CE CE CO CC
Le”)
Le raisin-d'ours (1) croît à profusion ici. Partout où je suis allé dans l'Amérique du nord, j'ai toujours entendu désigner cette plante par son nom indien, Sagackhomi ; et tous, Français, Anglais et Hollandais ont l'habitude d'en mêler les feuilles avec leur tabac.
Le galé ou piment royal (2) est abondant aussi. Les Français le nomment Laurier ou Poivrier ; ils font une grande consommation de ses feuilles pour assaisonner leurs aliments.
La raquette de mer (3) est assez commune, Ses racines, pilées, entrent dans la composition du pain quand la farine est rare, Le sorbier ou frène sauvage, la canneberge f{atocas), le génévrier, les pois de mer, la linnée et plusieurs autres plantes familières aux habitants de la Suède se trouvent ici.
Comme nous retournions de jour à la Baie St. Paul, nous vimes un phoque de couleur grise qui prenait ses ébats derrière notre bateau, tout en ayant soin de se tenir hors de la portée de nos fusils.
Ce matin, nous allâmes visiter la montagne où l’on prétend qu'il existe des veines d'argent ou de plomb, et qui s'élève un peu au sud du moulin des prêtres. Elle est de la même formation que les hauts rochers de couleur grise que l'on trouve en cet endroit ; c'est un composé de granit, de pierre à chaux blanchâtre, de quartz rougeâtre, couleur de grenat, et de mica noir. La pierre à
Q) Arbutus Uva Ursi, Linn, Arbousier, Arctostaphylos, Busserole \Ericacées). (M.)
(2) Myrtca gale, Linn.
(3) Bunias Cakile, Linn. (Crucifères.) (M.)
chaux prédomine, mais elle est d’un grain si fin qu'elle est à peine visible. L'application de l'acide nitrique y produit une forte effervescence, Ensuite vient le quartz rougeûtre ou couleur de grenat disséminé en grains excessivement menus, et qui, battu avec un briquet, jette des étincelles ; puis, de petites particules de mica noir, et enfin les points cristallins et transparents du quartz métallifère. La pierre à chaux contient de menus grains de spath. Toutes ces différentes espèces de pierre sont bien mélangées, à l'exception du mica qui, parfois, se répand en petites lignes ou veines. La roche est naturellement très dure, mais exposée au soleil et en plein air, elle se décompose et devient friable, et alors il est presque impossible d'en distinguer les parties constituantes.
La montagne est remplie de ravins à coupe hardie ; c'est sur les parois de ces excavations que se trouve le minerai de plomb en veines, courant de lest-sud-est à l’ouest-nord-ouest. D'après son apparence, il semble que la montagne portait autrefois dans ses flancs des crevasses qui, avec le temps, ont été remplies par une sorte de pierre, dans laquelle le minerai de plomb s’est produit, et qui est un spath mou, de couleur blanche et souvent semi-diaphane, pouvant se travailler aisément. On y trouve quelquefois des filons de pierre à chaux d'une blancheur de neige et presque toujours des veines vertes ressemblant à du quartz. Ce spath contient beaucoup de fils et se casse en morceaux comme le quartz ; mais il est beaucoup plus noir et il n’en jaillit pas d’étincelles lorsqu'on le frappe avec l'acier ; il n’entre pas en effervescence sous l’action des acides et n’est pas doux au toucher, Il parait être une espèce du
spa con gris bric le n d'u car cub spal n'ay sauf vin, larg tion de d tant vein min conc I y que tout.
dire.
s'en plus spat cons en
posé rédu
(1) Intro (
cubiq
BAÏE ST, PAUL. 163
spath vitrescible de M. le Professeur Wallerius. (1) 11 contient quelquefois de petits morceaux d’un quartz grisâtre qui émet de fortes étincelles sous l'action du briquet. C’est dans cette sorte de pierre que se trouve le minerai de plomb en protubérances de la grosseur d'un pois, et plus rarement en lamelles d’un pouce carré. (2) Le minerai est très clair et a la forme de petits cubes, mais il est généralement pauvre, Les veines de spath mou et des autres espèces de pierre sont étroites, n'ayant guère plus de dix à quinze pouces de large, sauf en quelques endroits où j'ai trouvé des veines de vingt pouces ; une avait vingt-deux pouces et demi de large. La ravine qui coupe la montagne dans la direction des moulins court dans une gorge, profonde de près de douze verges. Cette conformation du terrain faeilitant mon examen, j'ai remarqué que la largeur des veines est la même près du fond du ruisseau, et que la mine n’est pas plus riche en bas qu'en haut ; d’où je conclus qu’elle ne paierait pas les frais de l'exploitation. [l y a dans le voisinage trois ou quatre autres veines, à quelque distance les unes des autres mais elles sont toutes de la même nature. Elles ont en général une direction perpendiculaire, avec une légère tendance à sen écarter. Quand cette pierre verte dont j'ai parlé plus haut est mise dans de l’eau, une grande partie du spath blanc et de la pierre à chaux qui y adhèrent se consume ; mais la pierre elle-même demeure intacte. Il en est de même de la surface de la veine qui est exposée au soleil, à l'air et à la pluie ; les agents extérieurs réduisent ses parties molles en poussière, ne laissant que
(1) Voyez son Traité sur la Minéralogie, éd, allemande, p. 87, Forster, Introduction to Mineralogy, p. 13. (F.)
