‹ Mémoires de la Société historique de Montréal [microforme]Chapitre 28 sur 55 · CS CRUE D CT TT · texte numérisé non relu

CS CRUE D CT TT

Par ordre de Son Excellence,

(Signé) J. BRUYÈRE.

Le même jour PUBLIÉ ET ENJOINT au nommé Farinaut, (1) françois de Naissance, Cordonnier de son métier, cy-devant residant en Cette Ville, et dont il est absent depuis plus d’un mois, de Comparoitre, sous 10 jours, dans La maison où il demeuroit, a faute de ce faire, que les effets qu’il a Laissés en Cette Ville seront saisis et vendus au profit de ses Créanciers.

(Signé) J. BRUYÈRE,

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(1) M. Viger avait lu Farmant,

6 Mars.

Au Sieur BRISEBOIS, faisant fonction de Capre. de Milice a Yamasca, au sujet des fusils.

Monsieur, — Son Excellence apprend avec peine, qu'il y a plus de fusils rependus dans votre paroisse qu'il n’en a permis. Il vous est enjoint tres expressement, et Sous peine de Son deplaisir, de faire faire une recherche exacte et de faire apporter au Gouvernement Le surplus.

Vous n’ignorés pas qu’il lui a plut d'accorder un fusil a Chaque officier de Milice, c’est à dire Cinq personnes TA esse can iaetiniecen tetes, LC D"DUSTIS Denx'sergétas..ts Lane ATOME SE Mrbe Outéiisisis apart RTE Et a dix habitans a tour de Rolle, suivant les

permissions numerotées.....…....……. RER ae D ONE

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Vous ferés Saisir et vous enverrés, sans aucune exception ni partialité Le Surplus, et vous avertirés vos habitans que si Son Excellence par information ou autrement, apprend qu’il y en ait cy-après plus que le nombre susdit il fera severement punir les personnes chez qui les dites armes se trouveront.

J'ai l'honneur d'être, &c,, (Signé) J. BRUYÈRE.

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1762 216 19 Mans.

LETTRE du Secretaire d'Etat a Mr.le Chevr. AMHERST, au Sujet des Canadiens,

DE PAR SON EXCELLENCE, &e., &e., &.

Il a plu à Son Excellence Monsr. le chevalier JEFFE- RY AMHERST, Marechal des Camps et armées, Commandant en Chef les troupes de Sa Majesté Britannique en Amérique, de nous envoyer copie d’une Lettre qui lui a été addressée par Mylord EGREMoONT, Secretaire d'Etat de la Grande-Bretagne, en datte de Whitehall du 12me. Decembre 1761.

Elle renferme les ordres gracieux de Sa Majesté pour ses Conquètes dans l'Amérique Septentrionale. Sa bonté et sa bienveillance enversses nouveaux Sujets y sont exprimées d'une façon trop flateuse pour ne pas repandre La joye dans leurs Cœurs, et exciter en eux tous les sentimens de reconnoissance et d’attachement, qu'une pareille atten‘ion a leur bonheur doit naturellement produire. C’est dans cette persuasion que Nous nous faisons un plaisir sensible d'en donner Connoissance a tous les habitans de Notre Gouvernement, et que Nous voulons que les intentions de NS. M. leur soient Communiquées dans Les propres termes qui composent la Lettre cy-dessus mentionnée.

Mylord Egremont, après avoir applaudi de la ma. nière la plus ample et la plus gracieuse, de La Part du Roy a la prudence des arrangemens faits par Son Excel. lence Mr. le chevr. Amherst pour le Gouvernement du Canada, et ses ordres donnés en Conséquence aux Gouverneurs de Québec, de Montréal, et des trois-Rivieres, S’exprime ainsi :

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“ SA MAJESTÉ remarque, avec plaisir, la douceur et

