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itaprioié prouve qae M« Bresson unîMait dés ee temps au don de la parole le taleat d'émre qui s'eat fiaût remarquer eu d^autres dreooBtauees, et surtout dans ses rapports à to Cour de cassation*
'La Cour de justice cfimioelle de la Meurlhe arait «ondamué A mort pour assassinat sur la personne de sa femme^ un habitant des environs de Toul; Péloquence du défenseur Bravait pu le sauver : deux moyens décisifr avaient été vainement invoqués ; le suicide de la femme; Pabsence forcée du mari, détenu alors dans les prisons de Tout pour un léger délit. Un pourvoi en cassation est formé s Tavocat publie un éloquent Mémoire : Parrét est cassé, Taffaire renvoyée à Met2, et Taceusé acquitté. Personne n^a le droit de réviser ce terrible procès ; mais ee sont là, Messieurs, de ces victoires qui placent on homme bien haut dans ropiaioa des autres et dans sa propre estime.
J^ei en sous les yeux Pexorde et des notes étendues destinées à la plaidoirie devant la Cioor criminelle de Metz. On y remarque A la fpis la conscience et la faci-^ }ité du travail» Les ratures, peu nombreuses, portent principalement sur des corrections secondaires.
Quant au Mémoire, on y retrouve, dans sa mâle éner^ gie, et dans la maturité, verte encore, de la seconde jeunesse, ces dons heureux, cette sage abondance, ce respect profond des lois et des convenances sociales qui, vingt ans plus tard, dans le procès Pellet, devaient briller d^un si vif éclat*
Celte affisiire eat dam la presse» alors peu bruyante et autrement occopée, nn certain retentissement : plii^ siears joaraaax (i)» même à Paris , hii acoordârent quelques lig^nes, et le rédacteur do Recueil des causes ùHèbres déclare que cet écrit annonce un talent, un zélé, une sensibilité qui assureraient à Tauteur une des •premières {daoes dans le barreau de la capilale, sMl yo»- ^nait s^j fixer* «^ Mais Fauteur, fidèle à sesaffections^â ses habitudes, ne quitta point, pour cette incertaine perspective, le barreau de Nancy. Il vivait entouré de confiance. Il comptait an sein de la Cour impériale de nombreux amis, et parmi eux, des hommes supérieurs que d^au- Ires supériorités, et lai^méme à son tour, devaient reuH placer plus tard.
Eo. 18159 à la suite du 20 aiars«..i. ici, Uessieurs, les lemps se rapprochent ; je ne citend plus que les dates. Les contemporains sont des témoins : la postérité est le grand j ury qui écrit Thistoire» »«'Aux Cent Jours^ M. Bresson fut élu, par le collégp de Nancy, député à la chambre des représentants. Il accepta ce mandat avec les sentiments de patriotisme et d^abnégation personnelle dont il avait déjà donné des prenves» Aucun fait n^a marqué son rapide passage sur le terrain des affaires publiques : les périls de la tribune ont effrayé sa mor deslie et il s^est râCugié dans le silence. « Au surplus, cette
(1) NmrrââBiffr de la Jtfems, la octAbce IdOQ. — Jonurnol de Paris, 13 octobre 1809.— -W^ortot «uropcm^ *3t jan^r 1810.
menl affaiblie par des crises nerveuses dont les premiéres atteintes dataient de 1820, et avaient pour cause les fetigues inouïes d^on grand procès criminel.
Au mois d^avril 1830, le magistrat dut redescendre pour un jour dans Taréne, et tenter une dernière fois les luttes du barreau* Des devoirs de Camille rengageaient à ce sacrifice : il avait à défendre en môme temps la propriété, et bien plus encore, Thonneur d^un beaufrère, d^un ami, poète élégant et Sans prétention, en Boème temps qu^avocat, donnant ses loisirs au culte des muses depuis sa plus tendre jeunesse (1), avant tout homme de bien, chéri, estimé dans le pays. Yos souvenirs ont nommé Tun des anciens associés de TAcadémie, Pellet, le Barde des Yosges, à côté de M. Bresson, dont la magnifique improvisation devant la Cour royale de Paris a été cette fois sténographiée, recueillie et vantée comme elle méritait de Tètre. L^orateur a vécu plus longtemps que le poète.
