‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 25 sur 57 · A LA MAISON DE LORRAINE · texte numérisé non relu

A LA MAISON DE LORRAINE

On lit dans D. Calmet (Hist. de Lorraine , 1'* édit., T. II, p. 514 ; 2« édit., T. III, p. 335) : c Depaia lema-

> riage du duc Raoul avec Marie, €omte9se de Hois et

> de Gui^e, le comté de Cruise est demeuré uni à la mai-

> son de Lorraine, et a fait on appanage d^an de9 cadets

> de cette maison. Jean, fik unique de Raoul, h» pos-

> sëda atec le duché de Lorraine. Il laissa deux fib,

> Charles et Ferry. Charles fut duc de Lorraine , et » Ferry fut comte de Yaudémont et de Guise. Il laissa » ces mêmes terres à Antoine , son fils. Ferry II, fils » d^ Antoine, porta les mêmes titres. »

Malgré une assertion aussi positi?e, et qui semble ne pas laisser la moindre place à un doute, il y a là une grave erreur, et une contradiction manifeste avec cet autre passage du même volume (1'^ édit., II, p. 681 ;

2^ édit., III) p, 534) : « Le mariage de René et d'Isa--

> belle fut concki au château de Foug^'etle contract en » fat dressé au môme lieu, le 20* de mars 1418, ou plu- » t6t 1419, selon notre manière de compter.Ge conlraet

> porte qu^aussitôt que René d'Anjou, comte de Guise, 9 sera arrivé en Lorraine, etc. » Comment donc, si Antoine de Yaudémont était comte de Guise, René d'Anjou pouvait-ii porter le même titre ? Et il le portait en effet, comme le prouve le contrat dont parle D. Calmet, et qui est imprimé dans Baleicourt (Hugo), p. clxxviij; dans D. Calmet, f '^ édit., preuves du T. DI, p. clxxxij ; 2® édit», yi, preuves, p. cxj.; dans Leibnitz, Codex diplomaticus , I, p. 316; dans Dumont et Rousset, Corps diplomatique, II, 2« partie, p. 117.

Je ne relèverais pas cette erreur, queD. Calmet, sans en rien dire, a copiée presque mot à mot dans la Lorraine ancienne et moderne de Mussey, p« 254, et qui, au reste a laissé peu de traces dans la mémoire de nos concitoyens, si elle ne se trouvait reproduite dans un ouvrage moderne où il est naturel d^aller chercher tous les renseignements sur cette matière. M. de Bouille, Histoire des ducs de Guise, I, p. 49, s'exprime ainsi : « Le titre de comte de Guise, que portait Claude de

> Lorraine, et dont Antoine de Yaudémont, Ferry, son » fils, et René II, son petit-fils, furent revêtus aupara- » vaut, n'avait pas appartenu sans contestation à sa fa*

> mille, depuis que Marie de Blois, au quatorzième siè-

> de, apporta la seigneurie de- Guise à Raoul, duc de

> Lorraine. Il parait effectivement que, pendant sa

> captivité à Dijon, René I, qui tenait eetle terre de sa

> femme Isabelle, etc. > On le voit, Topinion emprontée à Mussey par D. Calmet est arrivée sans altération jusqu^â nos jours.

C'est dans Tarticle : Réunion du comté de Guise â la maison de Lorraine, p. 25$ de Fonvrage cité, que Hossej décide la question de la possession de ce comté par suite du mariage de Raoul avec 'Marie de Blois; et la principale preuve sur laquelle il s^appuie, c^est une charte de Raoul qui commence ainsi : c Nous Raou,