“ la bénignité avec laquelle Vous offrés également et “ sans partialité, sa protection Royalle a tous ses sujets. ‘“ Les ordres que vous donnés particulièrement aux “ troupes de vivre en bonne intelligence et en bonne “ harmonie avec les Canadiens, meritent, avec justice, nan- “ l'approbation dont je suis Chargé de vous faire part. di « Et Comme rien ne peut être plus Essentiel au Service Lui a “ de S. M. Le Bon plaisir du Roy, et que vous reiteriés Etat aux differens Gouverneurs des endroits cy-dessus nom- 2me. més de Suivre les voies de douceur et de Conciliation qui font partie des Instructions que vous leur avés

pour donné, et que vous recommandiés très expressement onté a leur vigilence et a leur attention, de se Servir des t ex- ; moyens les plus efficaces pour que les Canadiens pan- à soient traités avec douceur etavechumanités. Ils Sont s les maintenant en effet comme vous l’exprimés fort bien, ‘une également sujets de Sa Majesté Britannique, et comme ent tels ont également droit de reclamer sa protection et nous de jouir de tous les avantages de cette humanité et de ice a Cette douceur de Gouvernement qui distingue déjà le ous Regne propice de Sa Majesté, et fait Le bonheur partimu- culier de tous les peuples sujets à l'Empire de la Granettre ‘ de-Bretagne ; et vous avertirés les Gouverneurs cy-des- | sus nommés de donner des ordres précis et très-ex- ‘près, pour empecher qu'aucun soldat, matelot, ou

autre n’insulte les habitans françois qui Sont mainte-

nant Sujets du même prince, deffendant a qui que ce

soit de les offenser en leur rappellant d’une façon peu

genereuse cette infériorité a laquelle le sort des ar-

mes les a reduits, ou en faisant des remarques insul-

“ tantes sur leur Langage, leurs habillemens, leurs mo-

“ des, leurs coutumes et leur pays, ou des reflexions, 9, +

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“ peu Charitables et peu Chrétiennes sur la Religion “ qu'ils professent.

“ Et, comme il n'y a point encore de Magistrature “ civile établie dans le dit paiïs Conquis. Le Roy veut “que Messrs. les Gouverneurs se servent de toute “ l'autorité qui leur a été confiée pour punir toutes ‘ personnes assés peu respectueuses pour oser manquer “aux ordres de Sa Majesté en un point aussi essentiel a “ ses interests. Et vous donnerés vos ordres pour que les “ presentes intentions de $. M. soient nottifiées a tous “ ceux a qui il appartiendra, afin qu'aucun Sujets An- “ glois ne désobeisse par ignorance, et que tout sujet “ françois puisse ressentir et Gouter les doux effets de “ la puissante protection de Sa Majesté dans toute leur ‘“ Etendüe. ”

AFIN QUE Les Intentions favorables et Bienveuillantes de Sa Majesté ne soient ignorées d'aucun de ses Sujets, VOULONS ET ORDONNONS que le present Placart soit lü, Dimanche prochain, a L'issu de la messe paroissiale de chaque église de Notre Gouvernement, et ensuite affiché a la (porte) de chacune des dites Eglises.

DOxXNÉ aux trois Rivières, ce 19e mars 1762.

(Signé) R. BURTON.

Et plus Bas,— Par Son Excellence,

19 Mars PLACART au Sujet du commerce avec les Sauvages. DE PAR SON EXCELLENCE, &e., &c. &c.

IL Nous a été rapporté, de façon a n’en pas douter, qu'il y a de petits marchands en Canada qui, pour Satisfaire aux basses vües d'un interest personnel, sont assés méprisables pour mettre en usage toutes sortes d'artifices pour en imposer aux Sauvages etles tromper dans les marchers qu'ils font ensemble, Cette Indigne Conduite est parvenue jusqu'aux oreilles de Sa Majesté et n'a pas manquée d’exciter toute son indignation.

Or, Comme les Sauvages sont maintenant Sujets de S M. et ont par conséquent le même droit . re aux avantages de sa protection, que de ph -8 Von duite aussi injuste en irritant leurs esprits les 1adispose contre le Gouvernement, et leur donne des Idées fausses

et déshonorantes des Commerçants Anglois.

Nous voULONS ET ORDONNONS que tous les sujets de S. M. residans dans notre Gouvernement, soit Anglois ou François, traittent les Sauvages avec humanité, et fassent affaire avec eux avec cette ouverture et cette probité a laquelle ils ont droit de s'attendre ainsi que tous les autres sujets de Sa Majesté Britanique et ils peuvent être assurés, au cas qu'ils aient de justes sujets de plante, qu'on leur rendra la justice la plus exacte et que les Contrevenans au present ordre seront punis avec Severité, suivant l'exigence des Cas.

DonNNÉ aux trois Rivières, ce 19e Mars 1762.

Et par Son Excellence,

(Signé) J. BRUYÈRE.

1762 220 19 Mars PLACART qui deffend de tuer des Perdrix.

