‹ Mémoires de l'ambassadeur GerardChapitre 32 sur 51 · VJI · texte numérisé non relu

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1. S. A. R. Le prince Henri a été reçu, à Londres, par Sa Majesté le roi George V, qui l'a autorisé à transmettre

(1) Note des éditeurs anglais : Cette dépèche parut pour la première fois en Angleterre dans le Daily Telegraph de Londres. Le directeur du journal anglais accompagna cette publication de la déclaration suivante : « Nous avons la plus haute autorité pour affirmer que l'allégation représentant ces déclarations comme ayant été faites au Prince Henri par Sa Majesté le Roi est absolument sans aucun fondement. »

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verbalement la nouvelle que l'Angleterre demeurerait neutre si une guerre éclatait sur le continent entre l'Allemagne et la France, l'Autriche et la Russie. Ce message me fut télégraphié de Londres par mon frère à la suite de sa conversation avec Sa Majesté le Roi et me fut répété de vive voix le 29 juillet.

2. Mon ambassadeur à Londres transmit à Berlin un message de sir E. Grey, déclarant que l'Angleterre interviendrait au cas seulement où la France semblerait devoir être écrasée par l'Allemagne.

3. Le 3o, mon ambassadeur à Londres informait que sir Edward Grey lui avait dit, au cours d'une conversation « privée », que, si le conflit restait circonscrit entre la Jtyssie — non la Serbie — et ï Autriche, l'Angleterre ne bougerait pas, mais que, si nous nous mêlions à la dispute, elle prendrait de promptes décisions et des mesures graves, c'est-à-dire que, si je laissais l'Autriche, mon alliée, dans la situation difficile de combattre seule, l'Angleterre n'interviendrait pas.

4. Cette communication se trouvant en contradiction directe avec le message que le Roi m'avait fait transmettre, je télégraphiai le 29 ou le 3o à Sa Majesté la remerciant des propos bienveillants qu'elle m'avait fait tenir par mon frère et lui demandant avec instance d'empêcher la France et la Russie, ses alliées, de se livrer à aucun préparatif d'ordre militaire tendant à troubler mon œuvre de médiation, l'informant en outre que j'étais en communication constante avec Sa Majesté le Tsar. Le Roi, dans la soirée, eut l'amabilité de répondre qu'il avait donné l'ordre à son gouvernement d'exercer toute l'influence dont celui-ci disposait auprès de ses alliés pour les empêcher de prendre aucune mesure militaire pouvant ressembler à une provocation. Sa Majesté me demandait en même temps si j'étais disposé à transmettre à Vienne la proposition britannique suggérant la prise de Belgrade et de plusieurs autres villes serbes, ainsi que celle d'une bande de territoire, par l'Autriche, en manière de « mainmise » 'en français dans le texte) afin de s'assurer que les autres promesses serbes formulées par écrit seraient réellement remplies. Cette pro-

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