
2512. Lesgéans foudroyés; composition connue par Testampe que Gallot en a gravée au burin ; beau dessin à la plume lavé de bistre ; ce dessin est de forme ovale ; 1. 14 po. h. 8 po.
2517. Quatre paysages ; on voit dans Tun des barques à droite ^
(*) Ce snjet diffère entièrement de la première tentation gravée à Florence, el de celle qui a été dédiée an duc de la Vrillièrei
( sot }
dtwfttvtre, «ne miltoii «reo ireade Mr atte rivière r dans le troiâtec^ lies doimilèreff ft droite^ el m milieu on j^iu; ^ds te qoatrltoe» «ne espèce de colombier, an milieu et k gauehe» on fiiiegi aa hoifà d'«iie rivière; ees dessins stant à la pierre noire, kifés éê bisive sur papier blane ; larnenr diaoïin de 8 po., hâiiceiir 6 po* Ils eut é(é gravés par Callot.
SSM\ Ub grand dessin à la pierre neire, lavé de bistre, sur papier blanc; on voit' à gaoebe des ruines etnne grotte dans laquelle est saut Antoine; à droite, des lldiriqnes an pied des rociiers, an bord de la mer ; 1. 24 p. , b. li p.
2524. Le parterre de Nancy ; dessin à la pierre noire, lavé d*encre de cbine, snr papier blanc ; il est eoum par la gra\'nre qn*en a publiée Callot, 1. 14 p., b. 9 po.
2528. Portradtd*bommeà cheval, onde face, tenant delà main gauche un bâton de commandement ; on voit dans le fond une armée en bataille; dessin à la mine de plomb, lavé de bistre, sur papier blanc; b< ITpo., I* i^po.
Croquis représentant la première pensée pour la eomposiUon do portrait c^dessus; à la pierre noire, sur papier blanc ; h. 5 po. sur 4 po.
2527. Croquis à la pierre noire ; écusaon sOntenu par deux femmes ; c'est le titre du Con^tU à la Barrière ; h. 6 po. , 1. 4 po.
Voyez encore, sur les dessins de Callot, les Catalogues de Grozat, nM 997-1000; Renouard, t. i«', p. 334; Denon, n«« 7f 1^716; de Villeneuve, n«* 533*535 ; etc.
(16) Callot se servit de ce vernis jusqu^à la fin de sa vie. Voici ce qu*on lit, à cet égard, dans Tonvrage de Bosse intitulé : De la manière de graver à Teau forte et au burin, Parîi , Jombert, 1745 : « Vèï sçu par feu Monsieur Callot qu'on lui envoyait son yemis tout foit d'Italie, et qu'il s'y fait par les menuisiers qui s'en ser-
( S05 ) Yient pour vernir kur» bois; ils le nemment Virmice gvcuo éa Mgnaipit. . U nfeq avaii donoé dont je me sols servi iongtesifs ; à préseni je me - sers de celui 4eiU la deacripdon «st eiHiss8ii&. Le meilleur se fait à Venise et à Florence ; il se veed ohesles épiciers et cbez les droguistes. » -^ JombeH lait swive ce passage de fiesse de la remarque suivante : « Le verob dv doniMà Bosse vient de dooiier la description (|iage 5, édit. 1745) est aiqet à plusieurs iaconvéoients» Celui de CalJot dont on parle ici est beancMip meillinir et plus facile à employa. Voici la maniàire dont on k fait à Florence et à Venise:
Viamis Air d^tU CaUot êe iemùitf appdé emnimuniémmU venus
dgFiwwee^:
« Prenez, up quarteron d'hoile grasse bien claire et faite avec de bonne huile de lin, pareille à celle dont les peintres se servent : faites-la chauffer dans un poêlon de terre vernissé et neuf ; ensAÛtc meitez-j un quairteroo de mastic en larmes pulvérisé, et remuez bien le tout jusqu'à ce qu*il soit fondu entièrement* Alors passez tonte la masse à travers un linge fin et propre dans une bouteille de verre à large -col, que vous boucherez exactement.»
(17) Le père Husson révoque en doute la réalité de ces offires» sous le prétexte qu'elles ne sont pas mentionnées par Félîbien et les autres historiens. Vais le fait nous paraît hors de contestation» puisqu'il se trouve consigné dans les termes suivants par la Camille même de Callot, qu'on doit supposer avoir été bien ins« trniie. On lit en effet ce passage dans Tépitaphe du tombeau de Tartiste, laquelle se cooserve encore à la Bibliothèque publique de Nancy : Sic elaruit ut dum ejus gloria Florenii» flortret, ea in arU princeps $m ten^ris^ à mmmo PoiUificet Imperatore^
nec non Regibuê atfvocalus fwriis.. Lt mention est péremptoire. 11 est possible sans donte, et même probable, que les offres princières ne se produisirent pas tontes à Tépoque de la mort de Gosme II; mais elles eurent lieu pendant le séjour de Gallot à Florence, et elles témoignent de la haute estime dans laquelle Tarliste était alors. Nous le verrons plus tard refuser les proposî* tions de Tlnfante Gair^Eugénie et de Louis Xlll lui-même.
(18) Cosme il est mort le 28 février 1621. Cest dans celle même année que fui publié le poème intitulé FUiole diUruUa^ dont le titre a été gravé par Callot. Â partir de cette époque^ on ne trouve plus aucune pièce gravée à Florence par notre maître. Ce fut donc à la fin de 1621, ou au commencement de 1622, qu'il quitta rilalie pour se fixer définitivement en Lorraine.'
