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entièrement indépendant de la mère-patrie. ‘* Mais,” ajoute Le savant et perspicace philosophe suédois, “ comme les côtes ne sont pas protégées, et que l’intérieur du pays est harassé par les Français en temps de guerre, leur dangereux voisinage devrait avoir l'effet d'empêcher que le lien entre les colonies et la métropole ne soit entièrement brisé. Le gouvernement anglais a, par conséquent, d'excellentes raisons de considérer les Français de l'Amérique du Nord comme ses meilleurs auxiliaires pour retenir ses colonies dans le devoir.”
Il n'y avait que deux imprimeries à New-York et quelques journaux hebdomadaires publiés en langue anglaise.
En 1710, cinq sachems ou chefs iroquois partirent de New-York pour l'Angleterre dans le but d'engager la reine Anne à faire alliance avec eux contre les Français.
Les premiers colons de New York étaient Hollandais. Quand la ville fut prise par les'Anglais et qu’elle leur fut cédée ensuite en échange contre Surinam, la plupart de ses habitants restèrent en possession de leurs biens. Les anciens demeuraient fidèles aux coutumes et à la langue de leurs pères. Mais les jeunes gens ne parlaient déjà lus que l'anglais, fréquentaient les églises anglaises et trouvaient mauvais qu'on ne les prît pas toujours pour des Anglais.
L'anglomanie, passant dans les mœurs, émoussait bien le sentiment national, mais pas assez pour affaiblir l’attachement au sol. Propriétaires de vastes étendues de terrains et des plus beaux domaines, les descendants des colons hollandais les gardaient avec jalousie, et ne consentaient à les vendre aux Angiais qu'à des prix
énormes. Il s'en suivait que les émigrants avaient peu d'encouragement à s'établir dans le pays, et se dirigeaient vers les autres provinces.
Le 3 Novembre, Kalm partit de New-York pour retourner à Philadelphie, où il arriva le 5
Le savant naturaliste se livre à une — dissertation sur le putois (1), appelé généralement Polecat par les Anglais, Skunk à New-York, Fiskatta par les Suédois, Bêle puante, enfant du Diable où Pekan par les Français, Putorius Americanus Striatus par Catesby dans son Histoire Naturelle de la Caroline, et Viverra Putorius par Linné. Cet animal, on le sait, a une arme défensive redoutée des chasseurs dans son urine qu'il a la faculté de lancer an loin quand il est poursuivi, et qui répand une odeur des plus infectes, rappelant quelque peu, d'après Kalm, celle du geranium robertianum (2).
Malgré les tours désagréables que jouent ces mouffettes (3), on réussit quelquefois à les apprivoiser si bien qu'elles suivent leurs maîtres comme des chiens.
6 NOVEMBRE.—Kalm alla passer l'après-midi chez M. Bartram où il fit la connaissance d'un gentleman de la Caroline, qui lui fournit des détails intéressants sur cette province.
Le goudron, la poix et le riz étaient alors les principaux produits de la Caroline
(1) Mephilis Americana, mammifère carnassier du genre des mouffettes et de la famille dés carnivores digitigrades. M.
(l) Œunion robertin, Herbe à Robert (Géraniacées), plante à odeur désagréable, astringente, (Flore Canadienne, p. 11%.)
(?) L'édition anglaise donne du putois (American polecal) aussi bien que du raton (racoon) ds dessins qui ne se trouvent ni dans le texte
suédois ni dans l'édition allemand», mais qui ont été reproduits dans l'édition hollandaise.
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