DE PAR NON EXCELLENCE, &e., &c. &c.

AyanrTété informé que, depuis Le vingt Mars jusqu'au 15 juillet, il se fait une grande destruction de perdrix, et notamment dans le tems qu'elles s'accouplent, par la facilité qu'il y a de les tuer, faisant alors Connoitre par leur Battement d'ailes les endroits où elles Sont, et pour empécher la Continuation de cette abus dont s'ensuivroit infailliblement l'entiere destruction de cesoiseaux, ce qui priveroit Le public d’une grande douceur a la vie,

Nous DEFFENDONS à toutes personnes, de quelque qualité et Condition qu’elles soient, de tuer des perdrix, depuis Le ler. Avril jusqu’au ler. Aoust, a peine de 20 piastres d'amende, applicable au denonciateur, comme aussi de Les prendre a la tonnelle et au Collet et d'en enlever les œufs, sous peine d'une amende du double de | celle cy-dessus marquée, applicable motié au Denonciateur et moitié a la Fabrique de la Paroisse Sur laquelle elles auront été prises et enlevées.—Et, pour oter tout L'appas et l'envie que quelque-uns peuvent avoir d'en tuer a l'avenir, pendant l’espace de tems cy-dessus Marqué, Nous deflendons aussi, sous la même peine de 20 piastres d'amende, a toutes sortes de personnes d’en vendre ou achetter pendant le dit temps et d’en apporter dans La Ville, ny autres lieux de ce Gouvernement.

MaANDONS aux Captit. et officiers de milice tant de Cette Ville que des Côtes de ce Gouvernement, de tenir La main a l’execution de la presente Ordonnance, qui

t de enir qui

221 1762 sera lüe, publiée et affichée partout où besoin sera, a ce que personne n'en ignore.

Donné aux trois Rivières ce 19e Mars 1762, (Signé) R. BURTON Et plus Bas,— Par Son Excellence, (Signé) J. BRUYÈRE.

19 Mars.

A tous les Caplr' de milices, pour accompagner les lrois placcarts cy-dessus, el leur ordonner d'envoyer un nouvean rolle des habitans de leur paroisse,

Monsieur,--Vous aurés Soin, anssitot la presente re-

eue, de faire publier et aflicher les Placcarts cy-inclus, en la manière accoutumée.

Il vous est pareillement Enjoint d'envoyer au Gouvernement, le plutôt que faire se pourra, un nouveau Rolle des habitans de votre paroisse, suivant le model ey-inelus dont vous remplirés les Colonnes. Vous marquerés au bas, ainsi que vous le verrés le nom des nouveaux habitans, soit françois, ou autres, depuis l’année 1760, s’il s’en trouve, ainsi que des Accadiens, portant pareillement Le nombre de leurs familles.

J'ai l'honneur d'être Monsieur &c,

(Signé) J, BRUYÈRE.

Ce 19 Mars 1762.

ORDRE à tous les Notrts. d'envoyer les Extraits des contrats de vente ou Echange des biens relevans du domaine.

Monsieur,—Il vous est Enjoint d'envoyer incessamment au Gouvernement les Extraits de Contrats de . vente ou d’echang: de Fief, ainsi que des Echanges en roture, ou autres actes equipolens des biens relevans du Domaine, depuis le dernier appel, et de continuer de 3 mois en 3 mois, a compter du 1er. avril de cette presente année a peine de 20 piastres et d'interdiction en cas de negligence. Tel est l'ordre de Son Excellence qu’il m'a enjoint de vous Signifier.

J'ai l'honneur, &c.

(Signé) J. BRUYÈRE Ce 6e avril 1762.

28 AvRIL.

PLACCART pour La garde des animaux.

DE PAR SON EXCELLENCE, &e., &e., &c.

LES TERRES sont maintenant ensemencées. Il est de l'intérest du public que lesgrains et autres Semences qui Sont confiés au sein de la terre y soient conservés autant que faire se pourra, en conséquence, nous deffendons a tous habitans, ou autres, de donner l'abandon a leurs animaux et Bestiaux, depuis la presente publication jusqu’à la St. Michel prochain, sous peine d'une demie piastre d'amende pour chaque animal ou Bête-acornes.

ORDONNONS a tous les Capitaines de Milice detenir la main a l’execution du ‘present.

Donné aux T. Rivières, ce 28e avril 1762.

(Signé) KR. BURTON.