> duc de Lorraine, avons donné, du consentement de

> dame Marie, comtesse de Blois et de Guise, notre

> épouse, etc. y II aurait pu en conclure, au même titre, que Blois appartenait aussi â la Lorraine. Mais, dans les chartes assez nombreuses qui sont venues jnsqu^à nous, ni Raoul, ni Jean, ni les trois comtes de Yaudèmont leurs descendants, ne prennent le titre de comte de Guise (Voir les titres imprimés dans les preuves de Jer. Vignier, Baleicourt, D. Galmet, etc.). Bien plus^ nous avons le partage entre Charles II, duc de Lorraine, et son frère. Ferry I, comte de Yaudémont, des biens de la succession de leur père Jean I (Baleicourt, p. cxlix; Corps diplomatique, II, 1'* part., p. 228), et il n^est nullement question de Guise dans Ténumération . des terres que le duc abandonne â son frère. Nous possédons encore, dans le Cartulaire de Lorraine de la fii* bliothéque publique de Nancy, T' partie, p. 169 cl sui-

vantes, une copie de tous les actes qui ont rapport à la <|uerelle entre René d^ Anjou et Antoine de Yaudémont, actes dans lesquels les deux rivaux intervienuen^ le premier arec le titre de comte de Guise , et le second sous le simple titre de comte de Yaudémont. Un de ces actes, la Sentence arbitrale de 1440, est imprimé dans Leibnitz, 1. c. (*), I, p. 571, et dans le Corps diplomatique, III, 1'* partie, p. 94. Quant à Ferry II, qui, comme on le sait, avait épousé la fille de René, Yolande d^ Anjou, il eût pu être comte de Guise, si, comme rafBrme Pabbë Expilly (Dict. de la France, III, p. 699), sa femme avait hérité du comté ; mais cette assertion est de toute fausseté (**). Il faut conclure de tout cela que le P. Anselme s^est trompé quand il donne (Hist. généalog., YIII, p. 451) à Antoine et à Ferry II de Yaudémont le titre de comtois de Guise : c^est Terreur de D. Calmet qui a passé dans cet ouvrage, ordinairement si exact.

C^) Je D*ai pas besoin de dire qae cette abréviation: 1. c, trèsfréquente dans cette notice, signifie : lieu on onvrage cité.

{**) Les pièces qu'on pent consulter et qui le prouvent sont : la Sentence arbitrale de 1^55 (J. Vignier, Origine, p. 209; Corps diplomatique, II, 2« part., p. 248 ; D. Calmet, 2" édit., Vl, preuves, p. cxliij); l'Acte de cession du Duché de Lorraine (J. Vignier, 1. c, p. 287; Corps di|ilomatique, III, V part., p. 460; D. Calmet, 1. c, p. ccxxxvj); le Testament d'Yolande (Baleicourt, p. ccxj ; Corps diplomatique, III, 2* part., p. 449; D. Calmet, 1. c, p. cclxxxij).

Cette errenr poarrait bien venir de ce qu'il y a eu deux Marie de Blois, la fille de Gai de Ghàlillon, prer mier du nom, comte de Blois, et celle de Charles de Cbâtilion, dît de Blois, duc de Bretagne ; qamque cette dernière eût porté plus communément le nom de Marie de Bretagne ou de Cbàtillon, cependant on la nommait aussi Marie de Biois (Yoir Choppin> Domaine de la couronne de France, Livre I^ titre viij, § 5 ; Anselme^ L c», I, p. 329)« Voici le degré de parenté qui était entre elles deux, et la généalogie de la Êimille jusqu^à

René d^ Anjou :

Gui de ChâtilloD, I*' da nom.

Loais de Cbâtilloo, i*' da nom, comte deBlois et de Soissons, etc. ;

Charles de Châiilloo, dit de Blois, due de Bretagne, seigneur deGoise, f comte de Penthtèvre ;

Marie de Ghâtillon , dite de Blois, femme en premières noett de Raool , dac de Lomine.

Jean de Bretagne ; Gai de Bretagne ; Henri de Bretagne; Margnerite de Bretagne;

Marie de Bretagne, dite de Blois, femme de Lonis de France, l^dn nom, dac d'Ânjon, comte de Provence, roi de Naples, etc.

Lools II, roi de Nt- Chartes d'Anjoa ; pies, époux dTo- Marie d'Anjon.

hnde d'Aragon ;

Lonis ni, roi de Na* René d'Anjou, dac de Charles d'Anjoa ; pl« ; Lorraine, etc. \ Marie d'Anjoa ;

Yolande d'Aojoo.