(19) On lit à cet égard dans Féiibien : « Ce fut après avoir considéré le pavé do dôme de Sienne, fait par Duccio, qu*il se proposa de ne faire souvent qu'un seul trait pouv graver les figures, grossissant plus ou moins les traits avec l'aiguille ou Féchoppe, sans se servir de hachures, voyant que, dans les petites choses particulièrement, cela faisait un bon effet et les représentait avec plus de netteté. En quoi il a été imité depuis, nonnseulemeat dans de petites figures et par des graveurs à Teau forte, mais dans de grandes ordonnances, et par des graveurs au burin. »
(20) Nous suivons ici, du moins en partie, le récit de FélilMen, quoique les deux dédicaces du Livre des Saints qu'Israël Henriet a successivement adressées au Cardinal de Richelieu, annoncent que les figures de ce livre ont été gravées par Gallot dans les dernières années de sa vie. Cela peut être vrai pour quelques pièces; mais nous croyons que Féiibien a été bien informé, lorsqu'il a dit que l'ouvrage a été commencé par Callot dans les premières années de son retour en Lorraine, c'est-à-dire, vers 1625.- Il est
difficile de supposer qa*QD génie aussi capricieux que celui de Gallot ait pu s'astreindre à exécuter, sans désemparer, 490 pièces sur le même sujet, dans la même maoière, et qui ne se prêtaient pas autant que ses autres compositions à- la savante bizarrerie de son esprit. Nous croyons qu'il quittait et reprenait ce grand ou» ^rage à d^assez longs intervalles, et qu'il fut plusieurs années à y travailler. Lorsqu'il mourut, il a^avait pas même fait de litre pour les fêtes mobiles. Ce titre fut exécuté plus tard par Bosse, dont c*e8t un des moindres ouvrages.
(21) Ce point est aujourd'hui constant. À supposer que la pièce qn^on attribue à Silveetre, et qui pourrait bien être de son oncle Henriet, représente véritablement la veuve de Callot, l'enfant placé dans cette .estampe, auprès de sa mère, est évidemment d'un autre lit. Le manuscrit généalogique de la famille Callot, que possède 11. Beaupré, constate que « Jacques Callot, calcographe, fils de Jean, hérault d*armes, et de Renée Brunehault, espouza Catherine Knttinger, de liarsal, de laquelle il n'eut enfants et mourut sans hoirs. » Tous les doutes doivent être levés devant ce document de famille, dont l'auteur vivait vers le milieu du xvii« siècle.
Ces doutes, manifestés par des historiens modernes, n'existaient pas pour Félibien, qui déclare avoir été instruit de tout ce qui Goocerne Callot, « par des personnes qui l'ont connu particulièrement (probablement Deruet, Henriet et Silvestre), et qui sont bien informées de toutes les choses qui régardent sa vie^ » — Après avoir parlé du mariage de Callot avec Catherine Kuttinger, Félibien ajoute : < 11 n'eut pas la satisfaction d'avoir des enfants de son mariage; mais, en récompense, il eut la satisfaction d'en produire un si grand nombre d'autres de son esprit et de sa main, lesquels ne mourront point, qu'on peut dire qu'il a laissé une postérité beaucoup plus glorieuse pour lui que celle que beaucoup
'de pères laissent après eux dans des eniaots qui, sonyent, ne leur font pas beaucoup d'honoear. »
(ââ) Malgré tontes nos recherches, nous n^avons pu découvrir aucun document cerlaîn à Paide duquel il serait possible de déterminer la rue et la maison oà Callot travailla à Nancy, depuis son retour d^Ualîe. Suivant une tradition, Gallot aurait joccopé la maison qui forme Tangle île la rne portant aujourd'hui son nom, et où se trouve actuellement l'école primaire supârieure* Nous ne savons snr quel fondement repose cette tradition, et nous devons dire que le minutieux Lionnois, qui décrit presque chaque maison de cette rue, appelée des Comptes an temps de Callot, n'ai dît pas un sei»I mot. Cet auteur, qui n'oublie jamais de mentionner les habitations des hommes tant soit peu illustres de Nancy, n'avait probaUemeni pas une grande confiance dans cette tradition, à supposer qu'elle existât de son temps. Cependant son attention a dû être appelée snr une petite tourelle faisant saillie à Tangle, et dans laquelle on veut
que Callot ait travaillé. Ce silence nous parait significatif.
Il nous semble Impossible de tirer aucune indncdon d'une
mention qu'on trouve dans le «Rolle des bourgeois» manans et ha*
bitants de Nancy et de la ville neuve dudit lieu, pour la levée des
solz en l'année 1589 » , et de laquelle il résulte qu'il existait à cette
date un Jean Callot, archer, qui habitait la rue de la Bondîère,
c'est-à-dire, la partie de la Grande-Rue (Ville-Vieille) commise
entre la rue des Maréchaux et la petite Carrière.
Cette mention ne peut évidemment concerner Jean Callot, héraut d armes, fils de Claude et père du grand artiste. En effet, Claude CaVlot était aDobli depuis 1584, et par conséquent il ne payait pins la redevance des sols bourgeois.
Le personnage indiqué dans les rôles de i 589 ne pourrait (fonc être que Jean Callot dit Liégeois. Son fils Claude avait été anobli,
laaîs Jean était resté roturier et, comme tel, soumis au payement de la taxe. Du reste, rien ne proave Tidentité entre la maison qa*on dit avoir appartenu à Jacques Callot et celle à raison de laquelle Jean Callot, dit Liégeois, était imposé comme roturier.
(23) Voici, en suivant Tordre chronologique, les différentes mentions constatant les payements faits à Jacques Callot, par le trésorier général de Lorraine, et dont je dois la communication à M. Lepage, archiviste du département de la Meurthe.
1624. •— Payement de 40 fr. pour la gravure et lettres des
planches de cuivre clouées et soudées sur le cercueil de Henry IL
V.infrà^ note 31, la copie textuelle de la mention de payement.
% octobre 1624. — Extrait des pièces justificatives des comptes
du trésorier général de Lorraine, pour Tannée 1624 ;
<c Mémoire de Jacque Callot, pour avoir gravé vingt-deux ris(a1« 1ers, des deux côtés, à raison de huit francs par ristaller. 176 fr.
» Plus pour avoir fourni les planches de cuivre pour graver les dits ristallers 24 fr.
» Pour tout, monte à. . 200 fr.
