LAPRAIRIE
échelles, des pincettes, des marteaux, des clous, etc, tous les instruments qu'on s'est imaginé, à tort ou a raison, avoir servi au crucifiement de notre Sauveur, Le village est entouré de palissades, de quatre à cinq verges de hauteur, élevées autrefois, pour le protéger contre les incursions des Indiens. Hors de cette enceinte, il y a des jardins potagers et d'ornement, mais ils sont dépourvus d'arbres fruitiers, L'élévation du terrain, le long de la rivière, est à peu près nulle. Le village a son curé et son capitaine, qui prend le nom de gouverneur. Les terres sont grandes et ensemencées de blé d'été ; on n’y voit ni seigle, ni orge, ni maïs. Au sud-ouest, il y a une grande chüte dans la rivière Kt, Laurent, et l’on en entend distinctement le bruit d'ici. Au printemps, lorsque le volume des eaux s'accroît par la fonte des glaces, qui commence alors, le fleuve inonde une grande partie des terres, et au lieu de les fertiliser, comme le Nil, par son débordement, fait pour l'Egypte, il leur cause au contraire beaucoup de dommages, en y déposant des plantes dont les graines répandent toutes sortes de mauvaises herbes, qui ruinent les champs. Ces inondations obligent les habitants à élojgner leurs bestiaux à une distance considérable, parce que l’eau s'étend très loin; mais heureusement elle ne reste pas plus de deux ou trois jours. Le plus souvent ces débordements sont causés par l’amoncellement des glaces dans quelque partie de la rivière.
La Zizania aquatica, où Folle-Avoine, croit en abondance sur les bords d’un ruisseau qui arrose les terres dans le bas de Laprairie.
Ce matin je suis allé de Laprairie à Montréal en ba-
teau, sur la rivière St. Laurent. Le fleuve est très rapide, mais pas très profond près de Laprairie, telliement que les yachts ne peuvent remonter plus haut que Montréal, excepté en printemps, à la crûe des eaux, époque à laquelle ils peuvent aller jusqu'à Laprairie, mais pas au-delà. On voit Montréal, du village et tout le long du trajet. A notre arrivée, il y avait foule à la porte de la ville. La nouvelle de la prochaine visite d'étrangers avait excité la curiosité. On avait bien, déjà, entendu parler de notre pays, mais on n'avait jamais vu de suédois, et chacun de nous dire que nous étions les premiers de notre nation qui fussent jamais venus à Montréal. À peine avions-nous mis pied à terre, que le gouverneur de la ville me dépécha un capitaine chargé de me conduire à son hôtel, et qui m'y introduisit. Le baron Longueuil n'était encore que vice-gouverneur, mais il attendait sa promotion de France, d'un jour à l'autre. Il me fit un accueil plus civil et plus généreux que je ne saurais l’exprimer, et me montra des lettres du gouverneur-général du Canada, le marquis de la Galissonnière, qui y marquait avoir reçu l’ordre de la cour de France de me fournir de tout ce dont j'aurais besoin, attendu que je devais voyager dans ce pays aux dépens de Sa Majesté Très- Chrétienne. En un mot, le gouverneur Longueuil me combla de faveurs, tant durant mon premier séjour qu'à mon retour de Québec, à un point excédant de beaucoup ce que je pouvais espérer ou imaginer.
