CHAPITRE VINGT-NEUF
1—De l'oraison de ma Sr de Bresoles. 2.—de la dureté qu'elle avoit sur elle-mesme. 3.—son détachement des créatures qui luy estns Les plus chères. 4—sa mort.
Après vous avoir fait connaitre mes chères soeurs quelque chose de la conduite que Dieu a tenue sur notre très honorée soeur et très chère mère de Bresolles comme il l'a attirée à luy et gagné son coeur dès son enfance, les grands pas et démarches que l'amour luy a fait faire pour secinder ses desseins de grâces et de sanetification sur elle dans un âge plus avancé que son divin époux la mesna dans les solitudes de La Flèche et de Laval, particulièrement dans le Canada afin de parler à son coeur et en recevoir de Iuy mille caresses sans yestre oceüpée de parents et amis et autres créatures; ce qu'elle éprouva très sensiblement, Muais comme Notre Seigneur nous à marqué de son amour plus sensiblement par toutes les peines qu'il a bien voulu souffrir pour nous pendant sa vie mortelle; aussy ses servantes fidèles animées deson esprit de pénitence travaillent incessamment à mortifier leur chair qu'elles regardent comme l’ennemie de 4 C, qui les porte toujours à se contenter elle mesme. Celle dont je parle ici pourroit passer pour un modèle excellent de cette vertu puisqu'elle à embrassé un estat dont toutes les fonctions et oeuvres ‘ournalières sont répugnantes aux sens et à la nature: ce qu'elle a soutenu avec courage et ferveur admirable comme il à paru dans tous les devoirs de charité qu'elle rendoit à ceux qui estois proche d'elle dont elle fesoit ses délices n'envisageant jamais que la personne de N.S. en eux: étendant encore sa charité sur les pauvres absents et aflligés de queique manière que ce fut jusqu'à la mort; mais nese trouvant pas contente de cela y ajoutoit
la pire des disciplines les chaines de fer et autres macéra-
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210 Annales de l'Hôtel. Dieu
tions qui estois son pain quotidien malgré toutes ses latigues avec la duret. dudit et la nourriture pauvre et de mauvais goût, les lères années qu'elle a esté à Montréal, Quant à moy je ecroy que son ardeur pour la pinitence estoit si grande en elle qu'elle luy a esté un sujet de faire plusieurs fautes contre la soumission et l'obéissance qu'elle devoit au con fesseur de la maison, qui m'estoit pas content d'elle par cet endroit, nila supre quand elleen eut quitté l'office, Je ne dirai rien de la pauvreté de ses habits qui estoit telle qu'on auroit eu peine d'y trouver quelque peu de la première estoffe à cause que cela estoit semblable à ces deux chères compagnes mes soeurs Macé et Maillet, Je ne cacheraïi pas ici que notre chère sr, dont je parle a quitté pendant un temps Monsr. Souart notre confesseur et se confessoit et dirigeoit à un autre uniquement parce qu'il n'approuvoit cv qu'elle vouloit au fait de la mortification, qui la rendoit un peu trop singulière dans la communauté et advançois ses Jours. Ceci arriva quelques années avant sa mort: plusieurs ont cru que son esprit estoit afaibli ce qui la porta à faire ces choses qu'on ne peut approuver et encore moins louer et qui est une tache à sa mémoire dans une personne si pleine de vertus.
On remaicuoit aussy net des discours et manières qui tendois à l'enfant dans sa conversation ce qui n'étoit pas causé par son grand âge qui n'a pas esté jusqu'à 60 ans mais par d'autres causes qui sont aisées à comprendre. De cc temps-là. Elle entreprit une manière de vivre aprochante des Sts hermites de la thébaïde, elle ne mangewoit que des croutes et morceaux de pain de restes des srs et des malades quelle fesoit boucanner dans la cheminée pendant plusieurs jours elle se fesoit potages de ces croutes dans un petit pot de terre avec des herbes amères, sans autres assaisonnements qu'un peu de sel disant et voulant nous faire croire que cela estoit pour sa santé et ‘des salades d'herbes dégoutantes
qu'elle mangeoit avec du vinaigre pour les mesmes desseins.
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