‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 50 sur 57 · M>IV · texte numérisé non relu

M>IV

(KeJamge,)

Cest en considérant, je dois le dire, ces i^Iiitions géographiques et orographiques, que j'ai été eoaduit tout d'abord à classer le grés d'Hetlange Uem au-dessus du grés infra-liasique et du calcaire à Gryphées arquées;

et cela avant d^avoir vu les faits de sapeiposilion qui sont si évidents à Boust, et tout en reconnaissant d^aillenrs que ce classement laisse subsister une difficulté assez grave au point de vue paléontologique.

On objecte quMl n^y a pas dMmpossibilité à ce que le grés infraoliasique existe â la fois à Kédange et à Hettat^e^ et qu^il suffit, pour cela, d^admettre que le coteau d^Bettange était émergé avant le dépôt du calcaire à Grypbées arquées et des marnes supra-liasiques ; de telle sorte que le grés ne reposerait pas sqr les marnes qui se trouvent au pied de ses escarpements, comme les apparences rindiqueraient, mais que lesdites marnes, déposées après lui, formeraient seulement une ceinture tout à Tentour, comme les terrains de sédiment à Peu* l<mr des montagnes anciennes. Cette supposition n^implique sans doute rien d^impossible, et comme elle offrait le moyen d^échapper à la difficulté paléontologique dont j^ai parlé tout à Theure, elle a été, en eflfet, produite. Mais il n^y en aurait pas moins là un fait anormal, et tout fait de cette nature a besoin d^étre appuyé de preuves directes ; alors surtout quUI ne s^agirait pas d^une dénivellation de petite importance, puisqu^un sondage percé en 1824, à travers les marnes supVa-liasi'ques, dans la ville de Thionville^ qui est située un peu au sud d^Settange, dans la direction des l^es dWfleu<* rement, a été poussé jusqu^à 158 métrés, sans qu^il soit certain que le calcaire à Grypbées arquées y ait même été atteint. «

(468) 11 paraîtrait, au surplus, que cette bjpotliése d*uo soulèvement qu^aurait éprouvé le g:rés dVettange antérieurement au dépôt des marnes situées à son pied ne serait plus guère soutenue, et qu^on se bornerait maintenant à dire que ces marnes, déposées originairement sur le grés, ont coulé ensuite jusqu^an pied des escarpetnents quMI constitue ; en sorte qu'il ne faudrait voir dang lesdites marnes qu^une formation remaniée, une sorte d^'alluvion. Sur quoi je ferai remarquer : i* que cette nouvelle supposition, fût-elle suffisante pour expliquer la position relative des marnes et du grés, laisserait toojours subsister Tobjection dont il a été question plat baut, tirée de la position relative du grés d^Hettange {lupposé infra-liasiqûe) et du grés de Kédange ; 2* qn^dne formation remaniée se révèle toujours par un certain désordre, dont les observations qu'ion peilt ùitu sur les marnes dans le vallon de Boust ne font nullement fialtre Pidée ; 3^ enfin, que si, en quelques lieuï, le relief du sol est tel qu'ion pourrait comprendre, jusqu^A im certain point, que les marnes déposées aujourdliui au pied du grés, dans les bas-fonds, j auraient coule <hi plateau, il en est tout autrement à Uesselkirch od, comme

on Ta vu, ces marnes constituent la colline dans tdtite ia Aauteur de ^^ métrés.

Cette localité d^Uesselkircb répond, comme on le toit, aux deux hypothèses mises en avant pour expliquer la présence des marnes à ovoïdes ft un niveau inftrieur au grés ; elle montre que s^il en est ainsi, c'est tout simple-

ment parce que les marnes à ovoïdes ont été déposées avant le grés. Et d^oû il résulte, en se reportant au ta* bleau ci-delisus, que le grés d^Hettange.serait placé à un niveau déjA assez élevé dans les mûmes supra^liasiques.