La différence entre les manières et les coutumes des français à Montréal et au Canada, et celles des anglais dans les colonies américaines, est la même qui existe entre ces deux nations en Europe. Ici les femmes en général sont belles; elles sont bien élevées et vertueuses, et ont un laisser-aller qui charme par son
innocence méme, et prévient en leur faveur. Elles s'habillent beaucoup le dimanche, mais les autres, jours, elles s'occupent assez peu de leur toilette, saui leur coiffure, qu'eiles soignent extrêmement, ayant toujours les cheveux frisés et poudrés, ornés J’aiguilies brillantes et d’aigrettes. Chaque jour de la semaine, le dimanche excepté, elles portent un mantelet petit et élégant, sur un court jupon, qui va à peine à la moitié de la jambe, et dans ce détail de leur ajustement, elles paraissent imiter les femmes indiennes. Les talons de leurs souliers sont élevés et très étroits ; je m'étonne qu'ainsi chaussées elles puissent marcher à l'aise, En fait d'économie domestique, elles surpassent grandement les anglaises des plantations, qui ne se gènent pas de jeter tout le fardeau du ménage sur leurs maris, tandis qu'elles se prélassent toute la journée, assises, les bras croisés (1). Les femmes en Canada, au contraire, sont
dûres au travail et à la peine, surtout parmi le bas peuple ; on les voit toujours aux champs, dans les prairies, aux étables, ne répugnant à aucune espèce d'ouvrage. Cependant elles se relâchent un peu à l'égard de la
propreté des ustensiles et des appartements, car, dans quelques maisons, aussi bien à la ville qu'à la campagne, les planchers ne sont lavés qu'une fois par six mois ; cela n'impressionne pas agréablement l'étranger qui arrive d'un voyage dans des pays hollandais ou anglais, où le curage et le frottage des planchers sont regardés comme chose tout aussi importante que l’exercice de la religion.
(1) Hparait qu'à l'avenir, le beau sexe, dans les colonies anglaises de l'Amérique du Nord, cessera de mériter des reproches de la nature de ceux que M. Kalm lui adresse si souvent; en effet, on dit que les dames, depuis quelque temps, rivalisent entre elles à qui pourvoira le mieux sa famille, de linge, de bas, de toiles de ménage tissées de leurs propres mains, et qu'un esprit général d'industrie s'empare d'elles en ce moment, (K.)
Pour empécher la poussière accumulée de devenir nui. sible à la santé, les femmes arrosent le parquet plusieurs fois par jour, ce qui a l'effet de la rendre encore plus épaisse. Les aspersions se répétent aussi souvent que la poussière est sèche et se soulève. En général cependant les dames ne refusent pas de prendre leur part des soins du ménage et j'ai vu avec plaisir lesfilles du meilleur monde—voire même celles du gouverneur, habillées pour l’occasion, aller dans les cuisines et les celliers pour s'assurer que tout y était en ordre.
Les hommes sont extrèmement polis et saluent, en ôtant leurs chapeaux, chaque personne, indistinctement, qu'ils rencontrent dans les rues. Il est d'usage de remettre une visite le lendemain même, en eüt-on des vingtaines à faire dans la journée.
D'après ce que j'ai appris de quelques Français qui ont fait la chasse au castor avec des Indiens dans les parties septentrionales du Canada, les fourrures les plus recherchées sont les peaux de castors, de chats sauvages ou lynx et de martres. (1) Ces animaux sont d'autant plus appréciés qu’on les trouve plus au nord, parce que leur poil est mieux fourni et qu’il a une plus belle apparence que celui des peaux qui proviennent de chasses faites au midi ; les fourrures sont plus ou moins estimées, suivant que le lieu d'où elles sont rapportées est plus rapproché, ou s'éloigne d'avantage du pôle arctique.
Les Français du Canada donnent le nom de perdrix blanche à une espèce d'oiseaux qui abonde, durant l'hiver, près de la Baie d'Hudson, c'est notre Ptarmigan ; ou poule-de-neige (Tetrao Lagopus). Elle est très nombreuse au temps des fortes gelées et lorsque la neige commence à tomber en grande quantité. On décrit ce la-
(1) Mustela Canalensis, Pennant’s Marten (carnivores digitigrades.) M,
MONTRÉAÏ. 45
gopède comme un oiseau à pattes blanches, rugueuses, et à plumage entièrement de la même couleur à l'exception de deux ou trois pennes noires à la queue. Leur chair est savoureuse et délicate. Dans l'Histoire Naturelle des oiseaux d'Edwards (page 72) on voit que le
ptarmigan est commun aux environs de la Baie d'Hudson (1).
Il en est de même des lièvres qui sont très communs aussi en Canada, où j'en ai vu souvent; ils ressemblent en tout à nos lièvres de Suéde. Leur poil est gris foncé en été, et blanc comme la neige en hiver, ainsi que chez nous.