» De par les duc et duchesse de Lorraine, marchis, duc de Calabre, Bar, Gueldres, etc.
vNostre très cher et féal conseiller d'Estat, auditeur des comptes de Lorraine et trésorier général de nos finances, Nicolas de Pulle^ noy salut : Nous vous mandons et ordonnons que, des deniers de vos charges, vous payez et délivriez a notre cher et bien amé Jacques Callot la somme de six vingt francs de nostre monnoye qn^ordonnée lui auons pour les parties portées cy dessus, icelles réduites a ladite somme de six vingt francs, et rapportant par voua cestuy vostre mandement auec quittance dudit Callot desdits six vingt francs ils vous demeureront passez et allouez en despence
paf nos très cbers et Peaux conseillers, les sieurs surintendants de nos finances, président et gens des comptes de Lorraine, auxquels mandons ainsi de foire sans difficulté, car tel est nostre plaisir. Donné à Nancy le vingt sixième octobre mil six cent TÎngt
quatre (*).
&gné Ghàrlbs.
Et plus bas, ^
VoiLLOT. 9
28 octobre 1624. — QuîtUnce de Gallot (la signature seule est de sa main), pour la somme ordonnancée par le mandement ci*des8us :
B Je soubssîgné, confesse avoir reçu de Monsieur de Pnllenoy
Conseiller d'Estat Auditeur des comptes de Lorraine et trésorier
général la somme de six vingt francs, de laquelle somme susdite
je me tiens pour contant et bien payé et en quitte^mon dit sieur.
En foy de qnoy j*ai signé se jourd'hui vingt builième octobre mil
six cent vingt quatre.
J. Cal LOT. »
i625. — y. infràf note 24, le mandement au receveur de IHâ<mont du 13 mai 1623, et la quilUnce de Callot du 2 juillet 1625.
1 626. —Compte du trésorier général : « Au sieur Jacques Callot, sculpteur en taille douce, demeurant en ce lieu {des deniers levez au marquisat de Nommeny rapportez cy devant en recepte sons le feuillet en marge cent neufieme) la somme de deux mille frans,
{*) Il est impossible que le payement s'applique ii aucune pianehe des monnaies dont il y a.des épreuves et où Ton trouve des monnaies de 1629. On croit d'ailleurs que ces monnaies ont été gravées pour Gaston en 1631. La pièce comptable de 1624 indique donc un travail de gravure dont on ne connaît aucune épreuve.
qae S. A. par effectz de sa liberallité luy a octroyé en doo pour luy donner moyen de continuer sa demeure dans ses pais oti il auroit esté arresté par feue S* A. (que Dieu absolve) et pour les causes mentionnées en la requeste joincte soub le scel secret au décret du dernier octobre 1626 cy rendu avec quittaoce desdits SOOO fr. » ^ La quittance n'existe pas.
i627. •— G)mpte du trésorier général. « Payé an sieur Callot la somme de cent francs pour avoir fait toutes les graveures des machines servant au combat de barrière de S. A. »
25 juin i 629.— a A Jacques Callot demeurant en ce lieu la somme de trois cent francs que le trésorier lui a payé pour les frais qu'il lui a convenu faire faisant imprimer les tables généalogiques de la maison de Lorraine que Monseigneur lui a fait graver» aiusy qu'il appert par le mandement du 23* juin année du présent compte cy rendu auec quittance desdits. » — La quittance n'existe pas aux archives.
(24) On lit dans les pièces justificatives des comptes du receveur de Blamont pour Tannée 1625 (Trésor des chartes de Lorraine). « De par le duc de Lorraine, Marchi?, doc de Galabre, Bar, Gueidres etc.
te A nostre amé et féal Marc Georges receveur de Blamont et à ses successeurs en ladite charge salut : — L'estime singulière que nostre cher et bien aymé Jacques Callot, graveur en tailles douces, s'est acquise en cest art tant en Italie qu'es autres prouinces ou il s'est formé pendant plusieurs années en la cognois» sauce plus exquise dud^ art, et la preuue que nous en aoons par diuers ouurages qu'il nous a fait voire de sa main, nous oni donné sujet de Tayder à s'establire par deçà, et lui donner quelques moyens, de nous y servire et au public; C'est pourquoy nous ayant fait entendre que s'il nous plaisait l'honorer de quelqu'effet de
noslre gratitude il s^arresteroit volontiers a nous rendre ses très humbles delmoirs et sernîees» et témoigner raffection qu'il doit a sa patrie, sans adviser ani autres occasions qui le peuvent dis« traire de ceste resolution, Nous pour ces causes auons bien vouluiui accorder la quantité de neuf cents paires de resauli moitié bled froment, moitié auoioe, a prendre tant sur les grains de Bostre moulin de Blamont que sure les autres de vostre charge pendant chascune des (rois années suiuantes comme cy après, et par^ tant nous vous mandons et ordonnons que des grains de i"^ charge provenant tant de nostre dit moulin que du surplus de ceux de vostre charge- vous en bailliez etdeliuriea aud^ Gallot, aux premiers termes desdites trois années prochaines ladite quantité de neuf cent paires, savoire en Tannée prochaine et au premier terme (selon qui les receuez pour nostredit moulin), la quantité de trois
cents paires de resaolx par moitié bled et auoine et de mesmes de la suiuante mil six cent vingt cinq, puis en la dernière desdites trois que Ton nommera mil six cent vingt six, Les autres trois cent paires restantes des neuf cent sus déclarées, dont nous lut auons fait don, gratification et octroy pour luy ses hoirs et ayans cause, en faneur des considérations susdites, et rapportant par vous pour la première fois copie doement collationnée du cestuy nostre mandement, et au dernier payement le présent original auec quittance pour chacun dudit Callot ou de sesdits hoirs et ayans cause, ladite quantité de neuf centz paires, vous sera passée et allouée en despense de vos comptes par nostres xhers et ieaux s' surintendant de nos finances président et Gens des comptes de Lorraine, ausquels mandons tt*en faire difficulté; car ainsy nous plaist, donné à Nancy le dix huitième jour de may mil six centz ving trois; signé Henry et plus bas contresigné Jaoio.
Pour copie
PAniSBT.
