‹ Mémoires de la cour d'Espagne de 1679 a 1681;Chapitre 66 sur 77 · I. La marquise de Villars écrit à la date, du 23 janvier · texte numérisé non relu

I. La marquise de Villars écrit à la date, du 23 janvier

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première qui fût arrivée à un homme de ce rang depuis le ministère du duc de Médina Celi, que beaucoup de gens ne croyoient si hardi pour une résolution de cette nature, et l'on ne douta point que don Jerônimo d'Eguya n'en fût l'auteur; mais, quelque considérable que parût le comte de Monterey, il y avoit peut-être moins de risque à le maltraiter qu'un autre de moindre mérite. Tout le monde lui étoit contraire parce que tout le monde le craignoit; il se trouvoit exposé à l'envie des courtisans, la plupart gens indignes qui n'appréhendoient rien tant que de lui voir du pouvoir, persuadés qu'il en useroit avec hauteur. On l'avoit également fait haïr et craindre du Roi et de la Reine mère, à qui il avoit manqué du temps de don Juan après de grandes obligations; ainsi ne pouvoit-elle que lui garder un grand ressentiment, et, à dire le vrai, je ne sais si on pouvoit s'assurer de trouver en lui autant de probité que d'autres qualités dignes du gouvernement.

Le duc de Pastrana, son beau-frère, n'attendit pas que la disgrâce vînt jusqu'à lui, et, soit qu'il eût été découvert par Vibanco, ou qu'il crût de l'être, il prévint les suites dans une dénonciation semblable à celle qu'avoit faite r Amirauté; il découvrit ce qu'il y avoit eu de plus particulier dans les liaisons de la

1681 : « Le comte de Monterey a été exilé de cette cour, il y a quatre ou cinq jours. On ne dit point pourquoi. Je ne le puis comprendre, si ce n'est qu'il est le plus honnête homme du monde et le plus propre à bien servir son roi. » (Lettres de madame de Villars, p. i6i.)

dernière cabale avec ses parents et ses amis, et, sous un ministre également foible et méprisé, il fit voir jusqu'où peut aller la bassesse d'un grand seigneur quand il a moins d'esprit et d'honneur que d'orgueil et d'intérêt. Ses deux frères suivirent son exemple, et tous trois parurent dans la suite les plus passionnés partisans du premier ministre.

Le prince d'Astillano, qui avoit eu part à cette intrigue, n'en eut point à la disgrâce dont elle fut suivie pour quelques-uns, soit que l'on méprisât le mécontentement d'un homme paresseux ou inappliqué, comme il étoit, ou que peut-être on le crût déjà assez puni par la perte de sa charge de président du Conseil de Flandre, que le comte de Monterey avoit obtenue peu auparavant à son préjudice.

L' Amirauté, pour se disculper dans le monde, répandit qu'il n'avoit point été de luimême trouver le Roi, mais que le Roi, averti d'ailleurs des moindres particularités de ce qui se passoit, l'avoit envoyé quérir et l'avoit pressé de manière qu'il s'étoit trouvé contraint d'avouer ce qui le regardoit, que, cependant, il avoit sauvé ses amis autant qu'il avoit pu et que l'affaire le permettoit. Le duc de Pastrana nioit de même que sa confession eût été volontaire, et vouloit faire comprendre que s'étant confié à don Sébastian Vibanco, que son poste de secrétaire de la chambre et quelques faveurs approchoient du Roi, Vibanco l'avoit découvert et mis hors d'état de pouvoir rien nier; mais on étoit persuadé que s'ils avoient eu l'un et l'autre plus d'honneur et moins de crainte,

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ils auroient pu se soutenir et ne point sacrifier leurs amis.

