‹ Mémoires de la Société historique de Montréal [microforme]Chapitre 33 sur 59 · RE EE · texte numérisé non relu

RE EE

168 Annales de l'Hôtel-Dieu sieur de Famcamp ne se rebutant point employèrent plu sieurs personnes de considération pour faire revenir ect évesque de sa peine qui luy en parlèrent fortement, le pres sèrent, s’y j'ose dire, Je conjurèrent d'accorder cette per mission mais inutilement, Pendant tout ce temps la soeur de Ronceroy ettous nos amis fesois des voeux et priéres con tinuelles à Dieu à ce qu'il plut À sa Majesté fiéchir le coeur de cet évesque et Mr, son père que tous les hommes he pouvois gagner; et dans la confiance qu'elle le seroit, on disposait toutes choses pour le voyage en secret, peur que Monseigneur du Mans ni Monsieur du Ronceray n'en sussent rien, Un temps assez considérable se passa à prier et travailler pour disposer toutes choses et la saison de partir étant prête, Monsieur Macé fit agir Madame de Brisacier sa pénitente qui a fait beaucoup de bien à la suite des temps à ce monastère comme j'ay déjà dit et le dirai encore à la suite; laquolle estant femnr du premier secrétaire de la Reine obtint de sa Majesté une lettre du petit cachet pour Monseigr, du Mans afin qu'il donnât l’obéchence à la Religieuse de St-Joseoh qu'on Tir demandoit peur le Canada, ce que n'osant refuser, ia fit expédier sur le champ sans delay.

Ma Sr. du Ronceray. comblée de joie d’avoir son ohédience et de voir Monsr. son père content qu'elle allät en Canada, aussi tost qu'il sut ce que sa Majesté avoit fait pour elle.

Monsr. Macé, d'autre part, et plusieurs de nos amis, qui travaillois à faire réussir cette affaire, bien satisfaits du période où la Ste Providence l’avoit conduite pensèrent à trouver une compagne à la Sr du Ronceray pour l’accompagner jusque dans le couvent de KSt-Joseph du Canada. Monsr. Macé jeta les yeux sur ma Sr. Renée Je Jumeau (e) qu'il connaïissoit très particulièrement d'une vertu ap

c) Soeur Renée LeJumeau de Lanaudière, originaire du

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prouvée et d'un jugement solide, qui, après avoir demeuré dans la maison de La Flèche, fondé la maison ou plutost establi Baugé en qualité de supre en la pratique des voeux simples, sortit de la dte maison de La Flèche, où elle estoit retourné» pour aller en celle de Laval, afin d'v faire le noviciat des voeux solennels, Elle y prit le voile blanc avee toute la communauté et le porta un an. Après quoy elle fut obligée de le quitter et de retourner à La Flèche pour ravoir son dot dela dte maison de La Flèche, qui avoit été condamnée de le rendre à toutes celles qui en voudrois sortir pour aller en d'autres communautés de Pur institut S'y faire Rses, par un arrêt du parlement, A quo cependant elles résistèrent longtemps; ce qui obligea ‘en dte soeur le Jumeau et plusieurs autres de se retirer dans une maison séculière en attendant que ses affaires furent terminées,

A peine cela étoit-il fait que Mond, Mr. Macé luy propesa d'aller au Canada; ce qu'elle eut peine à accepter par un sentiment d'humilité qui luy fesoit creire qu'elle n'étoit bonne à rien et qu'elle seroit inutile au couvent de Canada qui avoit si grand besoin de bons sujets, fondés en vertu et advantages de talents. Mais Monsr. Macé qui la connaissoit luy manda de faire au plus tôt son paquet et se rendre à Angers dans une hostellerie qui luy marqua où la Sr de Ronceray tant désirée dans le Canada aussy bien qu'elle iroit la joindre un tel jour, luy disant comme toutes choses s’étois passées; combien le Seigwneur avoit mis la main dans cette affaire qui estoit eonclue au grand céntentement des parties intéressées mesme de ceux qui y estois les plus opposés, Monseigr du Mans, et Monsr de Ronceray.

