‹ Mémoires de l'ambassadeur GerardChapitre 7 sur 51 · G4 LES OCCUPATIONS DIPLOMATIQUES DE MON PREMIER HIVER · texte numérisé non relu

G4 LES OCCUPATIONS DIPLOMATIQUES DE MON PREMIER HIVER

surprise qu'elle disait avoir éprouvée en constatant que l'Amérique tolérait des exportations de munitions à l'adresse des Alliés et déclara, avec le plus grand sérieux, que l'Allemagne avait fait tout son possible pour gagner les bonnes grâces de l'Amérique : que Roosevelt avait eu le privilège de passer en revue les troupes allemandes, que les Américains en visite à Kiel sur leurs yachts avaient été invités à diner par l'Empereur et que des professeurs américains avaient môme eu l'insigne honneur de voir l'Empereur se déranger pour venir assister à leurs conférences! Il n'existait avant la guerre qu'un seul câble direct entre l'Allemage et l'Amérique. Ce câble était la propriété d'une Compagnie allemande et était relié à l'Amérique par les îles Açores. J'essayai d'obtenir que la « Western Union Company » fût autorisée à installer un câble en Allemagne ; mais la Compagnie allemande, qui entendait garder son monopole, s'y opposa et réussit à faire ajourner la demande de la « Western Union », demande qui finit par être classée. Lorsqu'on août 1914, après l'ouverture des hostilités, j'eus l'occasion d'en parler à Ballin, l'associé de la Compagnie de Navigation Maritime Hambourg-Amérique, et à von Gwinner, le directeur de la Deutsche-Bank, tous les deux se rendirent compte de l'économie, que, dans les circonstances nouvelles, un câble américain établi sur le territoire allemand aurait assurée aux compagnies qu'ils dirigeaient et à l'Allemagne en général, et entrèrent dans une violente colère contre le gouvernement allemand, qui avait ajourné l'offre d'une façon si inopportune. Je reçus, peu de temps après, du Ministre des Affaires Étrangères une lettre par laquelle le gouvernement accordait l'autorisation demandée par la « Western Union Company », à la condition que le câble fût relié directement à l'Amérique. L'autorisation arrivait trop tard et, en présence de la situation créée par la guerre mondiale, la « Western Union » s'abstint tout naturellement de mettre cette autorisât ion à profit,

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