‹ Mémoires de l'Académie de StanislasChapitre 161 sur 180 · HIT · texte numérisé non relu

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L’entérite avec diarrhée et la dyssenterie ont été trèsrépandues pendant les mois de juillet et d'août ; enfin, en novembre et en décembre les phlegmasies thoraciques ont paru de nouveau. Malgré la rigueur de l'hiver, la constitution inflammatoire peu prononcée, a rarement nécessité les émissions sanguines, tandis que l’état bilieux, par sa prédominance, a exigé dans le plus grand nombre des cas l'emploi des évacuants.

Une fièvre grave a sévi épidémiquement sur les détenus dans les prisons de Nancy, où elle a pris naissance, le 15 décembre 1854. Depuis cette époque jusqu'au commencement du mois de mars suivant, date de sa terminaison, elle a attaqué 175 prisonniers, dont 24 ont succombé. D’après le rapport de M. le docteur Parisot ainé, médecin des épidémies, les principaux symptômes de cette maladie étaient les suivants : une fièvre continue avec une grande prostration des forces ; des troubles cérébraux, des hémorragies, des pétechies et un ballonnement du ventre rarement accompagné de diarrhée. L'ouverture des corps ne faisait reconnaitre dans le tube digestif qui était sain, ni gonflement, m ulcération des glandes de Peyer, Des symptômes indiqués ci-dessus et de l'absence des altérations du canal intestinal, M. le docteur Parisot conclut que la maladie qu'il a observée n’était pas la fièvre typhoïde, mais un typhus.

Nous partageons l'opinion de notre honorable confrère, sans pouvoir reconnaitre dans la fièvre épidémique qu'il décrit le véritable typhus, celui que nous avons ob-

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servé en 1813 et en 1814. Dans ce dernier, on rencontrait toutes les lésions anatomiques qui caractérisent la fièvre typhoïde, ainsi que nous avons pu nous en convaincre, et comme l'a démontré M. Gauthier de Claubry, dans son ouvrage sur l'identité du typhus et de la fièvre typhoïde. Quoi qu'il en soit, la maladie qui a régné dans les prisons de Nancy et qui ressemble beaueoup au ty phus fever des Anglais, nous parait avoir eu pour cause l'encombrement, la malpropreté et le défaut de renouvellement de l'air que la rigueur du froid faisait redouter aux prisonniers.

Une calamité, plus grande encore que la précédente, est venue, inopinément, porter le deuil et l’effroi dans notre ville et dans nos campagnes ; nous voulons parler du choléra qui avait naguère décimé nos populations.

À Nancy, un cas mortel de cette redoutable maladie s’est produit dans les premiers jours de juillet et n'a été suivi par aucun autre jusqu'en septembre. À dater du 5 dudit. mois, le fléau asiatique a pénétré presque au même moment dans tous les quartiers de la ville et y a fait de nombreuses vicümes. Du 5 septembre au 22 octobre, l'épidémie a sévi avec force ; puis elle a ralenti sa marche, les cas graves sont devenus de moins en moins nombreux jusqu’au 16 décembre, où ils ont cessé de se montrer.

Les symptômes du choléra, en 1855, ont été les mêmes que dans les épidémies antérieures, nous nous dispenserons donc d'en reproduire.la description et nous dirons seulement que, dans les cas où la terminaison a été fa-

tale, leur succession a été rapide et le mal de courte durée. |

Pendant son cours, l'épidémie a enlevé 256 individus, 103 du sexe masculin et 153 du sexe féminin. Le sexe le plus faible est, comme on le voit, celui qui a payé à la mort le plus large tribut. | … Sous le rapport des âges, les décès se sont répartis ainsi qu'il suit : |

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