Marie de Blois, première da nom, épousa Raoul, duc de Lorraine, en 1554. Le contrat de mariage porte que le comte de Blois donnera à sa fille : « Vingt-deux cents » cinquante iiyres tournois de renie, à prendre sur la » debte du comte de Flandres, avec vingt mille livres

> tournois en deniers. Et le duc la doue de six mille » livres de terre (sic) en la terre de Boues, de Caiz (^J,

> de Harbommes O, deRumigny et d^Aubenton. > (Duchesne, Maison de Chàtillon, preuves, p. 102). On voit qu'il n^est pas du tout question de Guise {***).

Marie de Blois, deuxième du nom, nièce de la précédente, se maria en 1360 avec Louis de France, comte d^ Anjou et du Maine, roi de Naples,etc.,fils du roi Jeanle-Bon et de Bonne de Luxembourg. Par le contrat de mariage, < le duc de Bretagne et sa femme donnent à la y> dite Marie, leur fille émancipée et à leurs hoirs,

> toute la terre, chasteaux et chastellenies et villes de

> Guise, de Irson et de Oisy ; et la chastellenie et terre :» d'^Anglecourt, et autres pays de la dite terre de Guise, » sans rien retenir. > (Duchesne, 1. c, p. 154. Voir aussi Lobineau, Hist. de Bretagne^ II, p. 499). Il est impossible de rien voir de plus clair, et aucune portion de ce comté n^appartenait donc à Jean, duc de Lorraine, ni par conséquent à ses enfants.

{*) Caix, non loin de Boves, arrondissement deMontdidier (Somme). (**) Harbonnières (même arrondissement).

(***) D. Calmet (1*^ édit , II, p. 515 ; 2- édil., III, p. 535) a mis Guise en place de Gaix, qu'il ne connaissait probablement pas.

( 334) Voici qai n^est pas moins évident. L^abbé de lion-* guerae, en faisant usage des documents qaMl a poisés dans Duchesne (I- c.) et dans Dopoy ( Traité des droits du Roy, depuis la page 531 jusqu^à la page 558), a si bien résumé Thistoire du comté de Guise, quoje ne puis mieux faire que de le copier entièrement, f ai dû sealement y ajouter des notes (*), soit pour prouyer et expliquer les diflérentes phases de cette histoire, soit pour corriger les erreurs qu^elle contient : « Jean de Cbà*

> tillon , comte de Blois , porta le nom de comte de

> Guise (i), ensuite Charles de Cb&tillon (2), qui des-

> cendait de ce comte, et qui prétendait au duché de

> Bretagne ; ayant marié sa fille Marie avec Louis, fils

> de France, duc d^ Anjou , il lui donna en mariage le

> comté de Guise (3). De ce mariage vint Louis II, roi

> de Sicile^ qui posséda le comté de Guise (4), comme 3» son fils René (5). Les biens de René furent confis^

> qués Tan 1422 par le parti anglais qui était maitre de » la personne de Charles YI, et ce fut sous Fautorité de

> ce roi... que Jean de Luxembourg, qui descendait de

> Mabaud de Chàtillon, comtesse de Saint-Paul, fut mis

> en possession du comté de Guise (6). » — Longuerue omet ici de parler de la vente de ce comté &ite par René d^ Anjou, en 1433 (7), à Jean de Luxembourg, ce dernier « troQYant, dit Dopuy, le fondement de son droit

(^) Ces notes sont placées à It fin da mémoire.