Elle en bénit et remercia Dieu de tout son coeur, se

Mans, arrivée en 1669, et morte à 92 ans, le 25 mai 1709, après avoir été la 4è supérieure de l'institut,

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confirmant de plus en plus dans son désir d'aller en Canada finir ses jours au service d’une communauté que sa

divine majesté protégeoit si visiblement, Klle ne perdit pas un moment, Elle fit son petit apprèt qui consistoit

en un peu de linges et de hardes pour son usage sur la route, Renée Babonneau, (4) Sr domestique, de la dite maison de La Flèche se joignit à elle pour le mesme dessein du consentement de Monsr Macé qui savoit que cette fille seroit un trésor pour la maison du Montréal tant pour sa vertu toute singulière que pour ces talents let son la- Leur, estimée de tous ceux qui la connessois et avec fondement. Elles partirent d'iei toutes les deux et se rendirent dans l'auberge indiquée dans la ville d'Angers. La Sr du Ronceray y arriva aussy 3 heures après, estant venue de sa maison de Laval, à cheval. et seule de son sexe, accompagnée de Mr son frère, Je n'’entreprends pas de décrire ici quelle fut la joie et consolation de ces trois filles que Dieu avait unies pour un mesme dessein si extraordinaire et généreux qu'il passait pour folie dans l'esprit des forts esprits du sièels Je vousle laisse à méditer mes chères soeurs vous qui lisez ceci vous savez combien ces rencontres sont ‘ares parmy les Rses et les effets qu'elles produisent dans le coeur qui les éprouve, ete. Elles arrivèrent à Angers à cinq heures du soir et la Sr du Ronceray à huit et en partirent le lendemain après avoir satisfoit leur dévotion et rendu visite à Monsrignr. d'Angers dans son palais épiscopal qui les recut avec toutes les marques d'amour et de tendresse qu'un bon père peut donner à ses chères filles les félicita de leur courage à passer la mer et s'exposer à mille périls pour aller secourir leurs soeurs et leur porter la stabilité et la pratique des voeux solennels et enfin sacrifier leur vie au service des pauvres sauvages: il les

d) Soeur Renée Babonneau, morte à 90 ans, le 30 janvier

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assura de sa protection et qu'en sortant de son diocèse elles demeurerois toujours dans son coeur,

Ma Nr le Jumeau prit le voile et la guimpe de la Rélerme pour se conformer à la Sr du Ronceray et ma Sr Renée Babonneau que nous avons toujours appelée du nom de Madeleine resta dans son habit avee 1e mouchoir et la eoltfe ecinme celtes qui estois dans les Voeux simples le por tois lors, Cette chère troupe partit d'Angers à cheval pour se rendre incessamment à là Rochelle; elles firent toute la diligence possible et ne furent que deux jours dans cette route, Elles ÿ arrivèrent le jeudi 27e juin 1669 et s'embarquèrent le samedy suivant jour de St Pierre et de St Paul apostres dans lenavire du capitaine Poulet. Je crois à propos de remarquer ici que Monsr, Tallon qui étoit sur le peint de S'embarquer pour passer en Canada pour v être intendant et qui avait une sienne nièce (e) qui passait avec luy et son mary afin d'estre gouverneur du Montréal les fut visiter dans l'auberge oùelles étois logées à La Rochelle avec beaucoup de civilité, leur fit offre d'une chambre dans son navire du Roy, ce qu'elles ne voulurent point ac-epter à cause du grand nombre de soldats et autres personnages de distinetion qui devois s’embarquer dans ce Vaisseau en quoy elles furent bien conduites car ce vaisseau fit naufrage (/) et se perdit sur les côtes du Portugal et Monsr Tallon, etmadame Pérot sa nièce, obligés de se sauver sur le mat rompu de leur navire avec quelques matelots à qui ils promirent de grosses sommes d'argent pour les sauver de la mort: ils n'arrivent en Canada que l’année suivante, [l est évident que nos chères soeurs aurois péri dans le navire avec les autres, ce qui nous à fait remercier le Seigr. mille fois de leur avoir inspiré de choi-

e) Madeleine La Guide, épouse de Francois Marie Perot, gouverneur de Montréal.

f) cf, Thomas Chapais, Jean Talon, p. 338.

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