(2 C'est un minerai de plomb à cristaux apparlenant au système cubique, Galène, Forster, introduction à la minéralogie, p. 51,
la pierre verte, qui est alors très rude au toucher, On y trouve quelquefois des trous profonds remplis de cristal de montagne. La pius grande quantité du minerai de plomb ou d'argent gît immédiatement sous le roc, et même sur les côtés de la veine. Çà et là brillent dans le spath de petits grains de pyrites couleur d'or fin. La pierre verte, broyée et mise sur une pelle chauffée à blanc, brüle, émettant une flamme bleue, et au dire de quelques-uns, une odeur de soufre que je n'ai pu constater pour ma part, bien que j'aie le sens de l’odorant excellent. La méme pierre, exposée à un feu ardent, perd sa couleur verte et devient blanchâtre, mais elle n'entre pas en effervescence sous l’action de l'eau forte.
Les sources sulfureuses (si je puis les appeler ainsi) sont : 1 pied de ja montagne qui contient la mine de plomb et d'argent. Leurs eaux en se réunissant forment un petit ruisseau, dont la surface est couverte d'une matière blanche, farineuse, à odeur de soufre, qui s’attache aux arbres et à tous les autres corps que le ruisseau rencontre dans sa course. Le bois imprégné de cette matière, lorsqu'il est séché et mis au feu, brüle avec une flamme bleue et émet la même odeur. Cette eau mêlée avec de ia noix de galle ne change pas de couleur, elle n'affecte pas, non plus, celle du papier bleu, et ne fait pas de mousse avec le savon. Elle ternit l'argent. La lame d'un couteau en a été retirée tout-à-fait noire au bout de rois heures. Elle a une odeur désagréable qui se fait sentir davantage lorsque ie temps est à la pluie. Un essaim de sauterelles vient d'y tomber en ce moment même. Les habitants se servent de cette eau comme d'un remède contre la gale.
Dans l'après-midi, nous ellâmes visiter une autre veine dont on parle comme renfermant du minérai d'argent.
rl
vit:
d'u pet vitr en len disf che cou que es Yon mor ces dis pou les refo
mot tien fois
faci sou cala de f du
très
ins La e à de nsant nt, le
rte.
A si) de ent ane V'ateau tte ane èlée elle pas ame t de fait Un ent me
eine ent.
BAIE ST, PAUI. 165
Elle est à environ un quart de mille au nord-est de la Baie St Paul, près d'une pointe de terre appelée Cap au Corbeau et sur le bord de la rivière St Laurent. La montagne qui contient cette veine est formée de spath vitrescible rouge-pâle, de mica noir, de pierre à chaux, d'un quartz à grains couleur pourpre ou de grenat et d’un peu de quartz transparent, Tantôt c’est le spath vitrescible rougeâtre qui domine, et alors on le trouve en filaments de petits grains très durs, tantôt c'est le mica noir; généralement ces deux substances sont disposées en lignes alternantes. La pierre à chaux blanche s’y mêle en particules presqu'invisibles. Le quartz couleur de grenat est disséminé par-ci par-là, cependant quelquefois il forme à lui seul de longues coulées. Nes grains aussi gros que des têtes d’épingles, sont ronds et briliants : ils étincellent au choc de l'acier. Les montagnes voisines de la mer sont entièrement formées de ces différentes sortes de pierres, toutes très dures et disposées en lits penpendiculaires de dix à quinze pouces d'épaisseur, suivant une direction nord-ouest qui les éloigne de la rivière; on dirait que l'eau en les refoulant les force de s'appuyer sur le côté sud-est des montagnes dont elle baigne le pied. Ces hauteurs contiennent de petites veines d’un spath blanc ou quelquefois verdàtre, très fin, semi-diaphane et mou, s'émiettant facilement en grains, et dans lequel on trouve très souvent des lamelles qui « 1t l'apparence de la blende calaminaire (1) et plus rarement des cristaux de minerai de plomb disséminés ei et là, Les montagnes auprès du rivage sont formées de hornblende à grains noirs très beaux et d’une pierre à chaux ferrugineuse, mais la
(1) Forster—ïintroduetion à la Minéralogie, p. 90, Zincum Slerilum, Lion, Syet, Nat, ITT, p, 126, Ed, XIT.
première substance est trois où quatre fois plus considérable que l’autre.
Il y a dans les environs une source sulfureuse exactement semblable à celle que j'ai décrite plus haut. La masse d’eau à larges feuilles (1) croît dans la source même et ne s'en porte pas plus mai. Mais voici, tout près, un frène sauvage qui ne s'accommode pas si bien de ce voisinage, si l’on en juge par la teinte pâle et languissante de ses capsules, bien différente de la couleur ordinairement rouge foncé des fruits de cet arbre.