> peu asseuré (S). > — c Mais, après la mort de Char-

> les yi, soafils et successeur Charles YII confisqua les » biens de Jean de Luxembourg et réunit le comté de

> Guise à la couronne (9); à quoi s^opposa Charles

> d''Aojou, comte du Maine, à qui ce comté de Guise

> appartenait par le partage que Louis d^Ânjou II du

> nom avait fait entre ses enfants (10). Et même ce » comte du Maine se mit en possession de Guise, dont

> il jouit malgré les oppositions et les demandes de Louis » de Luxembourg, comte de Saint-Paul, à qui Louis

> XI avait promis ce comté de Guise en le mariant avec 9 Marie de Savoie, sa belle-sœur (il) Ce comte (du

> Maine) eut deux enfants (12), Charles, qui mourut sans

> enfants, et fit son héritier universel Louis XI (15), et

> une fille nommée Louise, qui épousa Jacques d^Ar-

> magnac, comte de Nemours (14) ; elle se porta pour

> héritière de son frère et jouit du comté de Guise (15). 3» Leur fils, Louis d^ Armagnac, mourut sans enfants Tan

> 1503; sa sœur, Marguerite d^ Armagnac, avait épousé » le maréchal de Gié, de la maison de Rohan, qui mou-

> rut sans enfants (16). Cependant, René, duc de Lor-

> raine, petit-fils de René d^Anjou, disputait ce comté

> de Guise (17), et, étant mort Tan 1508, laissa héritier :» de ses droits son fils Claude, qui portait alors le titre 9 de comte d^Aumale (18). Enfin, après plusieurs procès 9 contre la maison d^Armagnac, et contre le procureur ^ général, qui voulait unir Guise au domaine (19), Fran- » cois 1 fil don de tout ce qui lui appartenait au prince

> Claude do Lorraine, Tan 1527 (20). La même aoaée, s il le créa duc de Guise et pair de France (21), et, par

> les lettres d^éreclion (23), on unit A ce duché les terres

> de Nonvion en Thîerasclie, d'Anbenton, de Kami^nj,

> et plusieurs autres, > (Longuerue, Description de la France, p. 63). — Et, comme ces dernières terres, que Kené II avait données à son second fils (35), appartenaient à la maison de Lorraine depuis le mariage -de Thiébaut II avec Elisabeth de Rumign7{3i), cela a bien pu contribuer à accréditer l'erreur qui fait le snjel de cette note.

J'ajouterai, pour terminer l'histoire de la terre de Guise, que ce duché-pairie resta aux successeurs de Claude de Lorraine, jusqu'à l'année 16&1,oû le duc de Guise, Henri II (le même qui, depuis, gonverna Naplea après Masaniello), s'étant jeté dans le parti de Louis de Bourbon, comte de Soissons (Aubery, Uist. de Hidielîeu, p. 477 ; Recueil de plusieurs pièces servant à l'hisloire moderne, p. 305 et suivantes ; Bazin, Louis XIII, IV, p. 381 ; Bouille, Ducs de Guise, IV, p. 435}, fut condamné A mort, et exécuté eo efiS^e le 11 septembre 1641 (Recueil cité, p. 5S9 et 563). Ses biens, coDesqués, furent donnés l'aonée suivante, par lettres*pilentes du mois de février, è sa mère, Henrietta-Calherine de Joyeuse , veuve de Charles de Lorraine, duc de Guise, < A la charge que les pairies de Guise, de

> Joinville et d'Bu, et les titres de duché et de priori-

> paulé demeoreraienl éteints. > (Brillon, Dict. des ar-

( 337 ) réCs, II, p. 945 ; Anselme, I. c, III, p. 483). Mais, en 1 64-49 Henri rentra en grâce, et le Roi, abolissant toutes procédures contre lui, le rétablit dans ses dignités (Recueil cité, p. 397), que possédèrent après lui ses neyeu et petit-neveu , Louis-Joseph et François-Joseph de liorraine (Anselme, 1. c, p. 489). En 1675, lors de la mort de François-Joseph, qui n^était âgé que de cinq ans, la pairie se trouva éteinte, et J^fademoisefle de Guise, Marie de Lorraine, sœur de Henri, et grandetante du dernier duc, recueillit la succession de la maison. Cette princesse voulut, par son testament du 6 janvier 1686, la faire passer â la branche d^Elbeuf; mais, à sa mort, qui eut lieu en 1688, la petite-fille de Charles de Lorraine, duc de Mayenne, Henriette, princesse pafatîne, qui avait épousé Henri- Jules, fils du grand Condé (25), réclama et obtînt celte succession presque entière, et c''est ainsi que le comté de Guise est resté, jusqu'à la révolution, un apanage de la maison de Condé (26).

