‹ Mémoires de l'ambassadeur GerardChapitre 31 sur 51 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Les premières journées le la Guerre :

Politique et Diplomatie.

Au début des hostilités, je restai quelques jours sans pouvoir communiquer avec les Etats-Unis. Mais nous établîmes bientôt une communication directe: d'abord, par l'Italie ; et, plus tard, par le Danemark. La transmission des càblogrammes entre Washington èl Berlin et entre la capitale allemande et la capitale américaine a toujours pris une moyenne de deux jours. Après la chute de Liège. M. de Jagow me lit appeler et me demanda si j'étais disposé à transmettre, par l'intermédiaire de la Légation Américaine, une offre de paix à la Belgique et une indemnité, à la condition qu'aucun nouvel obstacle ne fût opposé ail passage des troupes allemandes à travers la Belgique. Comme cette proposition était, en somme, une offre de paix j'en assumai la responsabilité et j'expédiai la note Au gouvernement allemand à notre Ministre à La Haye pour être transmise à notre Ministre en Belgique. Le docteur Van Dykc, notre Ministre à La Haye, refusa de se charger de la transmission et retourna la note allemande au Ministre des Affaires Etrangères de Hollande, et la proposition parvint, par cette voie, au gouvernement belge. Le département de l'Etat me transmit par câble un message adressé par le Président à l'Empereur, message où le Président déclarait que le gouvernement i\".< Etats-Enis était prêt à agir à n'importe quel moment en médiateur entre les puissances en guerre <'t me chargea de présenter cette proposition à l'Empereur. Je sollicitai donc une audience du Kaiser. Eue lettre du

LES PREMIÈRES JOURNÉES DE LA ftUERRE 163

premier maréchal de la Cour m'annonça que l'Empereur allait me recevoir au Palais de Berlin, le 10 août, dans la matinée. Je pénétrai en auto dans la Cour du Palais et, à ma descente, Je fus conduit vers une porte qui s'ouvrait sur des degrés conduisant à un petit jardin. Ce jardin, dont la surface est de quarante à cinquante mètres carrés environ, s'étend sur le quai de la Sprée, dont les eaux baignent le palais impérial. Comme je descendais les marches, je vis l'Impératrice qui s'avançait, accompagnée de sa fille, la duchesse de Brunswick. Toutes deux s'arrêtèrent et me serrèrent la main en m'adressant quelques mots de politesse.

Je trouvai l'Empereur assis devant une table de jardin, une table de fer, peinte en vert, sur laquelle s'ouvrait un vaste parasol de toile. Il avait des formules télégraphiques éparses devant lui. Sur le gravier, deux petits bassets allemands se chauffaient au soleil. J'exposai à, l'Empereur l'objet de ma visite et nous eûmes une conversation générale sur la guerre et l'état des affaires. L'Empereur prit quelques-unes des formules télégraphiques de grand format qui se trouvaient sur la table devant lui et écrivit, au crayon, sa réponse à l'offre du Président. Bien entendis je transmis cette réponse sur l'heure au département de l'Etat, par câble (1):

Personnelle au Président des États-Unis,

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