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Conseiller privé à la Cour pour la Construction » i préséance sur les autres femmes., au point de vue social. dépend entièrement du rang de son mari dans la elasse
des Rat. Les personnes qui occupent un rang dans les liantes fonctions de l'Etat <>nt toujours le pas sur celles donl les prérogatives sont uniquement constituées par leurs titres de noblesse. C'est ainsi que, si un homme de loi n'a pas encore, à quarante ans, obtenu le moindre titre de conseiller, il est pris à partie par sa l'emn devient suspect aux yeux de ses parents et de ses amis. Il doit avoir une tare dans son passé. En effet, tout homme qui, à un moment quelconque, a l'ail montre d'esprit tropposition à l'égard du pouvoir — comme peuvenl le révéler les registres de la police, où la vie de tout citoyen allemand est tenue à jour — n'a pas la moindre chance d'obtenir aucune de ces distinctions honorifiques, qui ont tant d'importance dans la vie sociale en Allemagne. Le gouvernement arrive, par ce moyen, à tenir la portion intelligente de la population d'une main encore plus ferme que s'il la menaçait de la torture et du bûcher !
Les Social-Démocrates, s Y tant naturellement déclarés contre leivghn" actuel et en laveur d'une république, ne peuvent prétendre à aucune marque de bienveillance du pouvoir, puisqu'ils se sont élevés, par la parole comme par la plume, contre l'ordre établi. On les tient en les menaçant des loiulres de la loi. Les condamnations pour crime de lèse-majesté sont très fréquentes. H s'en produit presque tous les jours. Au début de la guerre, nombre de ces cas furent l'objet d'une amnistie et le Ministre de la Guerre, renonça à la mis" en jugement de pauvres hères, qui, arrêtés pour avoir osé parler irrespectueusement de l'armée, attendaient en prison l'ouverture de leur procès. Ce passage d'un livre, publié depuis la déclaration de guerre, ke montre «le la façon la plus nette :
« Dans l'atmosphère bienfaisante créée par I amnistie générale arriva la nouvelle que Je Ministre de la Guerre
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avait arrêté les poursuites intentées aux journaux accusés d'insultes contre l'armée ou certains membres de l'armée » (Docteur J. Jastrow, im Kriegszustand).
Il n'y a pas seulement le régime des Rat et le régime militaire, il y a celui des fonctionnaires, dont le nombre est prodigieux. 11 est tout naturel que, dans un pays où tant de choses se trouvent placées sous le contrôle du gouvernement, les fonctionnaires soient plus nombreux qu'ailleurs et même dans des proportions considérables. Ainsi, en Prusse, toutes les lignes de chemin de fer appartiennent à l'Etat, sauf une ligne d'un parcours de soixantedix milles et quelques lignes d'embranchement d'ordre secondaire. Cette armée de fonctionnaires dépendant de l'Etat ne se borne pas à s'abstenir de toute critique ! Les fonctionnaires influent sur leur famille et sur leurs connaissances. Comme ils relèvent de juridictions spéciales et secrètes, ils savent bien qu'en faisant montre d'indépendance, ils risqueraient de perdre leur place. Tel n'est pas., bien entendu, le cas des députés du Reichstag, lesquels, en exprimant leur opinion, n'encourent aucune responsabilité. Certains socialistes, qui savent n'avoir rien à attendre du pouvoir, profitent de la situation.
Il n'est pas de pays où la presse soit astreinte à d'aussi nombreuses restrictions. D'abord, les propriétaires de journaux sont soumis a l'influence du système des Rat, comme tout Allemand. Un propriétaire de journal doit veiller à ce que la politique de sa feuille ne soit pas un obstacle au développement de sa situation mondaine, à l'établissement de sa famille, à celle des personnes auxquelles il s'intéresse. Il se peut, en effet, que sa fille soit recherchée par un officier de marine ou par un fonctionnoire, que son fils soit candidat à un poste de juge ou de procureur, etc. Depuis la guerre, bien qiril n'existe pas en Allemagne de censure préventive, un journal ne se trouve pas moins dans le cas d'être supprimé d'office, mesure sévère, car la suppression d'un journal pendant une semaine ou même cinq jours place ce journal dans une
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situation des plus confuses et l'entraîne à des pertes matérielles considérables.