Les arts mécaniques tels que l'architecture, l'ébénisterie, laconfection des ouvrages au tour, etc., ne sont pas aussi avancés ici qu'on devrait s’y attendre, et les Anglais sous ce rapport l'emportent sur les Français. (Cela vient de ce que la plupart des colons, ici, sont des soldats licenciés qui n’ont pas eu l’occasion d'apprendre aucun métier, ou n’en ont appris un que par accident ou par nécessité. Il y en a cependant qui ont de bonnes notions de la mécanique et j'en ai vu un qui faisait d'excellentes horloges et montres, quoiqu'il n’eût que fort peu d'instruction (2).
(l) Voyez Br. Zool. Suppl. Planche XEI, f, 1. (F.)
George Edwards, auteur de l'Histoire Naturelle des Oiseaux, Animaux et Insectes, en 210 planches coloriées, avec la description en français, publiée à Londres en 1745-8, 1750-1; quatre parties en deux vols, in-4°, (M.)
(2) Cette assertion de Kalm est en désaccord avec le témoignage de Abbé de la Tour (#Wémoires sur la vie de M. de Laval), qui dit que les méliers étaient portés à une grande perfection chez les Canadiens dès 1667, et qu'on trouvait parmi eux de fort bons ouvriers, les petits enfants eux-mêmes montrant de l'adresse,
“Dans le dessein de favoriser cette aptitude naturelle des Canadiens
JUILEET 1749, 46
La présence de la mouche commune ou mouche de maison (1), n’est observée dans ce pays que depuis environ cent cinquante ans, suivant ce que m'ont assuré plusieurs personnes, tant ici qu'à Québec. Les Indiens aflirment tous la/même chose, et sont d'opinion que cette mouche a été apportée ici dans des vaisseaux Européens qui se sont échoués sur la côte. Je ne 'disputerai pas avec eux sur ce point, cependant il me souvient que dans les solitudes entre Saratoga et Painte-à-la-Chevelure ou Fort St Fréderic, sitôt que je m'asseyais pour prendre du repos ou pour manger, j'étais importuné par des mouches de l'espèce de la mouche commune qui venaient se poser sur moi. Ilest par conséquent douteux si la présence de la mouche en Amérique ne remonte pas à une époque plus éloignée que celle indiquée, ou si elle a été importée d'Europe. D'un autre côté, on peut prétendre que l'existence de cet insecte dans ces solitudes date du temps où le fort Anne étant encore debout, les Anglais y passaient et repassaient souvent. D'ailleurs, des voyageurs européens, tant avant que depuis éette époque, ont pu, en parcourant le pays, apporter ces mouches, avec leurs provisions.
Les bestiaux sauvages abondent au sud du Canada et leur existence y a été remarquée de temps immémorial, surtout dans le pays des Indiens Illinois, dont la latitude est à peu près la même que celle de Philadelphie. On en rencontre rarement plus au nord. J'ai vu aujourd’hui, une peau de bison (2) de grandeur égale à “ pour les arts et métiers, Mgr. de Laval établit à St Joachim un pen- + sionnat, où les enfants de la campagne, avec une éducation religieuse, «“ recevaient une bonne instruction primaire, étaient formés à Pagricul- “ture, ou apprenaient des méliers.”" Cours d'Histoire du Canada, Il p, 65. (M)
(1) Musca domestica (Diptera). (M)
(2) Bos americanus (Ruminants). (M.)
celle de la plus belle peau de bœuf d'Europe, mais le poil en êtait meilleur, et de couleur noir foncé, comme celui de l'ours brun. Le pelage de dessous est aussi soyeux que la laine. Le cuir ne m'a pas paru très épais, eten général, la peau du bœuf sauvage n’est pas estimée autant que la peau d'ours en France. En hiver, on étend ces robes sur le plancher pour se tenir les pieds chauds. Le poil de quelques uns de ces animaux, me dit-on, donne une laine qui, en longueur et en finesse, est égale, sinon supérieure à la laine du mouton. Onen fait des bas, du drap, des gants et diverses étoffes, qui paraissent aussi bonnes que si la toison du plus beau mérinos en avait fourni la matière première ; les Indiens l’emploient à plusieurs usages. La chair du bœuf sauvage vaut celle du bœuf domestique tant en substance fibreuse qu'en graisse, et sa peau, lorsqu'elle a une épaisseur suflisante, ce qui arrive quelquefois, est d'aussi bon service que le cuir de la vache d'Europe.