M. Pellet, modeste et défiant de lui-même, avait, pour chercher un éditeur, remis son manuscrit entre des mains infidèles. Le manuscrit disparut ; mais Fauteur disait ; < Peu importe : je sais par cœur toutes mes œuvres. » — G^est le privilège de quelques poètes, pas de tous, et si Ton raconte, je crois, de C. Delavigne, qu^une tragédie ioute faite a péri avec lui, un autre s^oubliait si bien qu'on lui fit admirer, sans quMl le reconnût, un de ses ^propres chefs-d^œuvre.
(i) V. ies Mémoires de rAcadémie de Stanislas, an XllI.
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Ici le dépositaire osa publier sous son nony, en juillet 1829, dans un journal de Paris assez peu répandu, Tune des principales pièces de Pellet. D^une main il Tavait prise, incomplète encore ; de Tautre il Tayait allérée par des personnalités injurieuses.
Au mois d^ootobre, Pellet fait paraître son recueil. Cette pièce s^y trouvait naturellement, et même enrichie de quelques corrections, et quand Fauteur se décida, non sans peine, à reyendiquer ses droits, le forban littéraire ne craignit pas de répondre aux poursuites par une plainte en contre&çon.
Le Barde des Vosges, attaqué dans son honneur en même temps que dans sa paternité littéraire (ce n^était point alors une question d^industrie et de commerce), accourt à Paris ; il gagne son procès en première instance. On le traîne en appel. Les fatigues et le chagrin Tont rendu malade : il revient mourir dans sa famille ; mais il a pu dire à ses derniers instants ;
Eœoriare aliqms nostrU ex osiibus ullor!
U a pu léguer à des mains puissantes, toujours pures, souvent victorieuses, le soin d^une noble et loyale vengeance.
Et cet espoir ne sera pas trompé, et les vœux du mourant n'auront pas été stériles pour sa famille et pour sa mémoire!
M. Bresson se présente devant la Cour royale de
Paris, Don plus sous la robe, mais en habit de TÎlle^ collègue nouveau, éloigné, inconnu des raagisirats qui vont jttger sa cause. 11 est là, calme et redoutable dans son agitation contenue, placé à c6té de son adversaire^ qui, lui aussi, avait eu Phonneur de porter la robe. lia bonté de sa cause, Timpartialité de ses juges ont doublé ses forces, et puis, le souffle de Pppinion publique, éveillée sur oe scandale, le pousse et Texcite. Il semble attirer! lui, pour s^en servir avec une énergie calculée, cette électricité politique qui courait dans Patmosphére de 1830 et qui devait former bientôt des orages*— Quand on rencontre, Messieurs» ôes lointains souvenirs amenés par le sujet même, il ne faut, surtout à TAcadémie, ni les grandir, ni les abaisser : Gicéron, plaidant un procéa littéraire et si, par ei^emple, il eût défendu Virgile pillé par Balhylle, n'eût pas manqué de caresser la majesté du peuple romain. — Dés son exorde, acceptant comme un hommage à Tégalité devant la loi cet étrange rapprochement qui place sur le mémebanc le magistrat exempt de reproches et Phomme déjà flétri par un premier jugement, Porateur s^empare de l'attention du public charmé et captive doucement la bienveillance de la Cour. |ies avocats, suspendus à sa parole, diront bientôt que cet ancien confrère, tout nouveau parmi eux, serait digne de marcher à leur tète, et cette magnifique plaidoirie se soutient ainsi pendant plus de deux heures, sans que Pordre de la discussion soit un seul instant dérangS, sans que la parole manque une seule fois aux besoins variés
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de rimpro visalioD, ni la dignité da geste aux mouveoMiHs de la parole, sans que la mémoire hésite sur dm citatioo ou sur an fait. ... puis quaud, avec toutes les ressources de la dialeeCique et toutes les richesses de Péloquence, il a vingt fois gagné sa cause ; quand cette vigoureuse indignation de rhonnéte citoyen, du firôre, du magistrat, a dompté les doutes les plus rebelles ; que Tadversaire, Fennemi est là, vaincu, écrasé, Torateur, homme de Wèn, ramène avec lui vers le foyer domestique la pensée attendrie et reposée de son auditoire, et il dit A ses juges r
c Hàtes-^vous, Messieurs, de mettre un terme é ce • lEîineste procès. Je ne devrais pas être ici ; Fioquiétude t et le chagrin m'y poursuivent. J'ai laissé derrière mor » deux femmes malheureuses en proie à le douleur, au » désespoir ; Tune déciles peut-être déjà mortellement 9 atteinte du coup qui a frappé son fils. Elles réclament » ma présence; elles peuvent encore recevoir de moi » quelques consolations ; mais, la plus douce que je t paisse leur apporter et leur oflrir, c'est celle que leur » prépare votre justice: cVst Tarrét qui protégera la » mémoire, qui apaisera les mânes irritées de celui > qu'elles ont perdu. »
Le résultat ne pouvait être incertain : le succès fut immoise (1). C'était plus qu'un succès*; un triomphe, et mieux qo'un triomphe : une bonne action. — Ahl Mes-
(1) Voir 10118 les jonmaux du temps ei noummcni U Gtaslle dei Tribunaux, l«s 2, 3, 4 avril 1830.
sieurs, si, dans une seule phrase de l^écoHer, nous avons trouvé la vocation lointaine dePavocal; si les plaidoiries du jeune capitaine devant les conseils de guerre ont annonceuses victoires au barreau, ne voyons-nous pas ici rinfaillible présage d^un changement prochain, la promesse d^une plus haute destinée ? — A dater de cette heure solennelle, le ministère public avait trouvé un de ses plus puissants et de ses plus purs organes.
L^occasion ne fut pas longue à venir ; mais le caractère de M. Bresson, toujours plus disposé à fuir les honneurs qu^i les poursuivre, repoussa Favanceinent que les circonstances lui apportaient. Il ne fut pas procureur gé« néral à Mancy, bien qu^une ordonnance du 5 août 1830 Feût appelé à ces éminentes fonctions. — Resté conseiller, il devint président de chambre le 25 juin 1831. Si le gouvernement avait jugé sa valeur, le magistrat, de son c6té, comprenait Pétat du pays, la position de la magistrature, les besoins de la justice et la sombre gravité de certaines questions qui, dés cette époque, s^agitaient au fond des événements. Il était, en même temps que pré^ sident à la Cour, membre de la commission administrative des hospices. Le bien de la cité comme la défense du bon droit le trouvaient toujours infatigable ; sa santé raffermie lui permettait de nouveau les excès de travail. Il commentait le sien, même en hiver, à cinq heures du matin, et c^est une habitude qu^il a transportée plus tard, selon la mesure de ses forces, dans Ta vie parisienne.
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Le gouTernemeDt ne perdit pas de Vue un seul ioslant
la pensée d^attacher par des fonctions àetives à la défense
de Tordre social le mérite et le dévoueiaenC éclairé de
M. Bresson. On ayait à lutter contre la délicatesse de
son caractère et contre la prudence habituelle de ses
déterminations. « Il n^y a rien dans le monde, a dit le
> cardinal de Retz, qui n^ait son moment décisif, et le
:» chef-d^œuvre de la bonne conduite est de connaître et
» de prendre ce moment. » Et puis, a^ec lés sages de
rântiquité (1), compagnons de ses travaux, amis de ses
loisirs dans la paix comme dans la guerre, il pensait
sans doute qu^il convient de se tenir en défiance des
affaires publiques et de n» pas livrer s^ns examen aux
entrainemeD^te de Tambition la fortune de son honneur.
— - Le parquet de la Cour de Lyon fut offert et refusé
sans orgueil comme sans fausse modestie, et, au mois de
septembre 1852, M. Bresson fiit nommé procureur gé^
néral à Metz.