NOTES

. (I) Dochesoe, I. c, p. 103; Preaves, p. 86.

(!!) /dem, p. M4; Preaves, p. 118.

(3) idemy preaves, p. 134 ; Lobinean, Hist. de Bretagne, II, p. 8U0; Corps diplomatique, soppl. , I, 2* part., p. 183; — Choppin, l.«2, Utto III, litre vj, $. 4, Mtobserver que le comté de Goîse a pasiédatts différentes faaulles par les femmes ; c'est ee qa'on voit eo effet dans le réeît qae nous transcrivons ici.

(i) Lonis II ne Ta possédé qa'à la m»\ de son frère, Charles d'AajoQ, décédé sans enfants en 1404 (Sainte-Marthe, Maison de France, I, p. 311 ; Anselme, 1. c.,' I, p. 229} ; car noos voyons (Martèoe, T'Aec. Moo. anteâoi,^ I, col. 1603 ; Corps diplomatique, II, l'^part., p. 181} que Charles d'Anjou obtint le comté de Guise parmi les biens que loi laissa son père Louis I par son testament, en 1383.

(3) René a été fait comte de Goîse par le testament de son père, en 1417 (Nostradamos, Hist. de Provence, p. 358 ; Sainte-Marthe, 1c, I, p. 819 ; Dopoy, Le, p. 383 ; de Villeneuve, René d'Anjoa, I, p.'«î).

(6) « Le Roy Charles VI, dit Dnpny (l. c, p. 539), estant an » pouvoir des Anglois le 4 juin 1422, donna le comté de Guise h Jean ■ de Luxembourg, comte de Ligny, du consentement du Roy d*Anglea terre se disant héritier du Royaume, pour ce qu'il tenoit son parly, » ayant ledit comté esté confisqué sur les enfans de Louis II due d'An- » jou, qui tenoieol le party do Daufin Charles contre le Roy son père

n et les Anglois. • C'est probablemeot aax archives du Royaome que

Bapoy a va les preuves de ce qu'il avance ; car il n'eu est fait meutioa

nulle autre part ï ma connaissance. Ni les chroniqueurs (Monstrelet, le

Religieux de Saint-Denys,- Juvenal des Ursins, Berry, Pierre de Fe-

nin, Saint-Remy, le Bourgeois de Paris, George Chaslellain) ; ni les

corps diplomatiques (Dumont et Rousset, Rymer); ni les historiens*

tant de France, d'Anjou, de Provence, que de Luxembourg, ne font

mention de la confiscation,pas plus que du don qui aurait été fait, à celle

époque, k Jean de Luxembourg. On sait que ce dernier était capitaine

général de Picardie pour le Roi (Monstrelet, livre I, chap. ccxl et cclxv).

11 ravagea le pays et fit le siège de la ville de Guise en liSO (Monstrelet,

1. c., ch. ocxxxix ; Nie. Vigner, Maison de Luxembourg, p. 600 et

601); mais il ne la prit qu'en 1^24 (Monstrelet, livre II, chap. xxij ;

Pierre de Fenin, édit. de Mlle Dupont, p. 24). Ce n'est que de cette

époque, selon Saint-Remy (Jean Leclerc dit Toison d'Or), qu'il prit le

titre de comte de Guise (Saint- Remy, ch. cxxix), titre que lui donne

Maurice, Blason de la Toison d'Or, p. 15.

(7) Le 23 février 1452 (v. s.). Dupuy, I. c, p. {»32.

(8) Monstrelet, livre II, ch. cxxxiij ; N. Vigner, I. c, p. 606; Choppin, 1. c, livre I, titre viij, § K ; D. Calmet, 1. c, 1" édit. II, p. 780 ; 2« édit., V, p. 25. Dans les actes qui suivent cette époque, René ne prend plus le titre de comte de Guise. Voyez l'approbation qu'il donne à lyi sentence du duc de Bourgogne, relativement à son différent avec Antoine de Vaudémont (J. Vignier, [. c, p. 209), et son testament (Jdem, p. 195), où il n'est nullement question du comté de GniH^.