C su )
3» Je soabsigDé Jacqae Gallol Graaeur ea Taiile douce de S. A. confesse aaoir receu dn S. Marc George Receueur du Conté de BlamoBt la quantité de d\% sept reseaux traîà bichet de bled, me* sure de Nancy, et quatre vingt douze reseaui ung bicbetz dix potr daveine dicte mesure, et ce sur est eantant moins (et en tant moins) des neuf centz paires de reseaux moictyé bled et aveine qa*îlle a pieu a feu de tresheureuse mémoire S. A. que ^u absolue luy assigner sur la recepte dudict Blamont par son très noble mandement daitédn XTin« mayxTi« ringt troiSy desquelles quantités de xTii res* m bz bled, et inix> xi res* uog bz x poiz^ aod. me (aux dites mesures) je nïe tient pour content el'pvofflectz* den fanre descharger ledict sieur recebueur des premiers et prochains comptes qu'il rendra par devant- Messieurs les Président €k»nseillers et auditeurs des comptes de Lorraine, ea autres quMi appartiendra, sinon les luy rendre a mes frais et despens ; pourquoy joblige tous mes bien, pour foy de quoy jay signe ceste de' ma mara a Nancy ce 2 jour de juillet i6fô.
Xaqub Gallot. »
(â5) Nous n*avons rien à rétracter du jugement porté sur la poésie dn Combat à la Barrière ; elle est détestable. Toutefois le poète n*a pas toujours été aussi malheureux. M. Beaupré, qui indique dans ses Recherches tous les ouv||^es de Henry Humbert , en a extrait quelques vers que Malherbe n'aurait pas désaivoués et qui rév^^nt un véritable talent çoéUquc Ces vissages sont malheureusement trop rares et les beaulés ne se soutiennent pas. Ce sont des éclairs qui fout mieux ressortir Tin sapidité qui domine généralement. On n'en trouve pas un seul dans le Combat à la Barrière.
(26) Voici le passage du père Husson : <t Des manèges, des in-
trîgaes, des orales de cour ea fayenr d*aii Démet, pôotre de Nancj, contre Gallot; telles à peu près que celles ea £t?e«rde Prtdon contre le grand Racine ; telles encore que celles d*aH dac deNcTers et de madame des Hoolières, beau esprits très-célèbres en leur temps, qui sifflèrent la Phèdre» ce chef-d'oravre du génie; ces petites menées balancent qaelqnes instans la réputation de notre grand artiste. Démet opolent et fastoenx veut encore être nn grand mattre Tainquenr de Callot; Farrogant orgaeil méprise la simplicité du génie timide ; avec an nom décoré et an superibe équipage, comment Démet n*aurait-il pas des talens, ou du moins des partisans ? Comment ne recevrait-il pas des éloges.
9 Gallot fait son carovsel et sa grande me de Nancy, il triomphe : cet astre, après Téclipse, brille d*an plas grand éclat. Mais son ennemi confondu ne se rend pas, il a recours aux injures ; miserablés ressources d'une mauvaise cause, retranchemens ordinaires d*une âme basse. »
(27) On lit dans les comptes du Trésorier général, à la date de 1627 : « A Claude Desrué, peintre, mille fr. pour avoir peifid les machines de diverses inventions et desseings que S. A. a fait faire pour servir au combat à pied qu'elle fit faire au mois de février de cette année. » — Les mômes comptes établissent qu^il a été payé à Callot « Cent franci pour avoir /atcl toutes leê graveures des machines servant au Combat de Barrière de S. A. ■* La différence entre les chiffres des deux allocations s'explique par cette considération quels peinture, et peut être dAme la construction des machines, a exigé des avances faites en partie par Deruet, et dont il fallait le couvrir (^), mais il n'en est pas moins certain que Callot ■ •
{*) Ou ne trouve, dans les comptes do trésorier général, qu'on seul payement iait k des menuisiers pour les machines. Deruet eut donc à
a été, comme il ledit, honoré du toin dei machines avec Deruet ; le payement de 1 000 fr» ne s^eppliqne qu^à la peinlnre et non à Tinvention des machines, qui tarent imaginées peut-être en partie par des inconnus, mats dont Fexécution eut lieu par les soins et sons la direction commune de Callot et de Deruet.
Nous sommes heureux de nous rencontrer avec M. Ph. de Chenneyières, dans Fappréciation de ce fait historique. L*auteur, qui n*a pas connu les comptes du trésorier général de Lorraine, mais qui a fait usage comme nous de la préface du Combat à la Barrière, réfute fort spirituellement le passage du père Hussèn, que nous avons rapporté à la note précédente : «c Tout cela n^estn pas bien trouvé? Le digne Cordelier n^était sans doute pas fôché de faire de Téloquence. Une fois Toccasion troutée,il s'est fouetté Tesprit et grisé de son enthousiasme. 11 n^auraît certes pas voulu être à la place de ce misérable Deruet, et peut être même a-t*il eu quelque pitié de ce pauvre homme si bien foudroyé par lui. Cesl la phrase qui Ta perdu ; elle en a perdu bien d^autres S.«. »
(28) Voici les vers que Callot a inscrits au bas du portrait de Deruet :
Ce fomeux créateur de tant de beaux visages
S*e8toit assez tiré dans ses rares oaurages
Où la Nature et L'art admirent lenrs efforts ;
11 tenait le desseus du Temps et de L'enuie,
Et luy, de quy les mains ressuscitent les Morts,
Ponaoil bien par soy mesme éterniser sa vie.
Mais quand II eust falla laisser qaelqae antre marque
payer les ouvriers décorateurs qui prirent la brosse sous sa direction, et à acheter les couleurs, dépense qui dut être assez considérable.
Qui malgré les rigoeun da SorI et de la Panj», Le monstrast loat entier à la Postérité, Son hnile et ses Goalenrs, pour le &ire reninre, Aa goust des mieox sensez» auroient tonsionrs esté Un Charme plus poissant que Teau fort et le Gnivre.
 Qaiide Deruet, Escaier Cheualier de Tordre de Portagal, Son fidèle Âmy lacques Gallot Fecit  Nancy 1652.