Comme le marquis de Mancera n'avoit point paru dans toute cette affaire où l'ambassadeur d'Allemagne agissoit pour lui, il en évita la disgrâce, lui qui auroit pu dans le succès espérer autant d'avantages qu'un autre. On ne vit point le Connétable s'intéresser à tout ce mouvement, quoique plus ambitieux et peut-être plus mal content que personne; il jugea bien que l'intrigue n'avoit pas assez de fondement pour en espérer de bonnes suites, et, si elle avoit pu réussir pour le rétablissement d'une junte, il se tenoit assuré d'être le premier homme qui y entreroit sans avoir besoin de le briguer.

Le duc de Veraguas continuoit toujours à vouloir se justifier de son affaire de Valence. Il avoit demandé des juges, et, comme il fut renvoyé au Conseil d'Aragon, il y présenta un mémoire en termes assez forts, où faisant paroître l'innocence de sa conduite et l'injustice de sa révocation, il demandoit à être rétabli dans sa vice-royauté. Ce mémorial acheva de le perdre; de sorte qu'au commencement du mois de février, il reçut un ordre pareil à celui du comte de Monterey de s'en aller à ses terres d'Andalousie. On lui donna huit jours pour se préparer à son départ, mais il ne put obtenir d'aller dans une autre province où il n'y eût point de peste. Cet exemple parut rigoureux contre un homme qui ne demandoit qu'à se justifier, dans un pays où l'on voit, tous les jours, des vice-rois dignes

de perdre la tête Justifiés et même récompensés par un usage qui semble être passé en une manière de loi. Mais on avoit tellement prévenu le Roi sur cette affaire que la Reine lui demandant s'il étoit vrai que le duc de Veraguas fût exilé, il répondit que oui et qu'on chasseroit de même tous ceux qui en parleroient.

Peu auparavant le duc d'Ossone étoit tombé dans une disgrâce qui n'avoit rien de commun avec les précédentes et dans laquelle personne ne le plaignoit, parce qu'il se l'attira par la même conduite qui lui a fait des affaires dans tous les états où il s'est trouvé. Il négligeoit beaucoup sa charge de grand écuyer de la Reine, et n'avoit seulement pas daigné la suivre à l'Escurial, de sorte qu'au retour le Roi le fit avertir qu'il eût à servir avec plus de soin; depuis il lui fit déclarer par un billet du secrétaire d'État que, s'il ne servoit mieux, on disposeroit de sa charge en faveur d'un autre. Peu de jours après cet avertissement, il y eut une grande comédie au Palais, où le Roi défendit qu'on se mît sur le théâtre. Le duc d'Ossone, qui en étoit averti comme le reste de la cour, eut la hardiesse de s'y placer comme pour braver la défense, mais, au sortir, il reçut un ordre de n'entrer plus au Palais ni au Conseil d'État. Deux mois après, il fut rétabli dans toutes ses fonctions à la prière de la Reine.

Lorsque le premier ministre rompit avec la Reine mère, il paroissoit assez le maître de la personne et des sentiments du Roi , qu'il

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tenoit enveloppé par un confesseur tout à lui et par don Jerônimo d'Eguya, les seuls qui pouvoient voir ce prince dans tous les moments et avoient un empire absolu sur son esprit. Les officiers, qui approchoient sa personne, suivoient cette dépendance, et si quelques-uns des gentilshommes de la chambre, qui servent chacun leur jour, étoient dans des intérêts contraires, ils n'osoient parler, peur de se perdre.

Dans cette situation, il étoit facile de donner des impressions au Roi; l'on eut moyen de lui renouveler les anciennes aversions contre la Reine mère, attribuant aux suites de sa régence les désordres de l'État, et comme il est ordinaire de ne point aimer ceux qu'on a outragés, on le faisoit entrer dans ce sentiment en lui persuadant qu'elle ne pouvoir oublier ce qu elle avoit eu à souffrir du temps de don Juan, sous le nom et sous les ordres du Roi. Cette princesse, naturellement peu ambitieuse, rebutée d'ailleurs du génie malhonnête de son fils, ne pouvant compter sur celui de la Reine où elle ne trouvoit que de la bagatelle et de l'enfance, aima mieux abandonner les choses que de s'exposer à de nouveaux embarras , dans un temps où tout paroissoit sans remède; ainsi il parut que, dans la suite, elle ne pensoit plus qu'à vivre retirée dans son palais, d'où elle ne sortoit que pour rendre des visites d'honnêteté au Roi et à la Reine, sans se mêler d'aucune affaire.