Nombre de grands journaux appartiennent à des établissements comme la maison Krupp ou sont, du moins, influencés par eux. Ainsi, au cours de cette guerre, les nouvelles d'Allemagne ont été transmises aux pays étrangers par deux services d'informations dans l'exploitation desquels l'usine Krupp est largement intéressée : l'agence d'Outre-Mer et l'agence Transocéanique. Les petits journaux sont placés sous la surveillance directe de l'Etat,
Au moyen âge, on déclarait souvent, dans les villes, une sorte de trêve pour empêcher les querelles intestines de dégénérer en luttes sanglantes. Cela s'appelait la « paix de la ville » (Burgfrieden). Au début de la guerre actuelle, tous les partis furent supposés souscrire à une sorte de Burgfrieden et ne pas chercher à obtenir aucun avantage au point de vue politique.
C'est ainsi qu'il se manifesta une indignation profonde dans les rangs des Social-Démocrates allemands, lorsqu'au printemps de 1916 on découvrit que le Ministre de l'Intérieur se disposait à établir un service d'informations en faveur des petits journaux et préparait les landrat et les autres fonctionnaires du département de l'intérieur à l'employer pour tromper le peuple, en tenant celui-ci dans l'ignorance des faits et des événements qui pouvaient nuire au régime.
Au système des Rat il faut joindre celui des décorations. L'Allemagne distribue des ordres et des décorations innombrables. Il y a d'abord Tordre de l'Aigle Noir, puis celui de l'Aigle Rouge, l'ordre prussien de la Couronne, les ordres >< Pour le Mérite », l'ordre de la Maison de Hohenzollern et bien d'autres. Chacun des vingt-cinq Etats distribue, à son tour, des ordres, des distinctions et des décorations. Ces ordres comprennent de nombreuses classes. Ainsi l'ordre de l'Aigle Rouge est divisé en première, deuxième, troisième et quatrième classe et ces
classes sont susceptibles d'être compliquées d'une couronne de laurier, d'une couronne de chêne, d'épées, d'étoiles et d'autres attributs. Les serviteurs eux-mêmes peuvent être décorés. Il leur suffit d'être restés longtemps au service de la même famille. Il en est de même des facteurs qui ont donné des preuves de probité, de certains autres fonctionnaires à qui il suffit, pour recevoir une distinction honorifique, de ne pas figurer sur les registres de la police pour s'être exprimés contre le gouvernement ou contre l'armée.
Tous les décorés sont réunis annuellement, dans un grand banquet qui a lieu à Berlin. C'est YOrdensfest. Le maître d'hôtel, décoré pour avoir servi la même famille pendant vingt-cinq ans, y coudoie le diplomate, qui a reçu l'Aigle Noir pour avoir doté l'Empire allemand d'une colonie nouvelle, et le cuisinier fidèle s'asseoit à côté de l'officier de marine décoré de l'Ordre du Mérite pour avoir coulé un bâtiment de guerre ennemi. Tout cela, dans un certain sens, est démocratique. Mais, au fond, le but réel est de remplacer le droit du peuple au vote par un bout de ruban, en amenant l'humble porteur dudit ruban à se tenir pour satisfait. On le transforme ainsi en ferme soutien d'un régime qui ne lui permet guère d'améliorer sa position ! Ce système, en raison de l'influence qu'il exerce sur les populations, est le plus complet du genre qui ait jamais été pratiqué dans aucun pays. En réalité, seuls les ouvriers des grandes villes et les paysans bornés des campagnes sont tenus hors de ses mailles.
Je possédais, dans les environs de Berlin, un terrain de chasse, où je pouvais me rendre, de l'ambassade, en trois quarts d'heure. Il me fut ainsi permis d'étudier des conditions de l'existence telles qu'elles se présentent chez le paysan. L'Allemagne est encore aujourd'hui un pays de grands propriétaires. On peut y posséder des terres par droit de mouvance, coutume abolie en Grande-Bretagne depuis un siècle. En Grande-Bretagne, le droit de propriété ne peut être maintenu sous des conditions déter-