Et par Son Excellenee

(Signé) J. BRUYÈRE.

ORDRES aux Captws. de Milice de faire racommoder les ponts el Chemins.

Monsieur,— Vous aurés soin, aussitôt La présente reeue, de faire publier et afficher le Placcart cy-inclus, en la manière accoutumée. Vous aurés pareillement soin de faire racommoder ies ponts et les Chemins à l’ordinaire — c’est un? Chose absolument necessaire.

J'ay &c

(Signé) J. BRUYÈRE Ce 28e avril 1762,

DECLARATION de guerre De Sa Majesté Brilannique contre Le Roy d'Espagne.

“ L'objet constant de notre attention depuis notre “ avenement a la Couronne, n'a Cessé d'être, autant “ qu'il nous a été possible de mettre fin aux Calamités “ de la Guerre, et d'établir la tranquilité Publique sur “ une ferme et Solide Base. Pour empecher que ces Ca- “lamités ne s’étendissent plus loin, et d'autant plus

“ qu'une parfaite harmonie entre la Grande-Bretagne et “ l'Espagne est en tout temps de l’intérest mutuel de ces “ deux nations. Nous avons toujours ardemment sou- “haité entretenir L'amitié la plus étroitte avec le Roy “ d'Espagne, et arranger a l'amiable les differens qui “ pouvoient s'elèver entre Nous et cette Couronne. “ Nous avons persisté Constammeut dans cette vüe, “ Malgré la partialité Evidente des Espagnols pour les “ François nos ennemis, pendant le cours de cette Guerre, qui ne s’accordoit nullement avec leur neu- “ tralité. Et la Cour de la Grande-Bretagne n’a Cessé de donner des preuves essentielles de son amitié et de son Estime pour le Roy d'Espagne et sa famille. Après une Conduite aussi amicale et remplie de tant de bonne foy de notre part, nous nous sommes trouvés extremement surpris a la vüe d'un memoire pre- “ senté Le 28 de juillet dernier, par M. DE Bussy, Ministre Plénipotentiaire de France, a un de nos Prin- “ cipaux Secretaire d'Etat, au sujet des disputes qui Sub- “ sisbent entre Nous et la Cour d’Espagne, portant que sices disputes occasionnoient la Guerre entre les “ deux Couronnes, la France se trouveroit obligée d'y prendre part. Notre Surprise augmenta ensuite lors- “ que Le Ministre d'Espagne avoua a notre Ambassa- “ deur a la Cour de Madrid, qu’une démarche aussi extraordinaire et aussi insultante, faite par une Puissance actuellement en Guerre avec nous, s'étoit faite “avec L’approbation et du Consentement du Roy d’Es- ‘“ pagne, en assurant que ce mémoire n’auroit jamais ét “ presené, si l’on avoit pu prevoir qu'il eût été reçu ‘ Comme une insulte, qu’au reste, le Roy d’Espagne “ étoit le Maître d’arranger ses differens avec la Cour “de la Grande-Bretagne, sans l’Interposition de la

“ France, et qu'il étoit très porté a Le faire. Peu de “ temps apres, nous eumes la satisfaction d'apprendre, “ par Notre Ambassadeur a Madrid, que, sur les Bruits “ qui Curroient d’une rupture prochaine, Le Ministre “ d'Espagne avoit pris occasion de l’assurer que le Roy “ son Maître étoit, autant que jamais, disposé a Culti- “ ver sa bonne intelligence avec nous, Et Comme l’Am- “ basseur Espagnol a notre Cour repetoit les mêmes ‘“ Declarations, nous avons crû qu'il étoit de notre Jus- « tice et de notre Prudence de ne point en venir a au- “ cune Extremités.

“ Mais Le tendre Intérest que nous prenons au bien de nos Sujets, en nous empechant d'entrer avec precipitation en Guerre avec l'Espagne, s’il étoit possible « de l’éviter, nous obligeoit necessairement de nous in-

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“ former avec Certitude des Engagemens actuelset des

