villars d'après sa correspondance ^ Pion
Introduction. Ixxiij
la Cour, et y passa les dernières années de sa vie, défendant les intérêts de son fils contre la malveillance de Louvois, donnant l'exemple d'une pauvreté noblement supportée, recueillant les témoignages non équivoques de l'estime et du respect de tous. Louis XIV mit le sceau à cette situation honorée en donnant à Villars le cordon bleu (5 1 décembre 1688), sans s'arrêter aux lacunes de son arbre généalogique. Le conseil de l'Ordre, s'il faut en croire Saint-Simon, cria au scandale, les chansonniers rimèrent la fortune inattendue du nouveau chevalier ; le hasard se mit du côté des rieurs en suscitant à la cérémonie de sa réception un incident burlesque. On se rappelle le récit plaisant que fit Mme de Sévigné ' de cette scène ridicule; on voit d'ici « M.- de Montchevreuil et M. de Villars accrochés l'un à l'autre d'une telle furie, les épées, les rubans, les dentelles, tous les clinquants, tout se trouvant tellement mêlé, brouillé, embarrassé, toutes les petites parties crochues si parfaitement enlacées, que nulle main d'homme ne put les séparer : plus on y tâchait, plus on brouillait, comme les anneaux des armes de Roger; enfin toute la cérémonie, toutes les révérences, tout le manège demeurant arrêté, il fallut les arracher de force, et le plus fort l'emporta » .
Nous laisserons Saint-Simon s'indigner, les rieurs s'esbaudir, et nous admirerons l'esprit de justice et l'esprit de gouvernement de