(9) Les biens que possédait, en France Jean de Luxembourg furent déclarés confisqués en li35, parce qu'il refusa d'être compris au traité de paix d'Arras (Olivier de la Marche , livre l ^ch. iij et iv ; N. Vigner, 1. c, i>. 6i7 et 650) ; mais, nonobstant celle confiscation, nous voyons qu'eu 4419, il possédait toujours la ville de Guise (Monstrelet, livre II, ch. ccxxxviij), et qu'il y mourut en liil (la veille des Rois

1440 (v. 8.)* Voir, dans le Charles VII de Godefroy, la ChroDîqae abrégée, p. 344 ; Maurice, I. c, p* i5; Anselme, 1. c, III, p. 795). Peu de temps après celte mort, la veille de Pâques 1441 , ainsi qae nous rapprend Berry (Godefroy, Charles VII, p. 413), le Roi, étanlàLaoo, reçut Louis de Luxembourg et Jeanne de Béthune, le premier ne^'eo et snccessenr, la seconde veuve de Jean de Luxembourg, qui vinreal loi faire hommage de leurs terres de France. Toutefois, il est oerlaia, d'après la note t de Pavillon sur Tbistoire de N. Vigner (Maison de Luxembourg, p. 711), que Charles VII, en ordonnant la main-levée de ces biens, en excepta, entre autres^ le comté de Guise, comme le prouvent ses lettres en date du 26 septembre suivant (N. Vigner, l c.) ; Louis de Luxembourg ne succéda donc pas à ce eomté comme le prétend N. Vigner (l. c, p. 6S0). C'est ce qu'observe trèsgudideosemeul Dopuy (1. c, p. 533). Il raconte, avec quelques erreurs que nous avons corrigées dans la note suivante (10), le procès qui s'était élefé,à propos du comté de Guise, entre le procureur général, le comte du Maine Charles d'Anjou, tous deux demandeurs, et Louis de Luxembourg, défendeur. Le procureur général disait que le comté de Guise,, ayant été conGsqué sur Jean de Luxembourg, appartenait à la couroane, quoique Jean en eût gardé la possession. Le comte du Maine devait alléguer le don qui lui avait été fait, lors de la confiscation, par lettres de Charles VII données à Chinon, le 29 janvier U35 (1436 (n. s.). Voir Anselme, 1. c, I, p. 2311), ce qui était cause de la réserve £ûte parle Roi en 1441 (Choppîn, 1. c. dans la noie (8)). Enfin, Lonisde Loxembourg4 soutenait que le con)lé de Guise était h lui, puisque son onele Pavait acheté de René d'Anjou. C'est alors que fut décidé le mariage du comte du Maine avec Isabean de Luxembourg, sœur de Louis, doat le contrat,, d^lé du 9 janvier 1443 (1444), assura le comté de.Gaiseà Charles d'Anjou (N. Vigner, 1. c, p. 651 et 711). « En conséquence » de cet accord fait de la sorte par l'autorité du Roy, dit Dupny (1. c, » p. 534), le procès pendant au parlement fut assoupy. m II fautcorri-

ger à ee propos Terrear de Sainte-Marthe (1. c, I, p. 857), qui prétend qae Charles VU donna le comté de Guise à Isabeaa lors de soir mariage ; ce comté appartenait à son mari, et le Roi ne fit que le la confirmer, non-seulement dans ce contrat , mais encore par lettres da 4 février li43 (1444), enregistrées le 4 juillet suivant (Anselme, I. c, ni, p. i78).

(10) Longuerue copie ici une erreur de Dupuy (I. c, p. S35). Cest Louis I, et non Louis II, qui, par son testament, a fait son second fils, Charles d'Anjou, comte de Guise, ainsi que l'avait fort bien dit Dupuy, p. 385, et que nous l'avons répété, note (i). Ce n'est donc pas en vertu du testament de Louis II, lequel, nous l'avons vu, note (S), donna le comté de Gnise k René d'Anjou, son second fils, que le troi-sjème, aussi appelé Charles d'Anjou (celui dont il est ici question etqnt fotia tige des comtes du Maine), a été comte de Guise ; mais en verlcr des lettres de Chinon dont nous avons parlé dans la note précédente.