“ intentions reelles de la Cour d’Espagne. En consé- “ quence, nous apprimes qu'il s’étoit contracté depuis “ peu, des Engagemens entre les cours de Madrid et de « Versailles, et peu apres les Ministres de France eu- “ rent soin de repandre adroitement dans toute l'Eu- “ropeque le but de ces Engagemens étoit offensif “ envers la Grande Bretagne, et que l'Espagne étoit sur “Je point d'entrer en Guerre, sur quoi nous ordonnames ‘ a notre Ambassadeur de demender, de la façon la “ plus amicale, Communication des traités Conclus de- “ puis peu entre La France et l'Espagne, ou des articles “ qui avoient particulièrement rapport aux Interests de “ la Grande Bretagne, s’il y en avoit, ou enfin une as- “ surance positive qu'il n’y en avoit aucuns qui fussent “ incompatibles avec la bonne amitié qui existoit entre “ nous et la Couronne d’Espagne. Nous fumes extre- “ mement Surpris et peinés d'apprendre que Le Minis-

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tre Espagnol avoit evité de repondre a une demande “ aussi raisonnable, et s’étoit servi de raisonnemens et “ d'Insinuations qui paroissoient decouvrir des inten- “ tions d’hostilité, et Comme nous reçumes en même “ temps des intelligences certaines que l'Espagne fai- « soit de Grands armemens par Mer et par terre, nous “jugeames qu'il étoit iadispensablement nécessaire “ d’essaier encore une fois, s’il seroit possible d’eviter “ d'en venir a unerupture. En Conséquence, nous don- “ nâmes ordre a Notre Ambassadeur de demander, d’une “ façon polie, mais ferme, si la Cour de Madrid avoit « intention de se joindre aux François, nos Ennemis, “ dans leurs actes d’hostilité Contre la Grande Breta- “ gne, ou si Elle se proposoit de se departir de sa neu- “ tralité, et en Cas qu'il s’aperçut que le Ministre Espa- “ gnol évita de donner une reponse claire et precise ‘il avoit ordre d’insinuer que son refus de repondre “ precisement a une demande aussi raisonnable donne- “ roit lieu de penser que le Roy d’Espagne avoit pris “ parti contre Nous, ou qu'il étoit resolu de faire, ce qui «“ seroit regardé comme un aveu des ses Intentions En- “ nemies et equivalent a une declaration de Guerre ; “ auquel cas il avoit ordre de quitter incessamment la “ Cour de Madrid. Le refus positif que la Cour d’Es- “ pagne fit de donner La moindre Satisfaction a des de- “ mandes aussi raisonnables de Notre part, et la Decla- “ ration Solennelle, que Le Ministre Espagnol fit en mé- “ me temps, que l’on regardoit La Guerre Comme actuel- “ ]Jement declarée, prouve Clairement que La resolution “ d’agir offensivement étoit decidément etsi fermement “ prise, qu'il n’etoit plus possible de la Cacher, ou de la ‘ nier.

“ Le Roy d'Espagne ayant donc jugé a propos sans

“aucune provocation de Notre part, de regarder La “ guerre comme dejà commencée contre Nous, et L'ayant “ en effet fait declarer a Madrid, Nous Esperons que, “ par la protection du Dieu Tout Puissant, eu égard a “ la justice de Notre Cause, et L'aide de nos bons et fide- “ les Sujets, nous nous trouverons en état d’arretter et de “ deffaire les desseins ambitieux qui ont.formé la presente “ ailiance entre les deux Branches de la Maison de Bour- “ bon, qui donnent naissance a une Nouvelle Guerre, et “ Menacent l'Europe des plus fatales Suites. En Conse- ‘“ quence Nous avons jugé a propos de Declarer, et NOUS “ DECLARONS des a present La Guerre au Roy d'Espa- “ œne, et conformement a cette declaration, nous Som- “ mes resolus de continuer avec vigueur cette Guerre “ qui interesse Si intimement l'honneur de notre Cou- “ ronne, le bien de nos Sujets, et la prosperité de cette “ nation, dont la Conservation et L’appui feront en tout “ tems l’objet ie plus cher de notre attention. Et Nous “ Voulons et ordonnons par ces presentes a tous nos Ge. “ neraux et Commandans de nos troupes, aux person. “ nes commises a l’exesution de la charge de Grand “ amiral de la Grande Bretagne, a nos Lieutenants dans “ les differente provinces, a nos Gouverneurs des forts “ et des Citadelles, et a tous autres officiers et soldats “ soumis a leur commandement tant par mer, et par “ terre, en consequence de la presente guerre, de faire “et d’executer tous actes d’hostilité contre le Roy « d'Espagne, Ses Vassaux, et Sujets, et de s'opposer “ a leurs entreprises.

