‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 51 sur 57 · QUE PREND QUELQUEFOIS LE PUS · texte numérisé non relu

QUE PREND QUELQUEFOIS LE PUS

Les changements chimiqiies qu^épvoai'iiit les hoiMura animales sons iMnflaraee des «Ibis atorbides, en piodaU sant des combinaison» qai n^exislent pas dans TAUt norw mal , onl dû fixer d^oîs longtemps l'attention des mé« deeins. Pour expliquer ces phénomènes^ ils invoqvèrenl les secours delà chimie^ à une épo^e o^ oelte scianc^, à peine sortie dh berceaa, ne poqyail les conduire qa?4 des théories imaginaires, souvent dai^enttses, qui lom^ de contribuer au progrés de Fart médical en ont aa^coo* traire retardé la marche.

Malgré les découvertes que la science chimiipie a fidies de nos jours , il fiiut en convenir, elle n^est pas encore en état d^xpliquer d^une manière satisfiiisante la formation de ces produits si variées que font naître les maladies, ni leur liaison avec ces dernières, de manière à ce que Ton puisse en tirer des inductions caratives de quelque valeur. Ce n^est pourtant pas une raison peur négligar Pétuda de ces productions singulières. C'est

pourquoi j^ai cni devoir eunritier ceHe qui eolore asseas souveni le pas en bleu, couleur attribuée sans preuves suffisantes à une prodadion de bien de l^russe.

M. le docteur Edmond Simonin, dont le zèle inlEatigable et les talents lui ont acquis un rang si distingué parmi les praticiens, avait déjà eu occasion d^observer un trés^and nombre de fois du pus bleu. Il m^a remis dernièrement, pour Texaminer, du linge très-blanc qui en était imprégné. Ces empreintes , dans leur état de dessiccation, étaient d^ime belle couleur bleu d^azur plus foncée, tirant un peu ao verdàtre.

Pour en isoler le principe colorMt, je les irii mses en macération dans de Faleool froid , qui n^a pas tardé à prendre une belle couleur bkne. Cette diss<^tion éva* posée a fourni un résidu^ lequel, repris avec us peu d^eau j s'j est dissous presque en lotaUté , sauf une tfé»-peiile quantité de matière grasse jimsAIré^ «La dissoirilievi aqueuse^ évaporée i une douce chateiRr, a llnsièle principe oolorant.

Ainsi obtenu , il est du plus beau bleu aveenne lé^ gère nuance verdàtre.

Uestinaist^isable, satire rbumidilé, tr<SHK)lifMe dans Teau et dans Palcool ; insoluble dans Téâier.^ftrposé à Pair et à la lumière, il verdit peu è peu en pre^ nant une nuance sale. Dissous dam' Teau et appliqué sur du papier roup par le ttamesol, il le colore en bleu ; mais cette couleur n^est que superficielle, car elle disparaît par le lavage, en aorte que le papier de tter-* nesol reparait rougi comme auparavant.

Les acides les idiis affaiblis, en s^unissani à cette ma« liére colorante bleue, la font passer instantanément au rouge yif ou au rose, à peu prés eonme avec la teinture de tournesol; mais celle*ci est décolorée par Facide sulfureuxi ce qui n^a pas lieu avec la matière colorante du pus bleu*

Mélangée à une dissolution d^alnn, la liqueur rouge qui en résulte produit une laque Ueue par les carblonates alcalins.

Les alcalis ne paraissent fiiire prouver aucune alté-* ration appréciable à cette matière colorante.

On pourrait aussi obtenir le principe dont il s^agit, en plongeant le linge imprégné de pus bleu dans de Peau rendue légèrement aigrelette par un peu d'acide sulfu* rique affaibli ; il en résulte, une liqueur rouge trouble, et cependant, malgré les layages réitérés, ce linge conserve encore une teinte rosée.

Abandonnée au repos, la liqueur rouge obtenue laisse déposer âicilement un précipité blanc abondant de ma«» tiére animale ; chanffîe ensuite avec un peu de carbonate de chaux, elle reprend sa couleur bleue prinntiTe ayec une nuance un peu verdàtre , qui parait lui être naturelle.

J^avais d^abord cru cette matière colorante anabgue à celle que f ai désignée sous le nom de cyanourine (i) ; mais ses propriétés physiques et chimiques sont sens!--

(1) Àtmahs de ehmie el de pAynçiM» !'• série, toaie 29.

blement différentes. Ba raison de sa grande allérabililé et de la manière dont elie se comporte ayec les rtactils) Je lie puis mieux la comparer qu^l cerùânes matières colorantes bleues on purpurines de la corolle dans on grand nombre de plantes, lesquelles couleurs, diaprés Lamardc, seraient aussi produites sous une influence maladiTC. En effet, ce célèbre naturaliste a admis dans les fleurs, dès leur naissance, un état morbide, qu^il a comparé à celui des colorations automnales que les feuilles acquièrent sur la fin de leur tie*

Bn communiquant i H. Bdmond Simonin les redier* cbes qui précèdent, il m'a fidt part d^une brochure quHl venait de receToir, sur la suppuration Meuo, par Mé Pétrequin, exH^birurgien en chef de THMel-Dieu de Lyon, qui a fitit, conjointement ayec M. Burin du BuiS'> son, plusieurs expériences diaprés lesquelles il er^t de^ voir attribuer la coloration du pus vert A du sulftire de fer et pettt*èfre i du sulfiire alcalin* La coloration bleue lui a offert des caractères bien difléreats ; il a en eflet remarqué que les pièces de pansement, plongées dans Teau, lui communiquaient une b^lle couleur bleue, 1»^ quelle était décolorée par le dUore, passait au rouge, par Tacide nitrique , et redeyenait bleue avec Tammo* niaque. HM. Pétrequin et Burin du Buisson, cherchant A fficpliqaer la cause de cette couleur, ont pensé qu^^elle pouvait être due à la révivification de I9 pféparatiott employée pour passer au bleu le linge lessivé ; mais cette hypothèse ne parait pas soutenable*

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