Pour tenir le Roi de tous côtés, il restoit

au premier ministre d'avoir la Reine dans ses intérêts ou au moins de la séparer de la Reine mère. Dans cette vue, on aigrissoit le Roi sur beaucoup de petites choses dans lesquelles cette jeune princesse, faute d'une application assez exacte à s'observer elle-même et les autres, pouvoit donner lieu aux impressions que l'on vouloit faire prendre au Roi contre elle. En même temps on tâchoit à la prévenir elle-même contre la Reine mère; on l'alarmoit sur ses desseins, qu'elle continuoit toujours dans l'espérance de faire réussir un jour le mariage d'Allemagne, que, pour y parvenir, elle travailloit sourdement à la faire haïr du Roi, son mari, à faire croire qu'elle n'auroit point d'enfants. On lui en faisoit envisager les suites, le peu de sûreté de sa personne si jamais on vouloit mettre une reine en sa place, que le moindre malheur seroit de passer le reste de sa vie dans un couvent. C'étoient des avis particuliers qu'on

• lui faisoit donner en confidence, surtout par Quentin, sa nourrice, esprit faux et intéressé, capable de tout pour se rendre nécessaire, bigotte en apparence et qui dans le particulier flattoit la Reine dans toutes ses fausses vues de retourner en France et dans certaines idées tendres dont le souvenir ne servoit qu'à dérégler son esprit et sa conduite.

Il sembloit que, depuis que la duchesse d'Alburquerque étoit entrée au Palais, la Reine avoit dû compter sur l'attachement du premier ministre, et que lui avoit dû être

. assuré de l'affection de Sa Majesté; cepen-

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dant elle l'avoit toujours trouvé contraire à tout ce qu'elle souhaitoit, jusqu'aux moindres choses, c'est-à-dire que le Roi, accordant d'abord ce qu'elle demandoit, n'avoit pas plutôt vu le ministre qu'il changeoit de volonté. La Reine n'étoit point assez appliquée pour en avoir un vrai ressentiment ni chercher les moyens de le faire sentir. De son côté, elle gardoit quelquefois assez peu de mesures avec le duc, parlant au Roi en faveur des personnes que le ministre n'aimoit point, sans s'apercevoir que sa recommandation, inutile pour ceux qu'elle appuyoit, ne servoit qu'à la commettre avec le premier ministre, auquel le Roi en rendoit compte d'abord ; de sorte que de part et d'autre la correspondance étoit mal établie, et la Reine se trouvoit avec peu de pouvoir auprès du Roi et sans autorité avec le ministre.

On le vit néanmoins, peu avant l'exil du comte de Monterey, faire une démarche qui sembloit tendre à persuader à la Reine son attachement pour elle. Il fit dire à son confesseur, par celui du marquis d'Astorga et par un autre moine encore, qu'il n'avoit point de plus forte passion que de donner à Sa Majesté des marques de son obéissance en tout ce qu'elle lui feroit l'honneur de lui commander, priant le confesseur de l'en assurer et qu'il attendoit ses ordres pour y obéir.