Le bœuf sauvage est plus gros et plus fort que le bœuf d'Europe, et sa robe est couleur brun foncé. Ses cornes sont courtes mais très épaisses à leur racine. Ces qualités, sans compter beaucoup d’autres qu'il a en commun avec ie bœuf domestique et à un plus haut degré de perfection, ont induit quelques expérimentateurs à tenter de l'apprivoiser, afin de mieux tirer parti de sa foururre pour l’industrie, et de sa grande force pour l’agriculture Dans ce but, on s’est procuré des veaux qu’on a apportés à Québec, et dans d’autres localités, pour les croiser avec des animaux domestiques ; mais ils moururent au bout de trois ou quatre ans. Bien qu'accoutumés à voir du monde constamment, ils avaient toujours retenu leur férocité naturelle et leur caractère ombrageux, dressant les oreilles et tremblant à la vue d’un homme, ou prenant la clef des champs ; de sorte qu’on n’a pu encore trouver
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moyen de domestiquer le bison. Des éleveurs croient qu'il ne peut supporter le froid, vû qu'on ne le rencontre jamais plus au nord qu'à la latitude déjà mentionnée, quoique l'été soit très chaud, même dans ces régions septentrionales. On pense que lorsque le pays aux alentours des Illinois sera plus peuplé, il deviendra plus aisé de dompter ces animaux, et qu'on poura ensuite les utiliser dans les climats du nord (1). Les Indiens et les Français du Canada se servent de leurs cornes en œuise de poudrières de chasse.
Aujourd'hui grandes réjouissances : la paix conclue entre la France et l'Angleterre à été proclamée, Les soldats sont sous les armes; salves d'artillerie sur les murs ; décharges de mousqueterie en bas; feux d’artifice et illumination générale pendant toute la nuit. La population entière est dehors et encombre les rues. Le vouverneur m'a invité à souper et à partager la joie des habitants. Beaucoup d'officiers et de personnes de distinction étaient au nombre des convives, et l’allégresse générale a duré autant que la fête.
Ce matin j'ai accompagné le gouverneur, baron de Longueuil (2), et sa famille, dans une excursion à une petite île appelée Madeleine (Ste. Hélène), qui est sa propriété personnelle. Elle est située dans la rivière St. Laurent, tout en face de la ville, et à son levant. Le gouverneur y possède une fort jolie maison, mais peu spacieuse, et un beau grand jardin avec parterre. Larivière
(1) Ne perdraient-ils pas alors cette supériorité que leur donne l'état sauvage sur les animaux domestiques ? On sait que les petits des animaux apprivoisés dégénèrent de leurs ancêtres libres et sauvages. (F.)
(2) Charles le Moyne, second baron de Longueuil, gouverneur de Montréal en 1749, commandant-eénéral de la colonie en 1752, (M.
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(1) Corro\
ILÉ STE. HÉLÈNE 49
passe entre cette île et la ville, et son cours est très rapide. Près de Montréal, elle est assez profonde pour les yachts ; mais du côté de l'ile il y a si peu d’eau que l'on est oùligé de pousser les bateaux en avant avec des perches. Il y a un moulin sur l’île, qui tourne par la seule force du courant, sans le secours d’une écluse.
Le sumac doux (1), Rhus glabra, (Anacardiacées) croît ici avec une vigueur incroyable: il atteint jusqu'à huit verges de hauteur, et est gros en proportion.
Le sassafras (Laurinées) n’est pas originaire Au pays ; on ne l'y trouve jamais à l'état sauvage au nord du Fort Anne. J'en ai vu plusieurs sur l’île qui, bien que plantés il y a déjà quelques années, ne sont encore que des arbrisseaux, n'ayant guère plus de deux à trois pieds de hauteur. La tige en est détruite par le froid chaque hiver, presque jusqu’à la racine, et produit de nouveaux rejetons au printemps ; j'ai constaté ce fait par mes propres observations ici ; et il paraît qu'il en est de même près des forts Anne, Nicholson et Oswego. On tenterait donc en vain d’acclimater le sassafras dans un climat très-froid.