La position était difficile : de nombreux procès do presse exerçaient alors les orateurs du ministère public et ceux du barreau. « La polémique creuse les abîmes > qu^elle prétend combler : elle ajoute Pobstination des :» amours-propres à la diversité des opinions (2). > — M^ Bresson, de Paveu de tous, déploya dans racepm-* plissement de ses devoirs autaàt de convenance que de
(1) CoRH. Nep. — lo vitâ Pomp. Atlic. VI.
(2) M. GuizoT. Éludes morales. Préface» VL-
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vigueur. -^ Dés le aïoig de mai 1854) ses serviees reçiupciiC leur dernière ooesécratioa et leur pkn haute récomplBâse : il fut BOmmé Cou^eUier à la Cour de cassation. Le jour même de son entrée^ il prenait part à une délibération importante en assemblée générale, et marquait du premier pas la place qu^l a occopée durant quatorze ans. Dans cette sphère supérieure, la loi régne en paix, toujours puissante et respectée : la science positi?e éclaire el domine la jurisprudence du pays# Le brait, même le plus lointain, des passicms humaines, ne parvient pas jusqu'au sanctuaire. Là, H. Bresson, affran* chi de ces luttes qu^il avait noblement soutenues, non sans froissements et sans fatigues, et rendu à une vie plus calme^ plus indépendante, déploya tous les trésors de son expérience. Ses facultés, riches et actives, contenues, et si on osait le dire, condensées dans les limites des rapports, leur donnaient un cachet remarquable d^élégance et de précision. — Au dehors, Messieurs, parmi les gens du monde , et quelquefois même du monde judiciaire , on ne sait pas assez ce qu^il faut de zéie et de persévérance pour suffire à ces laborieuses fonctions. Le travail, quel qn^il fût, plaisait à M. Bresson , il y retrouvait les haUtudes de sa vie et Pun de ses plus chers attachements. Il marchait ainsi dans sa verte vieillesse, entouré d^estime et de respect. € Les vieillards, a dit un moraliste, s<mt la majesté du peuple. > Ife sont-ils pas aussi la majesté de la justice ? — Quelques rares loisirs étaient employés à faire auprès de son fils
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aîné des voyages pleins d^ntéiél pour tous deux, oa bien à eQlliyer de heates relatieDs. «^ C^est aiasi qm M. BressoD a reCioiiTé TaBeien président de PAssembiée Nationale qui avait entend a ses premiers essais oratoires el sa bârangfoe d^écolier patriote, L^anoien évéqae d^Antun était devenu prince et ambassadeur) puissant, ricike et itabiie entre tant d^antres. Maibenreosement, il noua a permis de douter en loi de bien des eboses, exeepté de Son esprit. II avait eu sous ses ordres A Londres, M. Charles Bresson, et aux questions diserétes du père, il répondit un jour avec ce sourire qui, chez lui, marquait la pensée plus que les mots eux-mêmes : c Je crois aux races. Monsieur Bresson : soyez rassuré > sur TavenbE^e votre fils. » Cet avenir, en effet, devait être brillant ; mais la Proyidence a voulu qu^il fût court, et que, de tant de réalités éclatantes, de tant d^espé-^ rances plus hautes encore, il sortit une douleur sans remède et sans consolation. — Jusqu^au moment où les infirmités vinrent Taccabler, où il perdil, à un court intervalle, sa femme et Talné de ses fils, la carrière de M. Bresson avait été laborieuse, quelquefois pénible et tournaentée, mais, k tout prendre, heureuse : au retour de Kâigfe, il a pu compter de longues années uniformes el simples, embellies et charmées, malgré des souffrances passagères, par les soins de la tendresse conjugale, •
par les satisfactions de Porgusîl paternel. Il n^a connu, ce semble, qu^un grand malheur, le malheur de survivre ! — Le Ciel a permis qu^au déclin de ses forces et dans
la pléniliide de son inteUigelice, il en sentit le& amiertu^ nés, non pourtant sans quelque compensation. Il lui laissa d^autres fils Toués honorablement anx fonctions publiques, etson nom revit avec éclat dans la magistrature.