(29) Félibien dît poaitiTement que Cailot vint à Paris en 1628, pour graver le siège de la Rochelle. Nous ferons observer à cet égard que la prise de cette ville eut lien le 30 octobre 1628, et que Louis XllI revint à Paris le 15 décembre de la même année. Il y a tout lieu de croire que c'est seulement après son retour dans sa capitale qu'il songea à faire venir Gallot, qui n'aurait pu être renda à Paris que dans les premiers jours de 1629, ou même beaucoup plus tard. Getie induction, qui tendrait déjà à infirmer le récit de Félibien, aurait pu être changée en certitude au moyen de pièces comptables qui devraient se trouver dans les archives de Nancy. On a vu en effet (ci-dessus note 23 tn /fn&), que le Receveur général de Lorraine a payé à Jacques Gallot 300 fr. pour l'impression des tables généalogiques de la maison de Lorraine, et que ce payement a eu lieu d*après un mandement du 23* juin 1629. La pièce comptable, c'est-à-dire, la quittance de ces 300 fr. aurait pu faire connaître si Gallot a touché cette somme lui-même, ou par fondé de pouvoirs. Nous Tavons donc cherchée avec le plus grand soin, mais infructueusement. Les archives conservent à cette date les pièces comptables du tréwrier général ; mais celles du receveur manquent pour la plupart.
Dans tous les cas, il est ceruin que Gallot était à Paris en 1629, puisqu'on connaît plusieurs pièces datées de cette capitale et por-
tant ce millésime, entre autres le passage de la Mer-Rooge et le marché d*esclaves,
(50) Les DOtes de Mariette nous fournissent des détails intéressants sur la sépulture des ancêtres de Gallot. Dans un yoyage que 11» Lancelot fità Nancj, dans la première partie du xTiii* siècle, il rapporta à Mariette, qui nous les a conservées, toutes les épitaphes des tombes de cette famille existant alors dans le cloître^ des CordelierSi Yoici les indications recueillies par M. Lancelot : « Sur une tombe plate» dans le cloître des Gordeliers, h huit ou dix pas avant d^arriver à Tépitaphe de Jacques Galiot, on lit :
Cy gist noble Hoh£ Glavdb Gailot luy vivat archer des' gardes dv corps »■ («'«)
LALTEZB »> FeV....
» Le reste est caché dessous un autel qui est auprès de Tépitaphe de Jacques Gallot. »
Les restes de Jean Gallot, mort en 1650, furent réunis à ceux de son père, par les soins de Jean, frère aîné de Jacques le graveur. Cette réunion fut constatée par une plaque en marbre noir, incrustée dans le mur du cloître, de telle sorte que les tombes se trouvaient horizontalement placées en avant de cette plaque verticale. On y lisait :
Devant ce marbre gisent Nobi^^s Glaude Gallot vivant ârgher des Gardes de L'altesse dv feu dvc Charles
QUI MOVRVT LE 23« IviLLET 1594
£t Noble Jean Gallot son fils vivant
( Si6 )
HbAAVLT D*AUIBS DVD"". DVC QVI MOVRVT
le i2« Â0Y8T. 1630.
NOBLB IeAN CaLLOT FILZ DU»* FBY
iBiN Callot, avssy Heravlt D^ARMES, par vn pieux dbbvoir a fa1ct faire cest Epitaphe a l Honneur et Mémoire
DESO* DBFFVNCra.
(Ici se irouvaU le blason aax cinq étoiles.) Priez diev pour usvrs Ames.
M. Lancelot, qui a transmis à Mariette la copie de finscripiion c^essus, ajonce les détails suivants :
« L*épitaphe des père et grand père de Jacques Gallot ne consislo qu'en udc lame de marbre noir, gravée en lettres d*or, dans une simple bordure de plfttre peint en marbre. Elle est posée h côté de celle de Jacques, dans le mur en retour, faisant un des quatre angles du cloître des R. P. Gordeliers de Nancy. » (Notes manuscrites de Mariette, folio 59).
(51) On lit dans les comptes do Trésorier général poor 1624 :
« A Jacques Callot, tailleur de taille douce en eau forle,40<' pour aooir fourni deux planches de cuyure et sur chacune d'icelle taillé une inscription latine faite et dressée par le s' de la Ruelle, secrétaire d'Elat, contenant les an, jour et heure que le feu duc Henry 11* du nom est décédé, ensemble les an, mois et jour qu'il a vécu et régné, auec un éloge à sa louange ; Tune desdits planches de cuyure ayant été soudée contre le cercueil de plomb et Paulre clouée contre le cercueil de bois de feue S. A. pour servir de mémoire à la postérité » (M. Lepage, Palais ducal, p* 100).
11 semble qu'on peut conclure de celte pièce que Callot a gravé lui-même, de 1622 à 1629, les lettres de ses planches. Il est en
(317) effet très-douteux qu'il existât alors à Nancy des graveurs de lettres. Il n*eD fut pas de même après 1629, époque du marché fait avec Israël Henriet, qui fit graver à Paris les lettres de toutes les planches publiées depuis cette époque et qui portent la mention Israël eœeudU»
(52) La peinture n*a pas manqué de consacrer ce trait si honorable pour Tart. M. Laurent en a fait lé sujet d*un tableau que le public remarqua au salon de 1817.
(35) Gomme la version que nous avons adoptée est contraire au récit le plus généralement répandu, nous croyons devoir rapporter ici textuellement le passage dans lequel Félibîen retrace cette scène : « Le Roi ayant assiégé et réduit à son obéissance la ville de Nancy en 1655, envoya quérir Callot et lui proposa de représenter cette nouvelle conquête, comme il avait fait la prise de la Rochelle ; mais Callot pria Sa Majesté, avec beaucoup de respect de vouloir Ten dispenser, parce qu'il était Lorrain et qu'il ne croyait devoir rien faire contre l'honneur de son prince et contre son pays. Le Roi reçut son excuse en disant que le duc de Lorraine était bien heureux d'avoir des sujets si fidèles et si afiectiennes. — - Quelques courtisans n'approuvant pas le refus qu'il avait fait dirent assez haut qu'il fallait l'obliger d'obéir aux volontés de Sa Majesté ; ce que CallQt ayant entendu, il répondit aussitôt avec beaucoup de courage qu'il se couperait plutôt Je pouce que de faire quelque chose contre son honneur si on voulait le contraindre. »
(54) Cette pièce a inspiré au Jésuite Doissin les vingt-neuf vers suivants qui en donnent la description :
Vix risum teneas : habet hic fera cornua tanri ; Hic volncrum pennas ; caudam trahit alter equinam *,
Alter TarUrcas npU ad eertamina tornitS)
Inunani inslrnetos naso, pedibosqae caprinb ;
Hic nnda ob?erUt pelalanti lergon plebi;
Hic legit, et largo velatoa fœda cocoUo
Tempora, habet monachi ^ eslomqae babitomqae preeanlb;
nie inter flammas alaeer, pnmasqae rubeotes,
Accipit, et reddit fentosis follibas anras :
Verùm aller Pyrio, sparsom coi pnlfert tergnm ,
Et corpas strictis intùs mucronibas borret,
CSoncipit admoto yi?acem fomite flammam,
Qoam poDè accendit Stygiis è fratribns anus ;
£t Yelat immenso reboant tormenta fragore,
Ardentem propiûs si forte admoveris ignem,
Sic ille horribili erepilam cnm marmare millit
Undante immixtam ftuno, Tastamqne sab aoras
Telomm eractat segetem, qnii saadas alter,
Obviaqae infesto transfixos pectora feriS,
Concidit, et multo fandit cam sanguine vilain.
