‹ Mémoires de l'ambassadeur GerardChapitre 49 sur 51 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

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Les Allemands prétendirent que j'avais dupé et berne' le Ministère des Affaires Etrangères et le gouvernement en les empêchant de se servir pendant deux ans de leur moyen de combat le plus effectif. Ceci, bien entendu, n'est pas exact. J'ai toujours dit la vérité au Ministère des Affaires Etrangères, simplement et en toute franchise, et l'événement a montré que j'avais indiqué exactement l'attitude que l'Amérique allait adopter. Notre jeu national, le poker, nous a valu à l'étranger une réputation peu équitable. On croit toujours que nous faisons du bluff. Il a paru en Allemagne un livre consacré à notre Président sous ce titre : Le Président Bluff ! Je regrette que les autorités allemandes aient jugé que les avis de certains correspondants germanophiles, qui vaticinaient au-dessus des ambassadeurs, étaient plus dignes d'être écoutés que ceux des représentants autorisés des Etats-Unis. J'ai quitté l'Allemagne, la conscience claire, certain d'avoir fait tout mon possible pour maintenir la paix.

Il n'appartient pas à l'ambassadeur d'une puissance de déterminer la politique de cette puissance. Un des premiers devoirs qui lui incombent — si ce n'est le premier — est de tenir son pays au courant de ce qui se passe, de pénétrer les intentions de la puissance auprès de laquelle il est accrédité et je crois avoir réussi à donner au département de PEtat des renseignements anticipés sur certains actes auxquels les dirigeants de l'Allemagne se sont décidés. J'étais soutenu par un personnel loyal et dévoué, composé d'attachés et de collaborateurs capables,

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