K.MOIRES
34 LES PBEMUEliS TEMPS IVà MON jLJO'jR A. BERLIN
Le deuxième fils du Kaiser, le prince Eitel Frédéric, passe aux yeux des Allemands pour s-'èlre fort distingue dans. cette pleure. On le considère comme 1res brave. Le Prince Adjalbert, le Prince marin, a des manières lotit américaines. Au mois de février 191 i, le Kronprinz et la Kronprinzcssin, le prince Eitel Frédéric et le prince Adalbert vinrent à notre ambassade pour prendre pari à un petit bal, auquel avaient été invitées toutes les joliesjeunes filles américaines qui se trouvaient à cette époque à Berlin. Il n'est jamais d'usage d'inviter les membres de la taraille impériale. Les princes et les princesses s'invitent eux-mêmes, qu'il s'agisse d'un dîner ou d'un bal, et la liste des invités leur est toujours soumise. Le personnage princier est reçu sur le seuil de la demeure, par l'amphitryon. La fonction est remplie par la dame de céans s'il s'agit d'une princes>e.
Allison Armour donna lui aussi un bal auquel le Kronprinz assista, bal qui fut précédé d'un cliner à l'Automobile Club. Armour a eu l'occasion de faire de fréquentes visites on Allemagne et cela pondant de nombreuses années : se rendant l'été à Kiel sur son yacht et l'hiver à Corfou, où l'Empereur avait l'habitude de séjourner. Comme il n'a jamais cherché à obtenir quoi que ce soit de l'Empereur, il avait fini par se trouver sur un certain pied d'intimité avec lui et avec tous les membres de la famille impériale.
L'ex-chancelier, von Bethmann-ïlolhveg est un homme de forte corpulence et de haute stature (il a plus de six pieds). M, de Betbmann-Holhveg appartient à une famille de banquiers originaire de Francfort. Il est encore trop tôt pour apprécier son rôle dans cette guerre de façon équitable. Quand j'arrivai à Berlin, les fonctions de AliftistçG des All'aires Etrangères étaient confiées à M. de Jagow., fonctions que celui-ci retint jusqu'au mois de novembre KM 6. Il avait occupé le poste d'ambassadeur en Italie et l'on avait dû lui forcer la main pour l'amener à accepter celui de Ministre des Affaires Étrangères. Le
sous-secrétaire d'État était Zimmermann, lequel prit la succession de von Jagow quand celui-ci fut pour ainsi dire contraint d'offrir sa démission. Par ses manières simples et cordiales et ses allures démocratiques, Zimmermann sut se concilier les bonnes grâces des ambassadeurs et celles des députés du Reichstag mieux que n'avait pu le faire von Jagow qui, par son aspect comme par ses manières, offrait le type de l'ancien diplomate tel qu'on nous le représente encore sur la scène.
M. de Jagow n'était guère orateur. L'agitation qui se manifesta contre lui fut provoquée par des mécontents, qui estimaient qu'il répondait mollement aux interpellations du Reichstag et n'apportait pas assez d'énergie dans la défense du gouvernement. M. de Jagow ne cultivait aucun membre du Reichstag et sa santé délicate ne lui permettait guère de rien entreprendre en dehors des devoirs de sa charge. A vrai dire, j'estime que von Jagow possédait sur les nations étrangères un jugement plus sûr que celui dont disposait Zimmermann et qu'il avait mieux pénétré la pensée du peuple américain sur cette guerre. Je croyais m'être concilié la sympathie personnelle de von Jagow et de Zimmermann et fus, par conséquent, surpris d'une façon plutôt désagréable quand je lus dans les journaux que Zimmerman avait déclaré au Reichstag qu'il avait été forcé, par raison politique, de rester en termes amicaux avec moi. J'aime à penser que ses paroles ont été rapportées d'une façon incorrecte. Von Jagow, après sa chute, prit la direction d'une ambulance à Liban, sur le territoire russe envahi. Ce détail montre le juste sentiment que la classe noble en Prusse a du devoir et l'empressement qu'elle met à se charger de n'importe quelle besogne, si humble soit-elle,, lorsque sa participation est appelée à être de quelque utilité au pays s
Un curieux exemple du soin apporté par les Allemands
a l'exposé des moindres détails concernant les règlements a observer
dans les présentations a la cour.
'21m 9JîittH»orf), bcit 4. 3-curiNU- b. %., toirb bci Sljrcn flaifer[id;cii unb ftbniglicfycn SHajeftntcn un SScijjeu ©aalc be3 îl ô 11 iglic^cii Sdjtoffe» Qictfc[L"ft ciu
JBofC'ftûttiiiibtn, 311 rueldjem bic Gintabungcn burd) bic £offouriere 1111b burd; ftarten erfotgcn.*)
2)ie SDaincn fifcl;ciiicii 111 (angen aiiSgcfrfjnittcncu fllcibern (fcinc tncrcrfigcn 2tnâ= (rfjuiftc tlttb feiire (cuifleit 3(crmel), mit f;el(cn Glacé ^anbfdmljcu, bic 6c11.cn uom 3;i><t in Gala, mit lueiucn Unterïteibcrn (SîuictyofeiL <3d;uf;e unb Strûmpfc), bic §meu voni ïïiilit.ir im ^ofbalt'Stnjuge, mit Drbcnôbanb.
