villars à Pomponne, 13 juin
xxxviij Introduction.
soulevée : il en craignait les suites pour ses propres desseins : il étudiait alors une attaque du Milanais, impossible sans une entente complète avec la Savoie : cette entente lui était nécessaire : était-elle possible avec la présence irritante de Mme de Villars? Le Roi commençait à en douter, mais ne voulait pas encore le dire : il n'exigea pas le retour immédiat de Mme de Villars, tout en laissant entendre qu'il pourrait être amené à le conseiller. Mme de Villars répondit elle-même au ministre. Sa lettre mérite d'être reproduite en entier :
A Monsieur de Pomponne , Ministre et Secrétaire d'ÉtalK
Ce 1 1 septembre [1677] à Turin.
Je n'ai point voulu me donner l'honneur de vous écrire, Monsieur, tantaue j'ai été incertaine de ce que vous répondriez à M. de Villars sur la proposition de mon départ, quoique je ne fusse guère tranquille de la décision que vous en pouviez faire, à la quelle serez obéi sans réplique si vous l'aviez ordonné et jugé à propos. Je serais bien tentée de vous dire. Monsieur, qu'en vérité il n'a été ni ne peut être à l'avenir de nulle nécessité, mais M. de Villars ne veut pas avoir la moindre chose à se reprocher sur ce qui peut regarder le service du Roi et la satisfaction de Madame Royale. Il y a quelques jours que cette princesse me fit l'honneur de me prier à une fête que l'on lui donnait, et comme elle dura longtemps et que j'avais beaucoup de commodité de l'entretenir, je tombai insensiblement sur mon voyage de France et sur l'appréhension que j'avais que non seulement elle l'approuvait mais que