Ce qui n^a pas peu contribué à emlbyrouiller la ques-> tîpn du cl wm^t du{;réB d'Hettange, c^est qu'on a voulu à priori Fidentifier avec le grés qui est si développé à m lieues environ plus au nord, prés de la ville de JUixembo^rg, d^où il a pris son nofn de ^règ de iMXcmhourg / lequel appartient, comoie le grés d^Hettaoge, au sjstéme des couches liasiques^ et a, en efiet, de très-grands rapports avec ce dernier» Il imposte die prédser en quoi consultent ces rapports»

£t d^abord ces deux grés présentent réellement une grande ressemblance : soit qu^on les considère en grand quanta leur ipanière d^étre dans leurs gisements, soit qu^on les considère en petit dans leurs caractères pétro- ^^hiques et jusque dans le mode de conservation des ;CoquîUes dont le test se détache trés*nettement en blanc sur la roche, soit quant à leur emploi dans les construc- ..tv>ns« Mais voyons a'ils présentent la même analogije quant & leurs vel^tions stratigraphiques.

Le plateau sur lequel est bâtie la ville haute de Luxem-

\àfm% est formé par du grès qn^on j voit affleurer en

laides dalles, et qui c^^stitue au nord et au nord -est de

^magnifiques escarpements de rochers à pic, fortifications

oalurelles sur lesquelles sont assises colles que Tart y a

encore ajoutées. L^AIzeite baigM le pied de ces «scarpeménts en eonlani du sud an nord. Or voici ce qu^m obsenre en descendant celle rii^dre.

La vallée est d^abord encaissée dans le grés, pots elle s^éiargit sans laisser encore voir d^autre terrain que le grés : le haut des c6tes étant occupé.par des IkA et le reste par des terres arables. Mais arrivé à la hauteur du village dVelmsingen, qui est situé sur la rive droite de PAlzette, à 5 kilomètres de Luxembowg, on est frappé d^un changement brusque dans la couleur de ces terres, indication d^on changement correspondant dans la^nature des couches. On ne tarde pas, en eflbt, à arriver à un ravin qu^on voit ouvert jusqn^à mi<Me à travers les marnes irUées, présentant là leurs acddents si connus de coloration et de contonmement, pendant que la partie supérieure de la c6te reste toujours couronnée par le grés; et pour compléter Pindication, chi voit un peu plus loin, prés d^Heisdorfj des exploitations de gjpseau milieu des marnes irisées. Tient-on, tnatntenanl/à -s^élever au-dessus desdkes marnes irisées, on rencontra des marnes gris-bleuàtres, ayant tout à fiiit Taspect liasique et qu^accompagnenl de petits bancs de calcaire marneux de même couleur, qui renferment des Ammonites 4ortilts, (d^Orb*) et des Ammonites kridion (HehI.), espèces considérées jusqu'Ici comme appartenant à tfA»g^ de la Grjrphœa arcuata. Plus haut il apparaît un eal« caire' gris blanchâtre avec fragments d^Bnorines ; phn haut encore ce calcaire devient sableux } et enfin, quand

OD entre un peu ayant dan» le bois, on est en ptein dans le grés (avec sable), leqael oceope ensnite tovte la eète pour aller se raccorder avec cdiri qui fora» le plateau à Touest de Luxembourg.

Que- résulte-t-itde ces relation» si nettes de superposition, quant à la- comparaison à- établir entre le gisement du grés d^fiettange eC celui du grès 4e LuxenAonig? Il en résulte, d^une part, quMls o Aeat ^ilre eux cette dissemblance : que tandis qu^à Hettaage il existe, entre le grés et les marnes irisées, une dislance considérable soit dans le sens vertit^al ou en coupe, soit dans le sens horizontal ou -en plan, cette distance est, au contraire', très-petite à Luxembourg ; mais, d^utre part, qUlls offrent aussi cette analogie ^ qu^à Luxembourg tout comme à Hettange, le grés ne se trouve pas au-dessous du calcaire à firrfptiées arquées, puisque noos Patmis vu tout à rheure reposer sut la oouobede marne à ÀMmo^ nifes toriitis et kriéUon, qui n-est évidemment rien- autre que la iharne de Jamoigne, de M; Dumoat, assimilée par ce savant professeur au calcfiîre à Gryphées arquées. A-ImI été fait, dans les environs de Luxem« bourg, des observations prédses qui soient directement contraires à ceHes qui sont si nettement écrites dans le coteau d^Helmsingen, c^est-à-dire, qui montrent \é calcaire à Gryphées arquées en recouvrement^ non pas seulement sur du grés, mais par-dessus la masse entière du grés? Je ne le crois pas. Car si Ton a indiqué, et si j^ai cru voir moi- même en plusieurs points à Fouest deLuxera»