Le mürier rouge Morus rubra, Linn., (Morées) est aussi un arbre exotique. J'en ai vu quatre ou cinq qui avaient atteint une hauteur d'environ cinq verges ; d’après ce que m'a dit le gouverneur, ils ont été plantés il ya vingt ans, et doivent avoir été apportés des pays du sud, puisqu'on n’en trouve pas près de Montréal à l'état sauvage. Le mürier croît naturellement à vingt milles au nord d'Albany, mais il ne dépasse pas cette limite, et même il y est très rare dans les bois--au dire
(1j Le sumac qu'on appelle vinaigrier en Europe est le sumac des corroyeurs, À, Coriaria. (M)
RS RAS em
des gens de la campagne. Lors de mon passage à Naratoga, je me suis informé si le mûrier existait dans le voisinage, —chacun de me répondre qu'on ne l'y avait jamais vu, et qu'il ne croissait plus passé vingt milles au nord d’Albany. Cependant, les quatre ou cinq individus que j'ai vus dans l’île réussissaient très bien, quoique plantés dans un sol pauvre. Leur feuillage est large et épais, mais ils n’ont pas rapporté cette année. On m'assure qu'ils peuvent supporter un degré de froid considérable.
Le hêtre Waler-Beech (Quercinées) a été planté ici dans un lieu ombragé, et a atteint une grande hauteur. Tous les Français des environs l’appellent colonnier (1). On ne le trouve jamais à l’état sauvage près de la rivière St. Laurent, ni au nord du fort St Frédéric, où il est maintenant très rare.
Les cèdres rouges du jardin du gouverneur sont également des arbres de plantation, qui y ont été apportés du midi; on n’en voit pas dans les forêts des environs. Cependant ceux-ci sont de la plus belle venue.
A sept heures et demie du soir, nous laissâmes cette ile charmante, et bientôt après notre retour, le baron de Longueuil recevait à la fois deux nouvelles fort agréables: la première, que son fils était revenu de France, où il avait passé deux années, et la seconde, qu'il apportait avec lui les lettres royales nommant le baron gouverneur de Montréal et du pays qui en relève.
On se sert ici d'éventails faits de queues de dindons sauvages. Dès que l'oiseau a été abattu, on lui
(4) M. Kalm a dit plus haut que ce nom est donné à l’asclépiade de
Syrie.
sur fléc] core ann save
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énlève la queue, que l’on étend en éventail, et on la soumet à un procédé de dessication qui lui fait garder cette forme. Les dames et les hommes de distinction portent ces éventails, en marchant dans les rues, durant la grande chaleur du jour.
Le paturin des prairies autour de Montréal appartient à l'espèce du Poa Capillaris, Linn. (1) (Grraminées). C’est ane herbe très tenue, très serrée, et qui réussit même sur les côteaux les plus arides. Elle n’est cependant pas riche en feuillage, et sa mince tige est employée en guise de foin. Nous avons en Suède de nombreuses espèces d'herbes qui font de bien plus belles prairies que celle-ci.
Le prunier sauvage (Drupacées) vient ici à merveille, sur les côteaux et le long des ruisseaux, autour de la ville, et il est tellement chargé de fruits que ses branches fléchissent sous leur poids. Les prunes ne sont pas encore mangeables, car elles n’ont pas la couleur rouge qui annonce leur parfaite maturité. Ce fruit a une bonne saveur: on en fait des confitures.
Le gadellier noir Ribes nigrum, Linn. (Ribésiacées) abonde aussi, et ses baies sont müres en ce moment. Elles sont très petites, et n'ont pas le g:"t agréable de nos gadelles de Suède.
Le Panais (Ombellifère) se trouve partout le long des rivières, et dans les champs, ce qui donnerait à penser que cette plante est originaire du continent d'Amérique. Cependant dans mon voyage au pays des Iroquois, où aucun Européen ne s’est jamais établi, je ne lai pas rencontrée, quoique le sol y soit excellent. Il faudrait donc
(1) M. Kalm la décrit comme suit: Poa culmo subcompresso panicula Lenuissüma, spiculis trifloris mintmis, flosculis basi pubescenltibus. (E.)
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52 AOUTr 1749,
conclure de cette observation, que le panais a été apporté ici d'Europe, et n'est pas une plante indigène de l'Amérique. Et, par conséquent, on le chercherait en rain sur ce continent, partout ailleurs que dans les établissements Européens.