In medio dax Ipse Erebi flammantia Tolrit
Lamina, et enormi Siygias ore phalanges:
PraDcipites cecidere illi, velat horrida grando,
Ant felatî in sylvis aviam se millla condant,
Vesper nbi admonoit tandem dccedere pastn.
Intereitsignoqne eracis, fideiqne potente
Armatos dypeo, trépides Antonins hostet
Cogit Avernales iterùm remeare latebras»
Pnoeipitiqae fogi soperas evadere sedcs.
Scalptura, lib. II.
(35) La famille de Calloi fit élever sur sa tombe nn monnmest
dans lequel était eschassé un portrait peint sur marbre noir, qae la tradition attribne à Michel Lasne(*). Cette peintare, dont les •débris existent encore à la bibliothèque publique de Nancy» est fort médiocre. Ân«dessons de ce portrait se lisait Vépitapbe sui« vante, également sur marbre noir, qui est intégralement conservée dans le même établissement :
ViatorV Si U^, hàbeê quod mirerii et imUari contrit.
Jacobus CàUot^ nMli$ Naneeianus^ eakograpMœ peritià^ proprio marte nulloquè doeefUe magisiro, tieelaruit ut dum tjuz glaria Florenliœ floreret, ea in arle princeps sui temporisa nemine reelamanUif habilui ae à eummo Pùntifiee^ Imperatore^ me non Regibus advocaius fuerit, quibue serenissimos principes suos anteponens, patriam repeliit^ ubi Henrico llh f "") Francisco II* ^**) et Caroh IIW ducibus, calcographus sine pari» maxime cordi pairiœ omamenlo, urbi decori parenlibus solatio, concivibtis delieiis, uxori suavilati fuit : donec anno œtalis 430 animam cœh maturam, mors immatura demittens xxiiii. (sic) Martii cidcigxxxt. (sic) Corpus charissimœ uxori Gatharinjb RuTTiNGBR fralrique mœrentibus hoc nobilium majorum septd^
(*) Cette tradition, ainsi que celle d'après laqnelie Michel Lasne aurait fait plusieurs tableaux à Nancy, nous parait fansse. Âuenn des nombreux documents que nous avons consultés ne laisse entreYOir que cet artiste ait jamais peint.
(*) Il y a ici une erreur du graveur de lettres ; il fant lire Henrico IL (*♦♦) François II, frère de Henry II, n'a régné que quelques jours» et s'est démis de l'autorité ducale en faveur de son fils Charles IV.
( 320 ) thro âmiandum r9Unfuen$, prmcipem fuidem mMiio fiddi, ftairimn alumno amabiU^ wrbem diu (me pro ehi) ùfUmo^ pa^ rentes fiUo obêdientif uxurem mafiio suaviislmo, frainm fr«fre dUido priviwU ; ai nomùm H ariiê splmdoH wm inMit^
Ici se termine récritiire de la plaqoe reeungnlaire de marbre noir conservée à la bîblioth&qne de Naney, et qui contient l'inscription sur laquelle la copie d-dessns a été coUationnée.
Sar une plaque accessoire et demi-circnlaire, on lisait les mentions sninntes qne nous empruntons au père Hnsson :
StalritinœiernumnamêneiarHiopus.
En vain tu ferais des volâmes Sor*les louanges de Gaixot ; Ponr^moi je n'en dirai qa'on mol Son burin vaut mieux que nos plumes.
L'estampe d'Abraham Bosse représente le monument tel qu*il a été érigé. C'est ce dont nous ayons pu nous convaincre en exa-^ minant un dessin à la sanguine et lavé à l'encre de Chine, que le consciencieux Mariette avait fait faire à Nancy en 1738, afin de s'assurer que la gravure de Bosse était exacte. Cette gravure est en contre partie du dessin qui se conserve dans les notes manuscrites de Mariette, f» 45. Le buste seuldeCallot n'est pas, dans le dessin, le même que dans la gravure ; mais le tombeau et ses ornements ont été exactement reproduits. (*) « 11 est en forme de
(*) Voiei les dimensions du monument de Callot qui nous ont été oodservées par Mariette :
« Hauteur du total 7 pieds il pouces, largeur générale A pieds 6
réCiMe, de crès-èon goût, sur lequel on voit le buste seolpté de Gillot. H est onié de géuiesdont Tub, à gauche, s^appuve sur une tète de mort; Tautre, à droite, montre un éci| à dnq étoiles de la famille Gdlot : un troiâème, placé sur la corniche» porte une branche d^olivîer; le quatrième une palme; le cinquième enfin, embouchant la trompette de la renommée, surmonte tout le monument. Uépitaphe est enchâssée dans un soubassement orné de cariatides, de festons et de draperies très-agréablement agencés. • (M. Desmaretz, Eloge de Gallot, p. 74.)
Bosse n*a pas cru devoir reproduire l'épitaphe latine ci-dessus transcrite. 11 en a composé une autre, en Français, qu'il a substituée à la véritable.