hmxtgj éa calcaire à Gry^héeg reposant sat da grés, ce calcaire ne coArmuiaU pas là toute la masse da grés 3 ea sorte qae ce faU ne pouvait pas ftire nattre Pidée de la postériorité da calcaire à cette BUKse entière do grés, maïs senlemeot IM dée dé là contempinranéité» Encore peal-on de«fter,fM>nrqnelqtte9<«nsde ces peinls an moins, auprès Tobsenratioii pràenté'e par U* d^Omalins d'Haï* loyv an snjet ^^gite de StraMeO) eneore pent*on donter qn'il s'agisse inen li 4n téritddo adeaiin à Gtypliéea ar qnees •

Dans tens les cas^ et qnelle que soit la place qni doit être assignée au grés de Luxembouig dans la série Hasiqne, il est an point, tont an moins, qui est bien mis hors de doute par les relations de superposition que nnns avons fait connaître 1. c'est que le^ésd'Bettange ne saurait être c<NEisidéré comme plus ancien que le grés de Luxembourg, Cependant l'opinion contotHreaétÀémîse^ se fondant sur la rencontre qui a été frite, dans ce dernier geéêf de VÂmmaniieê D€mai, eq^éce snpca-Uasique Inen connue, tandis qu'aucun fcssile de cet âge n'a eocore été trouvé dans le grés d'Bettange^ Mais le iài de cette rencontre n'implique pas Ja oonséquenoe que l'on en veut tirer ; et il me semble qu'U peut s'expUqaer autrement d'une manière trés^rimple. Il suffitponr eela d'admettre que la cause qui a ensablé les. mers liaa^pies de cette contrée, et qui, comme on l'a vu, a commencé à agir, prèsde Luxembourg, presque immédiatement après le dépôt des marnes irisées, il suffît d'admettrequaceUe

caûBe «andl eodlioiié i exaci^ son aaUoo jittqa'â jl'4* poque de Tilj^tfnmâle^ Dmm, Bi^œjEi'e»! bton pluBlard encore.

Sans cet 6rdrê d^idéés k grés de Luxenèouii^ ooiittdéffë comne diTÎsioo géologiqae, endiraieemîft uae ' 88862 longue période de lempaj il endmssereit i la Ibis, par exemple , plusieurs des divisions inittqiiées ei-4e8^ SOS dans mon taUeau da liis de la Lomône. Ileslbiea érident d'aUlesrs qœ PaoUim ensablante i^est ëgalement fait sentir peildant trés^longtemps ^ns le département des Ardeonës ; la pnissanee et Tâtendiie Ai oàteaireBaàkntx en témnigneBi. U y a plus : celle àoiian a en li des eetoilrs ; car apids les marnes mugrenneSj qui ont sneoédé au calcaire saUenx, on voit apparaître ce que MM. Sanvaga et BoTigaier ont ap|»dé le ^alcmire fetr-^ tu§Um^ps et qak est racore une rocbe grésAose, tout comme le mouà^^ tAtAange (de JII. Dumont), ^ lui ert cffirtatoearant {MaUélew Et neae ponoaii^il pas encore que TactionanssUante e&t épargné, par des circoastan^ ces qndoonqnes, de cwtaias points ; ce qui donnerait le moyièB de cosnprendrerexist^ice.de ces sortes d^oasis de oalcaka A Giyphées, qui paraissent se trouTer au Bttliett du grés de Luxendiouig, en faisant cm^^uité afec lui P

Qaoi qu'il en soit, il n^ a pas à s^élonner si la cause ensablante, bien qu^ayant prolongé son action pendant unelongne période de temps, a imprimé un cadiet uniferme aux roches qui se sont successivement formées

BOUS son influence. Bl voilà eomment 11 arrive tptt Ton comprend sous le nom de grès de Luxembourg des ro*ches qui ne sont pas de la même date géologiqne, et • dont les unes> comme dans Texemple d'Helmsingen, auraient suivi de très-près le dépôt des marnes irisées, pendant que é^antres seraient contemporaines de Vjhtttnomieê Iktçœim