2>icjc»igcu $cmn, li>cld)c jur Stulcgung omet Uniform iud)t beredjtigt ftnb nnb bcmuadj frû$ci nu fd/tuai'3cu jjvacf. unb luci&cr 5traluattc crfct;iencn , l;abcn minmcfyr bic 33cfugni3, baé l>orgcfd;ricbcnc .yofiïeib 511 liage».
gùr bic 2lller[)bd;ften unb &ôd;fteu §crrfd;aften ift bie 2X n f a f; r t gerjcii S\'. llfjr vom Suftgartcif f;cr burd) j^orttif jHr. 5 bei ber 2BcnbcItvepVc unb bic 2>erf<iiiini(iiiif) im •ftiirfarftengimmer.
3)ic Dbajteu Sof=, bic Dbcr=£i)f=, bie iOijt-Dbci^Jg>of= unb bic Jpof=Gl;argen, bic 'General > itbjutautcu, bie Générale unb SSbmirafe à la suite unb bic eJ-IfigcI = ^ibjiitaiitvit Seinci ïïiajcftat, ber SMiniftcr bc*5 $bniglid;cu #aufe§ unb ber Gctjciiuc Sîabincttvrat, jcluie bic Gcfolqc bci Mcrl/bd;fttu unb ber $cd)fteii $m°fri)ûfteu îicbjncu biefclbe 2tnfabjt unb Derfainmcln fidj 11m 81/, ttfjt iiujïôni(j§jiininer; bie ©amen jtrrtcii in bic boificrtc Gntcne fin.
Me anbcren Gnftc finb ju 8 llrjr eingelabeu.
3>ie 5?orfar)rt ift:
fur bic $ûrften, bic 9)atglicber bc-5 bivloinatifdjcn Gorp» unb bie GtjcIIcujen^ciiiicii unb ferrai uom Suftgarten ber burd) "-l'ortflf jJlr. 5 bei ba 2Snibiltrcv>vc,
fur bic SDamen — fonxit fie niajl 311 ben l'prftcjjenb bc^eidjucten Gaftcii gcl;brcu — unb bie fie bcglcitcnben §crrcu boni Suftgarten I;er im "^ortnf îlr. 4, an ba ^eatertrepue, l'on ido ber Gintritt burd; ben fiapitel=2cial genommen l.uub, mitv
fur bie anbcren §errcn nom 3i\>\l unb SJÎiïitnr ton ber Sdilpfefrcibcit l;cr buiib , portai ^îr. 3 bel ber gegenùbcr ber 2Bad;c bclcgencn .ftbUcntrcpvc (Giiitiiu
burd; bie ^}ilbcr = Galerie).
$ie 33etfamui(iutg ift:
fur bie ^Jrinjen mù $rinjcffutnch au-i foui'erancn ucufurfilidjeii .^anient, faintlid;c Skimen, bic Gt;cf4 ber fûrftlicfycn unb cl;cmaU rcidjàft'anbifcbcn grnflid;cn i^aufer, bic Siptomatcn, bic 6i;jc((cn;cn unb bic tonjenben .fvimi im SBeijieu ©aalc, bic aubercn cingelabcncu $cmn m Dcr 2Bcifjen = 3aal= unb in bel Silbei* OJ a I c r 1 1.
3>ic tiorf) uor;,iii'lcl!ciiîtii înnicii ucrfnniiuclii iirfi 1111 '{(nôliaii t>ct ïïilbci ■-Qtnlcric (it!i(|ctc-3 5î un ig iniic 11 .le iimrf; ).
') (Ce luiib biiiiflcnî» cifudit, im ^cIjinbrrmiQefaUr &ie Abfnoc iiiiigfl|fii& an Dno (Obci-r|ofiiin»frl|nllnnit (xchin.uii .loifcu lu tuollrn.
Mercredi, le 4 février de cette année, Leurs Majestés Impériales et Royales donneront dans la Salle Blanche du Château Royal un bal pour lequel des cartes d'invitation seront délivrées par les Fourriers de la Cour.*)
Les dames seront en robes longues décolletées (ni décolletage en carré ni manches longues), avec gants de peau clairs, les civils porteront la tenue de gala avec sous-vêtements blancs (culotte, souliers et bas), les militaires seront en tenue de bal de Cour avec décorations.
Les messieurs n'ayant pas droit au port de l'uniforme et qui pour cette raison se présentaient précédemment en habit noir et cravate blanche ont maintenant l'autorisation de porter la tenue de Cour prescrite.
Pour les invités de rang suprême et supérieur, l'arrivée se fera vers 8 h. 1/2 au travers du Jardin d'agrément par le Portail N° 5 près de l'Escalier tournant et le rassemblement aura lieu dans la Salle des Princes-Electeurs.