Aux douleurs privées, vinrent bientèt se joiadse les malheurs pubUcs de i848« H. Bresson quitta ses fonctionB et reçut les honneurs de la retraite» Les souffrances physiques qui s^aggravaient se mêlaient aux tristesses mo« ' raies. Une piété fervente soutenaitson courage. Pourluî, ce ne fut pas cette fleur pâle et tardive qui fleurit prés des tombeaux. Son enfance Tavait apprise aux leçons paternelles. Son âge mûr en avait gardé les traditions, malgré Tactivité des affaires et Tagitation des esprits. Le 21 novembre 1848, sur le point d^attaindre sa 7a* année, il cessa de souffrir. La foi, la douleur et le travail ravalent préparé aux dernières épreuves.
M. Bresson fut un homme complet. Chez lui, le cœuc échauffe ce que Fesprit éclaire : sans cet accord, il ne se rencontre en nous que des pensées confuses ou des mois sans valeur. Le pouvoir paternel avait fortement agi sur son en£aince. La carrière militaire, qui pouvait le conduire aux grades les plus éminents, Tavait retrempé encore dans les habitudes de l'ordre et dans le sentiment de la discipline. Jeune, il eut la témérité des grandes choses, plus tard le courage des choses utiles, et toujours la volonté du bien. Son oaractére appartenait à ces na** tures robustes que Pexpérience éclaire* et grandit sans les corrompre. Son esprit s'était fortifié de bonne heure
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par ces belles bumanités qui servent si bien dans la Yîe^ au départ comme au retour. Dauger ou travail, bravoure èa patience, il a pris au sérieux tous les devoirs, et son talent ne fiit jamais qu^au service de ses convictions* L'esprit de conduite (1), le ferme bon sens ont réglé ses actions, le bon sens qui est, après tout, comme le dié Bossnet et comme on ne saurait trop le redire, le maître universel de la vie bumaine. — Formé aux affaires hors de Paris, loin de Paris, dés qu^il y parait, déjà sur le retour de Tàge, ignoré du public et connu seulement de quelques maîtres, il se place au premier rang. Paris qui D^a rien à lui apprendre fait taire à sa voix la critique partiale et les jugements exclusif. On reconnaît, on proclame aveiun sentiment d^admiration le rare mérite de cet avocat lorrain. Quatorze ans plus tard, il siège avec honneur dans la plus haute magistrature; et nous^ Messieurs, quand Paris nous a envié d^abord un tel homme et nous Ta enlevé -ensuite, nous n^aurions pas d^éloges pour la mémoire d^nn ancien collègue, pas de fleurs pour sa tombe absente ! Tout ce qui est beau, toiit ce qui est bien appartient à TAcadémie de Stanislas. •— Nouveau venu parmi vous, mais non pas le dernier, tant les vides sont prompts à se faire! j^ai voulu vous témoigner ma gratitude et vous rendre grâces de votre hospitalité, en plaçant mes paroles sous Tappui d^un nom qui
(1) Eloqucniise sicutreliquarum rerum fundamentum sapicniU. Cic, Oralor. 21.
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commande raltention el le respect — On reprocha quelquefois aux Sociétés savantes de se montrer trop &cilement disposées A mettre ane petite statae sar un graed piédestal, et Ton oublie que là se rencontrent des foyers dispersés dMntelligence et de travail, que les Académies, par leur initiative ou par leurs encouragements, peuvent donner quelques défenseurs de plus à cette grande cause des lettres et des sciences plaidée depuis tant de siècles devant l'opinion et devant les pouvoirs, sans avoir été, ce semble, jamais perdue sans retour, jamais gagnée sans appel ; et puis. Messieurs, A un point de vue moral et pratique, Texemple d^un homme qui satisfait de briller dans une sphère modeste, s^y est tenu pendant trentequatre ans, et qui, A Paris, rapproché tout A coup des plus hautes sommités, s^est trouvé A leur niveau, ce bel exemple avec ses utiles enseignements m^a paru mériter mes préférences» Il me reste A désirer que cette étude A la fois trop rapide et trop longue, puisse obtenir votre approbatiM et justifier vos suffrages. J'aurai ainsi acquitté, en partie du moins, la dette honorable et douce que votre choix m^a imposée , non-seulement envers PÀcadémie elle-même, mais aussi envers le pays dont vous représentez si bien les saged pensées et les nobles sentiments.