Ces religieux insinuèrent en même temps au confesseur que, pendant que le duc de Médina Celi étoit entièrement dévoué aux volontés de la Reine, il voyoit avec déplaisir

que Sa Majesté s'attachoit à distinguer, par de bons traitements et des marques de faveur, entre les dames qui l'approchoient celles qui lui étoient le plus contraires, marquant particulièrement la comtesse de Monterey', la marquise de Liche, la duchesse d'Ossone^, et même l'ambassadrice de France. Qu'il auroit lieu de souhaiter, non seulement que cette distinction ne se fît point, mais que ces dames n'approchassent point Sa Majesté, faisant entendre en même temps que toutes les dames ne dévoient pas indifféremment avoir la liberté d'entrer chez la Reine , sans le choix et la permission de la Camarera major. C'étoit une tentative pour tâcher à rendre maîtresse absolue de l'appartement et de la personne de la Reine cette duchesse, qui depuis la désunion de la Reine mère et du premier ministre s'étoit entièrement donnée au dernier. Il étolt aisé de juger que ce dessein étoit le sujet de l'ambassade que l'on faisoit au confesseur plutôt que l'envie de donner à la Reine de véritables marques d'obéissance.

Le duc de Médina Celi pouvoit bien avoir quelques aversions pour ces dames espagnoles à cause de son opposition avec leurs maris, mais pour l'ambassadrice de France, qui

1. D" Inés-Francisca de Zufiiga y Fonseca, septième comtesse de Monterey, mariée à D. Juan-Domingo Mendez de Haro, deuxième fils de D. Luis de Haro. Elle mourut à Madrid le 10 mai 17 10.

2. Le duc d'Osuna épousa en premières noces, en 1645, D* Feliz de Sandoval, duchesse d'Uceda, morte à Milan le 7 octobre 167 1, et, en secondes noces, D" Ana-Antonia de Benavides, marquise de Fromesta et de Caracenà.

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n'avoit rien à démêler avec lui, il sembloit que c'étoit sans raison qu'il se déclaroit contre elle. Il devoit se souvenir que personne n'avoit plus contribué qu'elle et son mari à mettre d'abord la Reine en liaison avec lui et à s'y maintenir dans la suite autant qu'il leur avoit été possible.

Mais la rupture de ce ministre avec la Reine mère avoit entièrement changé ce plan dans son esprit, et comme il étoit persuadé que l'Ambassadrice avoit formé et soutenoit toujours la correspondance entre les deux Reines, l'intérêt qu'il se faisoit de séparer la jeune Reine d'avec sa belle-mère, lui faisoit voir avec aversion une personne qui entretenoit leur union. Il regardoit l'Ambassadeur de la même manière, et, pour les éloigner tous deux autant qu'il pourroit, il aigrissoit le Roi contre eux par des suppositions continuelles.

Ce n'étoit pas seulement à l'égard de l'Ambassadeur qu'il en usoit de cette manière, mais, soit par sa propre défiance, ou par le conseil d'Eguya qui l'éloignoit de tout le monde pour le gouverner seul, tous les courtisans lui étoient suspects, sans excepter ses plus proches, et il les représentoit sans cesse au Roi comme autant d'ennemis.

Il l'avoit tellement prévenu sur le sujet de l'ambassadeur de France, qu'un jour il dit à la Reine qu'il lui soulevoit toute sa cour et qu'il aimeroit mieux une guerre ouverte avec la France qu'un ministre comme lui dans Madrid, joignant à ce discours les marques de l'aversion qu'on lui inspiroit encore contre

l'Ambassadrice, comme si elle avoit donné à la Reine des conseils dangereux, quoique le duc fût assuré qu'elle ne lui inspiroit que de la confiance pour lui et un véritable attachement pour le Roi. La Reine rendit compte de ce discours du Roi à l'Ambassadrice qui jugea à propos de s'abstenir durant quelques jours d'aller au Palais.

Elle ne trouvoit cette disposition bizarre que dans l'esprit du premier ministre et dans celui du Roi qu'il prévenoit. Dans le reste du •Palais, parmi le grand nombre de personnes différentes par le rang et par le génie, les manières et la conduite de la marquise de Villars étoient estimées et agréables ; on connoissoit qu'elle ne donnoit à la Reine que des vues utiles pour sa conduite et pour son repos, et les dames qui étoient plus près de sa personne voyoient bien qu'avec beaucoup de respect et de complaisance l'Ambassadrice ne laissoit pas d'insinuer à la Reine avec soin tout ce qui pouvoit contribuer à sa bonne conduite à l'égard du Roi et du reste de la cour.