Les personnes en charge à la Cour, en commençant par les grades les plus élevés, les généraux aides de camp, les généraux et amiraux de la suite et les aides de camp de Sa Majesté, le Ministre de la Maison Royale et le Conseiller intime du Cabinet, ainsi que la suite des invités de rang suprême et supérieur prendront cette même entrée et se réuniront à S h. 1J4 dans la Salle du Roi ; les dames entreront dans la Galerie boisée.
Tous les autres invités sont conviés pour 8 heures.
L'arrivée se fera :
pour les Princes, les Membres du Corps diplomatique et les dames et messieurs ayant titre d'Excellences, au travers du Jardin d'agrément par le Portail N° 5 près de l'escalier tournant,
pour les Dames — n'appartenant pas aux catégories d'invités précitées — et les messieurs qui les accompagneront, au travers du Jardin d' agrément par le Portail N° 4, près de l'Escalier du Théâtre, d'où Ventrée se fera par la Salle du Chapitre, et
pour les autres messieurs civils et militaires, au travers de l'esplanade par le Portail N° 3, et l'Escalier de l'Enfer sis en face de la Garde (entrée par la Galerie des Tableaux).
Le rassemblement se fera :
pour les Princes et Princesses appartenant aux nouvelles maisons ducales régnantes, toutes les Dames, les Chefs des Maisons ducales et des Maisons comtales autrefois régnantes, les Diplomates, les personnes ayant titre d'Excellence et les Messieurs danseurs, dans la Salle Blanche ;
pour les autres messieurs invités, dans la Salle Blanche et dans la Galerie des Tableaux.
Les dames qui sont encore à présenter se réuniront dans l'annexe de la Galerie des Tableaux (ancien Appartement des Reines).
*) En cas de refus, en est instamment prié d'en aviser par retour le Haut-Maréchalat de la Cour.
Um lO3/,» Utjt totrb rin Souper ftûtlfiiibfu ITol? Jluar \n\ 2)tflrinci"aal uub int ftôniginnen = 3'mmci';
fur bit 3l[Ierr>ôcrjften unb §ôdjften §crr[djaftcii,
unb fur bieienigen Gingelabcnen, bciien «3 befonbeia aûçjefagt luubcu luîtV,
in bcr ©djiuarjtn 2ibler=ftanuncr unb b<r Stoteit <5ammct = ftnmnur:
fur bie {toffiaatcn;
un (SJ<ubr3 bu Gorpv = SaaIc uub beu anliegenben îliiumcn: fia bie taujcuben Siimcii unb .fpmcu unb a lie fuycliten lùugcrfii £>mïH,
(3ugang ciuc Zvty\K twfcr ftbrr tW JÏBcific Sanhïïcpbc)'
un SkauufdiiucigiidKMi B.aal, m bcv ^raunfdjtunqifdjen ffioltrie, m bcv ÎWuuii» fditofigijdjfii tfn murer, m Dru Jîiuilgiii = (Sïifal»ellj flammcui uub -3i5of;nilitçj unb i\n (î lilabe tl; - <Saa {
fuv bit nuficrbem Gingelabencn.
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^«rlm ben 31. ^anuar 1914.
Pcr (Dbivbop uni) f)aiis-2narfd?ali ftretfjerv t>ou fHeifdjadj,
2JW j»r 2lbljoluita, (oniiiicnticu BPitgtu tartoi um «oui <sd)lofjvInn l)cr emri) bu f^HMIr s .iu3 II ■ — '" f>K -2dj!pfjbc>fc eiiifnljn-ii
Ch souper sera servi à 10 h. 314.
dwis la Salle de la Marine et dans la Salle des Reines :
pour les invités de rang suprême et supérieur et ceux qui seront conviés particulièrement :
dans le Cabinet de VAigle-Nàîr et du Velours rouge :
potir les gens de la Cour ; dans la Salle des Gardes-du-Corps et les pièces adjacen'es : pour les Dames et Messieurs danseurs et pour les jeunes Gens seuls.
(entrée un escalier au-dessous de l'escalier de la Salle blanche) dans la Salle de Brunswick, dans la Galerie de Brunsnick. dans le Cabinet de Brunswick, dans le Cabinet et l'Appartement de la Beine Elisabeth et dans la Salle d'Elisabelli. pour les autres invités.
Fin de la fête vers 12 h. 112.
Le départ s'effectuera à volonté soit par l'escalier tournant, soit par le Portail n° 4 près de l'Escalier du Théâtre dans la direction ilv Jardin d'agrément, soit par la Galerie des Tableau.r, escalier de l'Enfer, puis le Portail N" 3 et l'esplanade.
Berlin, le SI janvier 191 i.
Le Grand Maréchal de la Cmtr Freiherr von Reischach.
Les voitures qui viendront chercher les invités n'auront accès à la cour du Château que par les portails I et II en venant de la Place du Château.