“ NOUS VOULONS ET ORDONNONS a tous nos sujets de “ faire attention a la presente declaration, leur deffen- “ dant très expressement, d'entretenir à l'avenir aucune “ Correspondence, ou d'avoir Communication avec le

“ Roy d'Espagne ou ses Sujets. Et nous Commandons “ par ces presentes a tous nos sujets, et donnons avis a “ toutes autres personnes de telle nation qu’elles soient “ de ne point transporter aucuns Soldats, armes, poudre, ‘“ amunition, ou autres effets de contre bande, sur les “ terres, territoires, colonies, etablissemens et païs ap- “ partenants au dt. Roy d'Espagne, Declarant que tout “ vaissau, ou Batiment qui sera trouvé Chargé de sol- “ dats, armes, poudre, amunition ou autres. effets de “ contre bande destinés pour les terres, territoires, Co- “ lonies, Etablissemens, et païs appartenants au dt, Roy ‘“ d'Espagne, seront pris, saisis et condamnés comme de “ bonne prise. Et comme il se peut trouver plusieurs “ sujets de Sa Majesté Espagnole, habitués et établis “ dans nos Royaumes, Nous declarons par ces presen- “tes que Notre Royale Intention est, que tous les Su- “ jets Espagnols qui se Comporteront envers nous avec ‘“ Respect, Soient protégés et maintenus tant en leurs “ personnes que dans leurs effets.

“ Donné a notre Cour de St. Jacques, le 2°. jour de “ Janvier 1762, la 26. année de notre Règne. ”

Publié aux trois Rivières, le 28e. avril 1762. (Signé) R. BURTON.

Et plus bas,— Par Son Excellence,

(Signé) J. BRUYÈRE.

229 1762 8 Mary.

PLACART qui annonce le départ de Son Excellence et en conséquence des ordres remis a Mr. FREDERICK HALDIMAN Colonel d'Infanterie, etc.

DE PAR SON EXCELLENCE RALPH BURTON, &c., &c., &c.

SON EXCELLENCE Monsieur le Chevalier Amherst m'a instruit dernierement des ordres de la Cour, portant qu'il plait a Sa Majesté que je m'absente pendant quelque tems du Gouvernement des trois Rivières pour me rendre a L'armée, et Son Excellence voulant que les affaires de ce Gouvernement ne soient en aucune façon interrompües, m'a en Conséquence ordonné d'en remettre entierement le soin, pendant la dite absence, a Mons". FREDERICK HALDIMAN Ecuyer Colonel d’Infanterie, &c.

À CES FINS nous faisons par ces presentes sçavoir a tous les sujets de Sa Majesté Canadiens, ou autres dans l'étendüe de ce Gouvernement que nous avons remis et nous remettons en Consequence des ordres cy dessus a Monsieur FREDERICK HALDIMAN tous les pouvoirs dont nous sommes revêtus pour l'administration de la justice et le Gouvernement des sujets de Sa Majesté sous notre obéissance et afin que personne n’en puisse ignorer, Voulons que la presente soit lüe, publiée, et affichée en la manière accoutumée.

DoNNé aux trois Rivières ce 8e. jour de May 1762

(Signé) R. BURTON.

Et plus bas,— Par Son Excellence,

(Signé) J BRUYERE.

1762 280 19. May.

PLACART qui deffend de chasser sur la seigneurie de St Maurice, publié aux 3 Rivières, Machiche, Pl. du Lac, Cap Magdeleine et aux Forges.

De par Nous FREDERICK HALDIMAND Æcuyer Colonel d'Infanterie Commandant la Ville et Gouvernement des Trois [Rivières] et les troupes de Sa Majesté dans l'étendue du dit Gouvernement.

IL EST DEFFEN) J à toutes personnes quelconques de chasser sur les terres de la Seigneurie de St. Maurice, et autres dépandantes des Forges, et dans les environs de la mine derrière la pointe du Lac, sans une permission Expresse Signée de nous, sous peine de vingt piastres d’amende pour la première fois, et de punition arbitraire en cas de recidive, La dite amande applicable moitié au denonciateur ; et l’autre moitié aux pauvres de la parroisse, et afin que personne n’en puisse ignorer, Voulons que La présente soit lue, publiée et affichée en la manière accoutumée.

DoNNÉ aux trois Rivières ce 19e may 1762.

(Signé) FRED. HALDIMAND.

Et plus bas — Par Mr. le Commandant.

(Signé) J, BRUYERE.

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