‹ Mémoires de la Société historique de Montréal [microforme] (volume 2)Chapitre 35 sur 61 · LITE · texte numérisé non relu

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d’autres, tels que la nysse, le tulipier et le liquidambar. Le noyer n’est pas de longue durée ainsi que le chêne blanc ; celui-ci cependant a plus de vitalité que le chêne noir.

Les menuisiers employaient de préférence le noyer noir, le cerisier sauvage, le sapin et le cèdre blanc. L'érable rouge à fibres ondulées était très recherché par les ébénistes. Les chevilles et les tampons employés dans la construction des navires étaient faits de bois de mürier ; les treuils de roues de moulins, de chêne blanc ; les alluchons ou dents de roues d’engrenage et les poulies, de noyer.

Le 13 Décembre, Kalm s’en retourna à Raccoon ; chemin faisant, il remarqua sur des chènes, des érables rouges et des frènes, des loupes ou excroissances dont quelques-unes de la grosseur d’une tête d'homme. Ces tumeurs ou gibbosités sont causées par les insectes qui déposent leurs œufs sous l'écorce des arbres après l'avoir irouée. Le travail d’éclosion des vers fait extravaser la sève qui se condense graduellement jusqu’à former des loupes, Les arbres à feuilles persistantes ne sont pas sujets à cette difformité. Autrefois, les colons, à l’exemple des paysans russes, se fabriquaient des bols et d’autres ustensiles de ménage avec ces bosses.

Les chemins étätient fort mal entretenues dans la province du New-Jersey. Il n’y avait pas de ponts sur les ruisseaux qui coupaient la route et on les traversait comme on pouvait, au risque de se noyer aux eaux hautes. Un arbre tombait-il en travers de la voie, personne ne se donnait la peine de le relever; on se contentait de faire un détour pour l'éviter.

- Les mariages étaient annoncés par la publication des bans, à moins qu'on n'en obtint du gouverneur une dispense qui coûtait vingt-cinq chelins.

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Dans le Maryland, quand un ministre mariait un couple qui lui paraissait peu doué des dons de la fortune, il s’arrêtait au beau milieu de la cérémonie pour demander ses honoraires, et si l’épouseur ne s'exécutait pas de bonne grâce ou demandait du délai, le pasteur refusait de prononcer le conjungo.

Le ministre ne pouvait marier des mineurs sans le consentement des parents, ni des engagés sans le consentement de leurs maîtres, sous peine d’une amende de £€50.

Le pasteur qui donnait la bénédiction nuptiale à un couple formé d’un noir et d’une blanche ou wice versé était passible d'une amende de £100 et de déposition.

Kalm rapporte une coutume singulière qui s'était établie dans cette partie des colonies anglaises. Une veuve trop pauvre pour payer les dettes laissées par son mari à son décès trouvait-elle à se remarier, malgré son dénûment, elle était libre de convoler, mais à la condition de ne porter pour robe de noce que sa chemise. La dame s'étant dépouillée de tout, même de ses hardes, les créanciers du défunt n'avaient plus rien à réclamer, Les régistres font foi de l'existence d'un semblable usage. Kalm rapporte un fait de cette nature dont il a lu le récit dans un journal.

“Une femme,” dit-il, “ sortit un matin de la maison de son mari décédé pour se rendre à celle de son futur. Elle n'avait que sa chemise pour tout vêtement. Mais à mi-chemin son fiancé l’attendait avec une belle robe toute neuve, dont il lui couvrit les épaules en prenart tous ceux qui étaient présents à témoin qu’il faisait un prêt de cet ajustement à sa prétendue et non un cadeau. Après quoi, le couple se rendit à l'Eglise, sans avoir à redouter l’avidité des créanciers du premier mari.”

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on * 94 DÉCEMBRE 1748.

Le savant voyageur cite quelques observations qui donnent de la probabilité à l'opinion que dès longtemps avant le 15e siècle, des Européens sont venus en Amérique et y ont fondé des établissements. Il est certain + que les Suédois, qui se fixèrent au 17e siècle sur les : bords de la Delaware, trouvèrent dans la terre, à la profondeur d'environ vingt-huit pieds, des puits entourés de murs. Evidemment, ces puits furent l'ouvrage d'hommes civilisés, car les Indiens ne savaient pas faire de la brique; ils n’en connaissaient pas même l'usage. Mais s'il y a eu des établissements avant la découverte de Christophe Colomb, que sont-ils devenus ? Leurs habitants ontils 6té massacrés par les Indiens, ou bien ces hardis aventuriers ont-ils fini par adopter les mœurs et les coutumes des sauvages, et se confondre avec les aborigènes ? ht Kalm penche pour cette dernière hypothèse. N'avait:il \: pas l'exemple de ses compatriotes suédois de la Pensylvanie, que les Anglais trouvèrent dans un état de demi- MESA barbarie en 1682. “Et ne voyons-nous pas tous les

jours,” dit-il, “des Européens d'origine française, anglaise, allemande, hollandaise, qui, après avoir vécu pendant plusieurs années successives au milieu des “\ Indiens, en sont arrivés à leur ressembler tellement par leurs manières et leur tournure d'esprit, qu’on ne peut Faute plus ies en distinguer que par la différence de couleur.” É +) De remèdes contre les maux de dents, l’auteur dit A qu'on en comptait autant qu'il y a de jours dans l’année.

Si la douleur provenait d'une dent cariée, on y introduisait du coton imprégné de nicotine, extrait tout brü-

lant du fond d’une pipe bourrée de tabac fumé à grosses G

bouffées. Su

Les Iroquois avaient enseigné aux colons un remède cal

excellent, composé de capsules de l’anémone de Virgi- Ti

et nie trempées dans de l’eau-de-vie, p.n

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Si la douleur était accompagnée de l’enflure des gencives, on s’appliquait sur la joue un cataplasme formé de gruau de maïs, de lait et de saindoux, ou de l'écorce intérieure du sureau blanc, sambucus canadensis, ou encore de cire de Myrique.

Avant la découverte de l'Amérique, les sauvages ne connaissaient pas l’usage du fer. Ils se servaient de pierres pointues ou aiguisées, d'écailles, de griffes d’animaux, de morceaux d'os.

Leurs hachettes étaient formées de pierres cunéiformes attachées avec des cordes à de longs bâtons fendus à leur extrémité.

Pour abattre un grand arbre ou le creuser, ils employaient le feu.

Un morceau de quartz aiguisé leur tenait lieu de couteau.

La pointe de leurs flèches était faite de fragments de pierre acérés; leurs hameçors d'os ou de griffes d'oiseaux.

Ils se fabriquaient des pilons en pierre pour moudre leur maïs, qui, de tout temps, a formé leur principale nourriture.

Leurs chaudrons ou chaudières étaient en terre glaise et en différentes sortes de potstone ou pierre ollaire (Lapis ollaris), ainsi que leurs pipes. Mais la pipe des sachems, appelé calumet de paix par les Français, était faite d’une belle pierre rouge, très rare, et qu'on ne pou. vait se procurer que dans le pays des Ingouez, nation indienne qui, suivant le Père Charlevoix, habitait l’autre côté du Mississipi (1).

5 JANVIER 1749.—Noël fut célébré, ce jour-là, par les Suédois et les Anglais, qui suivaient encore le vieux calendrier.

(1) Voir son journal historique d'un voyage dans l'Amérique, tome V, p. m. 311 et la 13e lettre.—{Note de l’auteur.)

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