Cette nouvelle épitaphe contient plusieurs erreurs que nous relevons. La Toici :
A LA POSTÉRIT]ft :
ce Passant jette Us yeaOB sur celle escrilwe, qwind tu eçauras de combien mon voyage a esté advaneé^ tu neeerae pa$ marri que ie retarde un peu le tien ; le suis latques Càlot> ce grand et excellent Caleographe qui repose en ce lieu en attendant la résur^
pouces ; le marbre noir de l'inscription a de hauteur, mesuré en dedans CBttvre,ot y compris le cintre d'en bas, 2 pieds et 4 lignes, et de largeur, 2 pieds 7 pouces 4 lignes.
• L'oYale qui renferme le buste, mesuré aussi en dedans œuvre, a de hauteur, 1 pied 11 pouces. — La largeur de la bordure est de 4 pouces et demi. » ^
» La hauteur de Tépilaphe des pères (du père et du grand >ère de Callet ; voy. note 50} est aussi, en dedans œuvre, de 2 pieds 10 pouces 6 lignes, et la largeur de 21 pouces. »
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se*** ^eligiei». ensetelis sou la m: ■"" dient, «près celoj de tTiii-
rectUm de$ eorps. Ma naissance fut médiocre, ma ctmdUion noble, ma vie courte et keureuse ; mais ma renommée a esté et sera sans pareiUe. Personne ne m'a esté égal en toute sorte de perfection pour le dessin et la graveure sur Tatr am. Toute la terre a consenti aux louanges extraordinaires qui m*onl esté données, sans que, pour cela, je sois jamais sorti de ma modestie natU" relie. le nasquis à Nancy Vannée 1594 (Ksez 1592) et mouru (sic) aussi à Nancy le S3« (Usez 24) mars i&SS, au regret incroyable de la Lorraine ma patrie, et de tous les plus rares esprits de nostre tiècle, et principalement de damoiseUe Catherine Put" iinger (lisez Rattioger) mon espouie, qui pour un dernier tesmoi^ gnage d^amiîié m'a faict dresser ce tombeau. Prie Dieu pour celui qui ne te prieras (sic) jamais de rien, et passe. »
Le moDiinieot élevé à Gallot par sa famille a été détruit le 5 mai 1781, par récroulement d*une partie do clottre des pères Gordeliers, accident qui coûta la vie à huit de ces religieux. Voici comment le père Husson raconte cet événement : « Une partie de la communauté accourt au bruit de Técroulement. Quel spectacle ! Un amas confus de poutres, de planches, de pierres et de repous. On demande des outils pour déblayer en hâte, mais la crainte de blesser fait que Ton déblaye à la main ; déjà se font entendre des voix plaintives et sépulcrales, des gémissements de mourants. Bientôt s*offrent à la vue des Religieux couverts de sang et de poussière, sans connaissance et presque sans vie. On les soulage, plusieurs guérissent; quelques-uns meurent; il en reste encore d*estropiés qui traînent une vie douloureuse «et languissante, qui ne cesseront de souffrir qu*en cessant de vivre. ••• Le portrait et le mausolée de Gallot forent, avec nos religieux, ensevelis sous les mêmes ruines. Mon premier empressement, après celui de Fba-
manité pour mes frères, fut de rechercher, pour les réunir, tous les précieux morceaux de TefiOgie et du mausolée de Gallot. (*) »
Le père Husson, aidé des autres religieux de la communauté, parvint en effet à rétablir le monument de Gallot, qui subsista jusqu^en 1794, époque à laquelle il fut détruit avec les tombes des ducs de Lorraine, dont les sépultures furent indignement violées ; toutefois on respecta les cendres de Tartiste. G* est donc avec raison que le père Husson se plaint de l*injustice commise par madame de Graffigny, arrière-petite nièce de Gallot, qui le fait parler ainsi dans une lettre datée des Ghamps-Elysées et adressée à sa femme : » Ma chère épouse avait voulu mMmmortaliser dans le cloître des F. F. Mineurs de mon pays. S'ils avaient de la reconnaissance, ils auraient secondé le noble vœu de la digne moitié de moi-même ; mais ils ont barbarement ôté tout ce qui pouvait faire penser à moi. »
S'il faut en croire le père Husson, les artistes de Nancy se proposaient, à la fin du xtiip siècle, de relever le monument de Gallot. Le dessin en aurait même été fait par Girardet ; mais ce projet n'a pas été mis à exécution.
Pour terminer ce que nous avons à dire de la sépulture de Gallot, nous ajouterons que les restes de Fillustre Lorrain ont été retrouvés en 1825, et transportés depuis dans l'intérieur de l'église, sous le premier renfoncement à gauche en entrant. Plus tard on y a élevé un petit monument qui fait plus d'honneur aux bonnes intentions qu'au goût de ceux qui ont présidé à son érection.
(*) Plusieurs fragments de ce mausolée se conservent encore à la bibliothèque publique de Nancy, où Us ont été placés par les soins de M. Soyer-Willemet, bibliothécaire.
Le portrait qai se voyait sur Tancien monument, et dont la peinture nous parait avoir été attribuée sans fondement à Michel Lasne (*), ressemble fort peu à celui qui a été gravé ï Paris par cet artiste, du vivant de Callot, et dont la planche se conserve k Nancy, dans le cabinet de H. Thiéry. On lit autour de ce portrait : Jàcobus Gallotus, Nobilis Lothabingus Cakographut, Jnno œtatii iuœ trige$imo sexto 1629. Au bas Israël Henriel a écrit : « En miraeulum ÀrU$ et naturœ ; hic detineatur et incidiiur in are parvo quidquid magnificum nalura fecilj imo perfeât iUa omne opue »vum eam dexlera tanti viri : undè mérita cnditur Cœkslium Idearum Unieut Bœres,
Israël amieus optimus excudit.
Et plus bas : M. Lasne delineavU et fecit.
(36) Mariette apprécie avec sa sagacité ordinaire la part de mérite que Callot s*esl attribuée en créant le genre grotesque : « Il y a, dit-il, un autre genre où Callot a eicellé; c^està représenter des sujets grotesques dont le ridicule est si bien marqué qu*on ne
(*) L'errear, dans laquelle les historiens modernes noos paraissent être tombés à cet égard, provient sans doute de ce qu'ici encore ils ont mal lu Félibien. Cet auteur dit, en parlant du monument de Callot : c Sa femme et son frère lui firent dresser une épilaphe où il est peint à demicorpi sur une table de marbre noir. On voit son portrait gravé par Michel Lasne, qui le donna au public en 1629... » Les mots on voit ton portrait qui se rapportent uniquement à la gravure ont été considérés comme désignante peinture.
Après cela, il est possible que le portrait de Callot soit réellement, comme le dit Lionnois, d*nn artiste lorrain appelé Michebasne. Mais les noms propres sont si souvent estropiés dans THistoire de Nancy, qu'on peut supposer que son auteur a voulu parler de Michel Lasne.
peat se tenir de rire en les voyanl. Lui-même étaii bien aise de s^égayer et de se délasser par ce moyen de aeÈ occupatioDs plus sérieuses. Il avait un génie singulier pour imaginer des postares, des physionomiesy des habillements, des ûgures chimériques, toutes plus bizarres et plus burlesques les unes que les autres» La Ten* tation de saint Antoine est tin chef-d*œuTre dans ce genre* » (FoUù là des notes manuscrites.) *
Dans un autre passage^ et à propos de la Tentation de saint Antoine, Mariette s*élève contre la qualification de figures à la . dallot, qu^on employait de son temps pour désigner tout ce qui était hideni ou burlesque :
H Je vois souvent que, quand on veut donder nne idée du siyle burlesque, on emprunte la comparaison des ouvrages de Callot : maïs cette comparaison n*esi point juste. Le style burlesque de Scarron, deDassoussy, etc. est un style bas et ignoble, dont ces* auteurs se sont servis pour traivestir le style noble de Virgile, etc. et en cela its ont abusé de leurs talents et se sont rendus mépri* sables. Pour peu qu'on ait tant soit peu de goût, on ne peut lire leurs poésies sans ennui. Il n'en est pas de même de Callot. Il est auteur de figures grotesques, mais il les emploie avec choix. On ne le voit point les employer pour dégrader des sujets sérieux. Ses Pantalons, ses Bossus restent dans les places qu'ils doivent occuper et ne passent point dans d'autres compositions que celles où ils conviennent. Le seul sujet sérieux où Callot a introduit des figures fantastiques et plus comiques les unes que les autres est sa Tentation de s^ Antoine ; mais ce sujet le comportait, c'était une * diablerie. 11 était permis à Callot de donner essor à son imagina^ tion. Plus ses fictions étaient de la nature des songes, plus elles étarent propres à ce qu'il devait exprimer, car le démon voulant tourmenter saint Antoine, il était à supposer qu'il avait dû jmaginer
tontes les formes les plas hideuses et les plus propres à eflGrayer. Nulle partailleors Gallot n*a mis de semblables figures fantastiques. Dans les sujets de TËcriture sainte ainsi que dans les Sî^es et dans toutes ses autres pièces historiques, il est assez observateur des costumes. Faute d'avoir eiaminé, on le charge fort mal à propos. Mais c*est assez que quelqu*un ait mal à propos dit que tout et qui est hideux doit porter le nom de figures de CaUot pour qn*en repète la même chose. » (Note manuscrite datée de 1745, foUo 58, verto.)
(57) Dans trois mémoires insérés parmi ceux de TÂcadémie de Nancy (années 1856, 1858 et 1849), notre vénérable et savant collègue, M. deHaldat s*est efforcé d'établir Taothenticité des tableaux attribués à Callot dans les villes de Rome, de Florence, de Venise^ de Munich et de Nancy. U ne nous appartient pas de dis* enter, et encore moins de réfuter, les arguments à Taide desquels M. de Haldat appuie son opinion; laquelle est d'ailleurs part^^ « par plusieurs écrivains contemporains. Disons seulement que h
multiplicité et l'énergie des efforts nous semblent être un nouveau témoignage de la difficulté qu'on éprouve à établir que Gallot ait fait des tableaux véritablement dignes de ce nom.
Si nous ne partageons pas l'opinion de M. de Haldat, nous devons dire que le système qu'il embrasse n'a jamais eu de meilleur défenseur. Nous prétendons d'autant moins nous établir juge sans appel de ce procès, que la mort vient de nous enlever notre honorable contradicteur. Nous croyons toutefois que de nouvelles études auraient pu ébranler sa conviction. Quoi qu'il en soit, si notre dissertation engage quelques personnes à relire les mémoires de M. de Haldat, elles auront à nous savoir gré de leor avoir procuré ce plaisir.
(38) « J'ai vu, dit Mariette, quelques tableaux peints par
Jacques Gallot, entre autres les quatre de la vie des Bohémiens^ qui sont chez le Grand duc, un peu plus grands que les estampes^ el celui de Tenfant prodigue perdant son bien au jeu que Gallot a aussi gravé à Nancy dans une forme ovale^ La touche en est ^e* santé f sam couleur, et il t'en faut bien que cet tableaux approchent de la beauté de ses estampes et de ses dessins. » (Notes manuscrites,
foUo5S.)
Notre confiance dans le goût de Mariette nous fait accepter sans contestation Tauthenticité des tableaux dont il parle. Mariette était d*aatant plus à même d'en juger, qu'il possédait le Saint- Sébastien qui est aujourd'hui au Louvre. On remarque dans cette esquisse les mêmes défauts que ceux qu'il signale dans les tableaux de Florence. Si, comme on n'en peut douter, les tableaux vas par Mariette sont dans le même genre, ils appartiennent à Caltot. Mais ils ont paru si peu dignes de la cérébrité du maître, que, depuis le voyage de Mariette, personne ne les a vus, ou, du moins» personne n'en a parlé. Ils ont été vraisemblement relégués dans un grenier et remplacés par la jolie peinture que M. de Haldat dit être exécutée dans la manière de Le Duc ou de Terburg. Rien ne ressemble moins au faire de ces artistes que le Saint- Sébastien du Louvre, qui peut servir de pièce de comparaison à tons ceux qui voudront apprécier le mérite de Gallot comme peintre. — Yoy. ci-dessus, note 15, ce que nous avons dit de cette pièce.
QDAND El COMMENT .