Mais cette princesse jeune, belle, pleine d'esprit et de vivacité, étoit dans un âge et d'un génie peu disposé à entrer dans les vues et l'application qui auroient été nécessaires pour sa conduite. Son inclination pour le plaisir et la liberté, les souvenirs de France et de ce qu'elle y avoit laissé lui rendoient l'Espagne insupportable. La captivité du Palais, l'ennui d'une oisiveté sans divertissement, les manières basses et grossières du Roi, les désagréments de sa personne, son humeur bourrue

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qu'elle-même augmentoit souvent par son peu de complaisance , tout cela nourrissoit son aversion et son chagrin. Elle ne s'intéressoit à rien, ne vouloit prendre aucune mesure pour le présent ni pour l'avenir, et renonçant à tout ce qu'elle pouvoit avoir en Espagne, elle ne se consoloit que dans l'imagination de retourner en France. Elle s'entretenoit dans cette espérance par des prédictions et des chimères qui seules faisoient son occupation et son plaisir. Tout le reste la désoloit, elle ne souffroit qu'avec ennui les dames qui la venoient voir. Elle ne leur disoit rien la plupart du temps , les quittoit souvent et ne trouvoit de plaisir qu'avec quelques dames ou quelques femmes de chambre françoises confidentes de ses imaginations avec lesquelles elle passoit presque tout le jour aux fenêtres du Palais qui donnent sur la place à voir passer des François et en appeler quelques-uns contre toutes les règles du Palais et la bienséance de son rang et de son sexe.

La Camarera major ni les autres dames n'osoient la contredire sur ce point de peur de s'attirer son chagrin. Ses femmes de chambre qui trouvoient la commodité de faire l'amour par les fenêtres où elles étoient avec elle l'attachoient encore plus à cette conduite. L'Ambassadrice lui en représentoit quelquefois les conséquences, mais inutilement, et dans les entêtements où elle étoit les meilleurs conseils que l'on pouvoit lui donner ne trouvoient que peu d'entrée. Il pouvoit même y avoir du danger à lui en donner, parce que

quand d'elle-même et sans consulter personne elle avoit fait quelque méchant pas, elle ne balançoit point, pour s'en disculper auprès du Roi, de l'attribuer aux conseils de quelqu'un qui ne lui avoit point parlé. On reconnut cette conduite en plusieurs occasions et particulièrement lorsqu'ayant demandé au Roi de pouvoir faire un certain nombre de chevaliers de l'ordre de Saint-Jacques et, depuis encore, le rétablissement du comte d'Averne ', un des Siciliens de la révolte, le Roi, poussé par les ministres , la pressa de lui dire qui l'avoit portée à faire ces demandes : elle lui dit que c'étoit l'ambassadrice de France. Cependant il étoit vrai qu'elle n'avoit demandé ce don qu'afin d'en tirer de l'argent pour elle et pour Quentin sa nourrice qui l'y avoit engagée contre tout ce que l'Ambassadeur et l'Ambassadrice lui avoient représenté pour l'en empêcher et lui faire voir les conséquences qui rendoient cette demande odieuse.

Le peu de sûreté qu'il y avoit dans l'esprit de la Reine rendoit le commerce avec elle délicat et embarrassant, et sans doute, que cette facilité à sacrifier l'Ambassadrice auprès du Roi, pour sauver ou ses femmes ou ellemême dans les embarras où son peu de conduite la mettoit, pouvoit contribuer à autoriser dans l'esprit du Roi les impressions que le premier ministre et don Jerônimo d'Eguya lui donnoient contre l'Ambassadeur, auquel ils attribuoient tout ce qui arrivoit de mal,

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