IT, LANGUES FINNOISES
Dans les vastes régions de la zone cireumpolaire, nous ne trouvons aucune nation puissante. Les Esquimaux sont encore sauvages; le groënlandais n'offre rien de remarquable sous le rapport philologique, si ce n'est la richesse de ses formes grammaticales qui lui permettent,
à l’aide des modifications et des flexions dont chaque mode et chaque temps sont susceptibles, de conjuguer un verbe de 180 manières différentes. C'est en comparant cette opulence et celles de plusieurs peuples barbares à la simplicité des conjugaisons de l'anglais, du copte et du chinois, qu’on est arrivé à penser que le luxe des formes verbales n’était pas un signe certain de civilisation. — Sous la mème latitude vivent des peuples antiques ; Lapons, Finnois, Estoniens, Permiens, Biarmiens, Samoïedes, Votiaks, Vogouls, Ostiaks d'Obi, Tchouvaches et Teheremises, tour à tour opprimés par les Scythes royaux, les Goths, les Huns, les Mongols et les Russes. Ils n’ont jamais pris une part directe aux affaires de l'Europe ; ils n'ont pas encore de littérature, et cependant c’est une chose bien remarquable que la disposition innée des Finlandais pour la poésie et pour la.musique. Souvent dans l'intérieur du pays un village misérable, caché au fond des bois et des marais, voit naitre dans son sein un poëte populaire, dont les chants rustiques sont pleins de verve, de sentiment et d'esprit. La musique joue dans les légendes finnoises un rôle intéressant. On y voit les sables du rivage se transformer en diamants, les meules de foin accourir d’elles-mêmes dans la grange; les flots de la mer se calmer, les arbres se mouvoir en cadence et les ours s'arrêter avec vénération aux accents de la lyre de Waina-Moïnen, qui, saisi enfin lui-même par le pouvoir de sa magie, tombe dans une douce extase et verse au lieu de larmes un torrent de perles. Qui
s’attendrait à trouver en Finlande une image plus poétique peut-être que l'Orphée et l'Amphion des Hellènes ? Mais les Finnois furent jadis les voisins de la Grèce, leurs frères habitent encore aujourd'hui aux bords du Tanaïs, et le Caucase recèle le dernier débris de la puissante nation des Huns, chez les Lesghi-awares, on retrouve encore fréquemment le nom d’Attila, celui de sa fille Eska, de son frère Bleda, ou Boudak, et d’autres noms des familles Hunniques, Ouldin, Eslak, Dingitsik, Leel, Tsolta, Zarolta, Almous et Balamir.