(fi)Le !•' août 1468 (N. Vigner, I. c, p. 666). Cette promesse de Louis XI ne put cependant avoir son effet ; car nous lisons dans les Mémoires de Commines (livre IV, eh. vj) qu'en i47b', le Roi « offroit • (k Louis de Luxembourg) certaines récompenses qu'il demandoitpovr » la conté de Guyse, comme aultresfois luy avoit promis. »

(12) Art de vérifier les dates, II, p. 863; Anselme. I. c, I, p. 233.

(13) Ce Charles d'Anjou, i« on même 5* du nom (Art de vérifier les dates, I. c), 2* du nom comme comte du Maine (Anselme, I. c.)j avait épousé Jeanne de Lorraine, fille de Ferry II, comte de Vaudémont, et d'Yolande d'Anjou. Son testament, du 10 décembre 4481, se trouve dans le Corps diplomatKiue, III, 2« part., p. 82, et dans les Traités de paix, I, p. 690.

(U) C'est le fameux counétable d'Armagnac, décapité en 1477. ^ (13) « Elle le porta dans la maison d'Armagnac», dit Dupuy (I. c, p. 336), c'est-k-dire qu'elle y en porta là prétention ; car, par suite du testament de son frère, le comté de Guise revint, en 1^81 , au domaine

de la eonroDne (Aoselme, I. c, UI, p. ^78). Gependanl , les ffis de Jacques d'Ârmagnac, Jean et IiOdîs, obtiarenl de Charies Vm, d'abord par proTision, le 5 mars 1483 (1484, n. s. — €kMlefroy, Gharics ym, p. 587 ; Ordonnanoesdes Rois de Fnmee, XIX, p. 978), pub définitifement le 99 mars 1491 (1492, n. s. — Dnpay, 1. c., p. 536 ; Aaselne» !• e., in, p. 430), une partie des terres qai avaient appartenn à lenr père, entre antres le oomlé de Onise, « ponren jonir à perpétuité, eux, lenrs hoirs, suœessenn et ayans canse, • (Dnpny, I. e.) nonobstant TaTîs contraire du procnrenr général. ■ Ces dernières lettres, oontinoe Dnpny , fiirent Térifiées an parlement de Paris le 18 avri snvant, 9a$u préfudiee de PoppotUion du due de Lorrmime. » Lonis d'ÂnMgoae prit le titre de comte de Gaise, et fit foi etlwnmiige an Roi le 99 septembre 1493 (Ansefane, I. c).

(16) Cesl Margnerile d'Âimagnac, seconde femme de Pterte de Rohan, scignenr de Gié, qni monmt sans entais (Aisefane, !• c, p* 481). et non son mari. Gelni-ci avait époosé en premières noees Françoise de Penhoët, dont il ent trois entais (Anselme^ 1. c, IV, p. 68). n sera question de Tainé, Charies de Rohan, dans la note (19). Le maréchal de Gié, à la mort de son bean-frère Lonis d'Armagnac, frt admis à prêter foi et hommage ponr le comté de Gnise, tant en son nom qu'en celui de sa tauie, le 8 jnIDet 1903, sans opposition h cd égard de la part du procnrenr général en la chanAre des oomples (Dnpoy, I. c, p. B37).

(17) Je ne saurais dire précisément h quelle époque René II eomisençt à Ciire valoir ses prétentions sur le comté de Guise. Il n'en est pas question dans sa protestation de 1486, rdative aux comtés de Provence et de Foreaiqoier (Baldcourt , p. ccvij ; Corps diplomatique, m, S» part., p. 450 ; D. Calmet, 2* édit., Vf, preuves, p. cdxxxvj). Nous venons de voir (note 15) qu'en 1492, il intervenait dans le procès pendant au parlcoMnt de Paris, il prend le titre de comte de Guise dans son testasMnt, en date de 1506.

