I . Sur ces chasses dans les toiles, voir les Notes
choses qui pussent réussir afin de ne point commettre son crédit.
Elle auroit eu plus de sujet d'être mal satisfaite du premier ministre dans l'affaire de la connétable Colonna', qui fut enlevée alors de Madrid sur un ordre du Roi et menée prisonnière au château de Ségovie, contre la parole expresse que le ministre avoit donnée à la Reine, par la duchesse sa femme, qu'on ne feroit rien contre la Connétable tant que la Cour seroit àl'Escurial. Cette dame, nièce du cardinal Mazarin, avoit relevé la maison Colonna par les grands biens qu'elle avoit tirés de la fortune de son oncle. Elle avoit demeuré à Rome plusieurs années avec son mari dans toute la liberté de France; elle pouvoit être la femme d'Italie la plus heureuse, si son inquiétude naturelle et peut-être quelque souvenir de France un peu trop vif pour son repos lui eussent permis d'en jouir. Elle abandonna d'elle-même ce bonheur, s'enfuit de Rome, s'embarqua avec la duchesse Mazarin^ sa sœur, passa en France où n'ayant pas eu la liberté de venir à la Cour, elle alla
1 . Marie Mancini, nièce de Mazarin, née à Rome en 1640, mariée le 1 1 avril 166 1, au Louvre, à Lorenzo Onofrio Colonna, grand connétable de Naples, morte, dit-on, à' Madrid en mai 171 5. Sur sa vie, il faut lire les Véritables Mémoires de Marie Mancini, réimprimés par Georges d'Heylli, Paris, 1881, in- 12, ouvrage où ont été résumées les recherches de MM. Amédée Renée et de Chantelauze. D'après J. Yaiîez (Memorias para la historia de don Felipe II!, Madrid, 1723, p. 65), les mémoires de la Connétable furent traduits, à sa prière, en espagnol, par Pedro Pablo Billet et imprimés à Saragosse en 1677.