> C'est U) selon moi, Porigiiie éà la confusion àaae la* qodle on est tombé quand on a vorin co■^larer le grés d'Hetta^nge à celui de Luxembourgé Ces denx grès, je le répète, sont analogues en ce fuHIs sont placés Ton et Tautre, dan» Téchelle Uasique, à un mveaa notablement supérieur au grès^infra^liasique. Mais le giérd^Settange ne représente pas le -grès de Lux^sbourg dans son entier ; il ne correspond certainement pas aux ee«dies les plus basses de ce dernier, à ceHes qafoàehstffye à Bcdmsingen ; il correspondrait seulen^nt à ses ooudiea supé*rieures. C'est aussi Topinion qui a été émise pmr M* Buvignier, qui Tassimile à son calcaire siMensdes Ardennés. Je serais même porté à rajeunir encore nn peu pbn le grés ^d'Hettange, en le relevant jnsq n'au niveav du macfffno d'Auàan^, que je considère comme i^équivalent de mon ^ès média^Uasique, ainsi que je IHii'exprimè dans mon tableau synoptique. Au surplus, ce n'est pas de ce point là qu'il s'agit en ce moment; mais <il serait sans doute facile & décider, si l'on suivait piedè pied, ce que je n'ai pas eu le loisir de &ire, les couches dl^Hettange et de Boust jusqu'aux approdies du grés de Luxembourg.

TeUe eil dooc la solution qui me paraît ponvoir elfe proposée dans l^lal actad de la question, au point de vue straligilipUqae ; mais il n^en reste pas moins une difficulté grave au point de Tue paléontologique, et il impute de préciser aussi en quoi elle consiste»

Il y a d^abord un point hors de controferse. C'est qu^on n^a pas trouyé de Gryphœa arcuaia dans le grés d'Hettmigoy et M. Terquem dit lui-même que la faune de ce grès a un caractère Sf^écial. Gela n'empêehepas quHl n^j existe bien certainemeni des fossHesinfra-Iiasiques ; mais il y si»rait à âiscuter si ces fossil'es4Â. ont bien ime valenr caradéristique. Cette discussion, Je le reconnais^ n'est pas de nia compétence ; mais je puis cependant dire, .à Tégardde lai lama du grés d'Hettange, qui est rapportée à la £. ^igiantea, que f ai recueilli daos Toolithe inférieure une coqmUedeoegenre, que Ton ne sainrait. distinguer, sauf la couleur, de celle du grés d^Hettange. D'un autre côté, il est IréshTrai qu'on trouve en divers points autour d'Hettange, mais non engagée dans une roche, des Gryphées qu'il parait impossible de différencier de la £• arcuata, et qui ont la couleur propre au calcaire que cette coquille earacténse. Il est trésvrai aussi que J'ai rencontré des morceaux de calcaire marneux, bleuâtre, fort analogue au lias, qu'accompa* gnaient des fragments deV Ammonites stellaris, coquille considérée comme infra^liasique; mais je dois dire qu'une Bélemnite était engagée dans un des morceaux de calcaire. En tout cas je n'ai pu réussir à voir ce calcaire en

(«6) place, at il est notoire qall n^ a point, près A^HMangey d^expioilalioB de celte pierroi qui est h oonmie el si reeherohée poor les pnpriélés hydianli^ltes ie la diaoK qa^elle produit.

Qaoi qa^il en soit de -celte diflieidté dont je reconnais rimporlanee, il est cepaidant bien entendu que si le £iît straligraphiqoe était partout aussi nettement aNCcnsé que dans le talion de fioust, la paléontologie n^anrait pins qn^ft renregistrer* Car, s^l appartient souvent i la paléontologie de pirononcer sur Tàge relatif des couahes, ce n^est tonjonrs qu'à défanl de TolMervation directe de la continnUé de ces couches, à défini du mojen de dassèment rigoureux, géométrique^ que fiMvmt la siinligraphie, et provisoirement en quelque sorte. JAa même que dans Tordre des lois civiles, si j'ose fidre cette comparaison, é défiiut de rade de naissance ponr constater Tàge d^une personne, on consulte la notoriété; mais que cet acte de naissance vienne, plus terd, à être retrouvé, et c^est lui seul qui ixera rage, quoi qu'ait pu dise la notoriété.

SUR

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