SEINS
Mémoires de Sœur Morin
Selle mangeoit quelque vetit morceau de viande e'étoit duns la mesme sauce de la fumée et de la süie, Le mettant plusieurs jours dans un trou de la cheminée auparavant, ce qui l'empéchoit de prendre ses repas avec les autres aux heures marquées, ce qui prouve assez que son esprit étoit baissé considérablement, Quand elle mangeoit avee nous au refectoir c'étoit par faveur et complaisance ee qui arrivoit rarement, Elle a gardé ce régime de destruction dela nature bien des années, quelque chese qu'on pût faire pour l'en empêcher; car cela nous peinoit beaucoup, mais tout ce qu'on put faire pour cela inutile trouvant des raisons et des biais pour y faire consentir les supérieures qu'ils ne pouvois luy refuser et gawnoit toujours leur consentement ; avouant euxntesmes n'y pouvoir resister, Je reviens sur mes pas pour quelque ehose de son détachement des personnes qu'elle aunoit le plus en Dieu comme jel’ai promis car ses plus proches parents luy estois siindiférents qu'elle n'écrivit à aucun d'eux depuis qu'elle fut en Canada, Ifuit années après, Madame de la Basne sa tante luy envoya un petit balot d'ornements pour notre église qu'on estima valoir au moins six cent francs et cent esvus, qu'elle Juy promit pour aider à faire un soleil à exposer NS. sur l'hostel, qu'elle envoya en mesme temps Monsieur Macé à Paris notre bon amy qui remplit son intention qu'elle savoit estre en nos intérêts. Pour lors ma chère Sr, de Bresolles erut estre obligée de remercier sa chère tante .et luy écrivit pour cela, Le R. Père Diet, qu on peut dire avoir esté son tout après Dieu, peut bien tenir le premier rang dans ces détachements, luy qui l’avoit conduite dès son enfance et luy avoit fait faire des pas de géant dans la perfection pour suivre les atraits de la grâce, à qui elle s'étoit confiée parfaitement et, obéissoit aveuglement en tout ce qui regarde l'oeuvre de sa sanetification, qui l'a dirigée toute sa vie le regardant toujours comme l'interprète fidèle des desseins de Dieu sur elle, regardant tous les autres directeurs proche comme les supplé-
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ments dece R. Père, qui d: sa part l'estimoit beaucoup. J'ai déjà dit avoir vu de se: lettres qu'il éerivoit à Madame d’Aillebout en parlant de cette chère soeur il dit, qu'il la exoit une des plus grandes servantes de Dieu qui fut sur laterre présentement. C'est à la vérité un grand éloge et qui a beaucoup d'éclat sortant de la bouche d’un sy grand homme. Ilécrivoit tous les ans une petite lettre à sa fidèle diseiple pendant qu'il a véseu et elle luy répondit de miesme ce qui a fini 2 ou 3 ans au plus avant la sienne,
Ma Sr Bresolles avoit fait de grandes liaisons spirituelles avec plusieurs soeurs ce nos couvents de La Flèche et de Laval oùelle avoit demeuré 7 ou 8 ans, elle luy écrivoit des lettres les plus tendres en amitié et pleines d'estime sans qu'elle parut estre touché» et disoit ordinairement: ce sont des paroles que tout cela qui sont obligeantes et pleines de bonté de ces chères srs. pour moy que je ne mérites pas, mais elles ne pensent pas que cela ne me convient pas puisque je suis venue en Canada our chercher et gouter Dieu tout seul; et soutient ce commerce peu d’années ne faisant plus de réponses, plusieurs années avant sa mort elle a cessé tout commerce; leslettres disant que c’étoit du temps perdu et fort mal employé a moins qu'on y fut obligé par quelque bonne ‘aison dechaiité et d'obéissance ; ce quel avoit pratiqué toutesa vie, Dans ses derniètes années ne pensa plus qu’à faire honorer le St Enfant Jésus et à le faire elle mesme de tout son coeur, Oùuluy donna l'office de première portière, ce qui favorisa bien sa dévotion car elle fit une chapelle sur la margelle d'un vieux puits qui estoit sans eau dans une cour de L’hospital v mit l’image du St Enfant conviait toutes ses srs, ses amis, les enfants, r1esme les sauvages à aller l’adorer ence lieu pauvre qui représentoit en cela la crèche de Beth-
léem. Pour elle on peut dire que c’étoit son lieu de repos et de délices pour l'âme y #oûtant beaucoup de consolations, y prenant auss: ses récréations après les repas, y fesoit souvent ses méditations et récitoit son office, ce qu'on luy per-
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Mémoires de Sœur Morin 213
mit à cause que le parloir étoit loin de la maison pour son soulagement. Enfin la mort la prit dans ses exercices si saints. Un soir après souper qu'on chantoit un salut au choeur pour demander à Dieu la victoire pour Mons. le Marquis de Denonville qui étoit en inarche avec nne grosse armée de francais et sauvages pour aller sacager les Yroquois nos ennemis, une personne séculière vint avertir dans la salle des pauvres que la mère de Bresolles étoit tombée morte proche la grille du parloir, on y courut à l'instant et on la trouva sans paroles et sans jugement le visage si contrefait qu'elle avoit la bouche près de l'oreille. Nous la portâmes dans la chambre commune, bien triste de voir cette chère mèreen cet estat. Le lendeman NS. luy redonna la raison, par les remèdes qu'on lui fit: recut tous les sacrements de l’égliseen des dispositions très sainte témoignant un grand contentement de mourir dans l'espérance de jouir bientost de Dieu et de mettre fin au péché en elle qui étoit sa prière plus ordinaire et le plus ardent désir de son coeur. Elle mourut le troisième de la maladie le premier jour de juillet de l’année 1687. Il faudroit un historien plus habile que moy pour dire iei et nous faire connoistre mes très chèressoeurs la douleur que tout le peuple du Canada fit paroistre de la perte de cette grande hospitalière et vraie servante des pauvres. I v en eut peu qui ne la pleurèrent comme leur mère, mesme les sauvages qui vinrent à troupes la voir exposée dans le choeur, comme les autres personnes, qui témoignèrent tous unanimement avoir une estime particulière de sa vertu et de son mérite devant Dieu: ce qui est bien fondé de sur aussy grandes oeuvres que celles que cette âme généreuse et fidèle à faites pour Dieu.
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