(18) Voir leTeftiamenldeReDélI, CtrUiaire de Lorrake, m»., t^ partie» p. 410; Bovrcier, Nalore du Daché de LorraiDe» l'* édiu, p* 107; 2« édit., p. 97; D. Galmet, i'' édit., preuves du tomelll, p. ccIy; 2" édit., VI, prenyes, p. cecxlix. RelatÎTement à ce testameot, dont on a contesté ranlhenticité (J. Vignier, 1. c. p. 238), il faatlire oe fu'en ont dit Boarcier (l. c., V édit., p. 97; 2« édit., p. 88) et D. Galmet (!'• édit., U, p. 1116; 3« édit., Y, p. 4S2). La copie qai se^troaTO dans le Cartalairecité, appartenant à la Bibliothèque pabliqoe de Nancy, est faite sor le vidimns de Tan 1530, attesté par. deux notaires de Bar, d'an autre vidimos revêtu des mêmes formalités et daté de 1608, dudlt testament. *

(19) Charles de RohaB,.qni avait épensé Charlotte d'Armagnac, sœur delà femme de son père, et qui se quafîfiaît de comte de Guise, fit appeler en reprise de procès,, le 9 février 1513 (1316), Philippe de Gœl* drcs, veuve de RenélI, et Claude de Lorraine, son fils. La Cour décida que Charles de Roban jouirait de rusufruit du comté de Guise ; mais elle en adjugea, la propriété à Philippe de Gueldres et à son fils. C'est alors, dit Dupuy (1* 6* P^* 337), que Claude de Lorraine vints'établir en France, et prit le titre de comte de Guise, pour lequel il fut admis à foire an Roi foi et hommage, le 20 août 1520. Charles de Rohan cédadepuis, en 1326, sonosofirnit a François L

(20) L'isecord avec le Roi, pour la cession de rosufruit du comté dé- Guise, est du 8 janvier 1526 (1327), et le don à Claude de Lorraine, du 26. Ces lettres, qui lui assurent l'usufruit d'une terre dont il avait déjà la propriété, ont été regislrées le 3 juin suivant.

(2i) Chopptn , 1. e. , livre I, tit. v ; § 9. Comme ces lettres sont datées da mois de janvier 1527, la correction grégorienne nous reporte à 1328.

(22) Elles sontidans Anselme, 1. c, III, p. 479.

(23) « Ordonnons que nostre fils Claude soit nostre successeur «a » demourant de nos dites terres et seigneuries estant et situées tant en

• Fnnee que en Normandie, Picardie, ele., • dit René diDs ma Itakkment. Voir aimi le partage fait en i530, en eifcntioii de ee^ttttament, entre le Due Antoine et Claude de Gnise (Booreier, I. c, 2«édit, p. 115).

(Si) Benoit Pieard, Origine, p. 321 ; td. snppl. 1» part, p. 81; Baleicovrt, 1. c, p. il5; D. CaUnet, V éëL, prenreada T. n,p. dxiij.

(25) Ce fnt en dveor de ee prinee qne le Dneliè-Piûrie de Geiie fin rétabli, par lettres patentes de Lonia XIY, en date dn SOJoiBel 1704 (Anselme, 1. e., III, p. 484).

(98) Comme il n'est question ici qne de enise en Ttûéfiehe, aoos se dirons rien dn comié de CWse^nMfesde, drigé, te 19 juin 1718, ju Léopold, due de Lorraine, en iiTenr d'Anne-Harie-Jbaeph de LomîKy comte d'BareouK. Voir DnriTal, Descript. de la Lorraine, I, p« 114, et U, p. 58 ; et h brodbure intitulée : Translation de ia subslililioa di marquisat de Bayon sur le comté de Guise, et érectian du eourté de €aitt

en marquisat de Prolois, en Cneur de la maison de Ladres, du 10 nin 1787. Naney, Tbomas, 1765, in-4* de 83 p. fig.

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