On fait du goudron en grande quantité à la Baie Kt, Paul. (2) Nous passons en ce moment près d'une localité où l’on se livre à cette industrie pendant l'été, comme chez nous dans la Bothnie-Orientale, mais plus en petit.
On m'avait dit, cependant, qu'il y en avait ici de très grandes fabriques. On n’emploie que le pin rouge (3) pour faire le goudron. Tous les autres pins, dont il y a plusieurs espèces ici, sont trop pauvres en sucs gommeux, et encore n'utilise-t-on que les racines—toujours remplies de résine—après les avoir entièrement arrachées de terre, avec environ deux verges du tronc, laissant tout le reste de côté. On ignore encore, ici, l'art d'attirer la résine sur un seul côté de l’arbre en en enlevant l'écorce ; du moins, on n’y prend jamais
(1) Où massette— plante miécageuse—dont en certaines parties de l'Europe, on couvre les toits et dont on remplit les matelas, Typha Lalifolia. Linn., genre type de la familie des Typhacées. (M)
(2) En 1735, M. Hocquart fit embarquer ur le vaisseau du roi 350 livres de térébentine et 400 baïits le goudron, fournis par les habitants de la Baie St, Paul, de la Rivière Ouelle et de Chamblv. Ferland, Cours d'Histoire, Vol. ?, p. 450, (M)
(3) Pinus foliis geminis longis; rainis tripici fas-iculs loliorum termi
natis, conis ovatis lævibus, Elor, Canad
cou qu mo ren che
qu' d’'e les rou Car
s'él
jpha
auts
'ours
ce moyen. Les quarts de goudron sont d'environ moitié moins grands que les nôtres. Une tonne contient quarante-six pots et se vend maintenant vingt-cinq francs à Québec. Le goudron est excellent à ce qu'il paraît.
Le rivage est recouvert en quelques endroits d'une espèce de sable de perle, à grains de quartz, petits, semitransparents; ailleurs, c’est un sable composé de petites particules de mica qui domine; ou bien, c'est le sable couleur de grenat décrit plus haut et qui est abondant en Canada,
Un nuage épais ressemblant à la fumée d'un fourneau à charbon enveloppe la cime et parfois entame les contours arrondis des montagnes qui bornent l'horizon et dont plusieurs sont très élevées. J'ai demandé à des voyageurs qui ont parcouru l'Amérique du Nord s'ils avaient rencontré des pics dont le sommet fut toujours couvert de neige; ils m'ont invariablement répondu qu'il n’y en avait pas sur cette partie du continent. Les monts les plus sourcilleux, par exemple, ceux qui séparent le Canada des colonies anglaises, gardent leur blanche couronne pendant une partie de l'été seulement.
L'habitant de la campagne ne sème et ne cultive de lin qu'autant qu'il lui en faut pour son usage. On vient d'en faire la récolte ici; j'en vois répandu partout dans les champs, les prairies et les pâturages où on le laisse rouir. Je remarque qu'il est très court cette année en Canada.
Il ya du minérai de fer, ici, et dans les environs. À près d'un mille suédois de la baie St Paul, dans l’intérieur, s'élève une montagne qui en est toute remplie, Le
in] man + à LiTRE C4 'ALE ee 1% HR Ce
pays d'alentour étant couvert d'une forét épaisse et entrecoupé de ruisseaux de différentes grandeurs, rien ne serait plus facile que d'y établir une fonderie. Mais le gouvernement a fait si peu de bénéfice avec celle de Trois-Rivières, que personne n'ose lui proposer de tenter une autre expérience.
Ce matin de bonne heure nous mimes à la voile pour Québec et nous poursuivimes notre route jusqu'à midi maloré une forte pluie accompagnée de tonnerre. Mais au milieu du jour, la marée commençant à baisser, il nous füt impossible de continuer, et nous débarquämes à un village appelé Petite Rivière.
Ce hameau est situé sur la rive occidentale du St Laurent et est bâti sur les bords d'un ruisseau, de là son nom. Les maisons disséminées çà et là dans la campagne sont construites en pierre, ainsi que la jolie petite église paroissiale. A l'ouest du village s'élèvent de hautes montagnes, si hautes que le coucher du soleil a lieu ici trois ou quatre heures plus tôt qu'ailleurs. La rivière St Laurent enlève chaque année un morceau de terre dans la partie orientale du hameau et les habitants craignent de perdre avant longtemps le peu qui leur en reste, à peine la largeur d’une portée de mousquet. Toutes les maisons sont bien remplies d'enfants.
Le schiste ardoisier qui forme les collines, ici, est de deux sortes—le noir que j'ai décrit plus haut en parlant du roc sur lequel Québec est bâti, et un autre plutôt grisfoncé que noir et qui parait être une variéte du premier, On l'appelle pierre à chaux dans le pays. On le distingue surtout de l’ardoise noire en ce qu'il se taille très aisément, donne une chaux très blanche et ne
mar d'oc SAIS la dl qua com bass de ] Les de ] dif tou) de 1 arri bru crai che: