‹ Mémoires de la Société historique de Montréal [microforme]Chapitre 42 sur 52 · ET · texte numérisé non relu

ET

je

SE

grégations (1). Les habitants ne paient pas encore de taxes au roi, et les seuls impôts qu’il y prélève sont ceux qui proviennent de la douane.

Les prêtres de Montréal ont ici un moulin qui leur rapporte le quart de tout le grain qui y est moulu ; et sur ce quart, le meunier prélève un tiers pour sa part ; ailleurs il er aurait la moitié. Quelquefois, les prêtres louent le moulin une certaine somme. A part eux, nul n’a droit d’ériger un moulin sur l'ile de Montréal ; ils se sont réservé ce privilège pour eux-mêmes. Dans le contra passé entre les prêtres et les habitants de l’île, ces derniers s'obligent de faire moudre tout leur grain dans les moulins des sulpiciens.

On extrait beaucoup de sucre en Canada de la sève de l’érable à sucre, de l’érable rouge et du merisier, de la sève du premier arbre surtout. On la fait couler au moyen d'incisions pratiquées sur l'arbre. J'ai décrit avec soin la manière de fabriquer le sucre d'érable dans les Mémoires de notre Académie Royale des Sciences (2).

Je partis ce matin, de bonne heure, pour m'en retourner à Montréal. La nature commençait à prendre la teinte de l’automne. Les feuilles de certaines espèces d'arbres étaient pâles, celles d’autres essences, rougeâtres, et la plupart des plantes avaient cessé de fleurir. Néanmoins les espèces suivantes étaient encore dans leur période d’épanouissement :

Plusieurs sortes d’astères bleues et blanches, As{eres.

Plusieurs variétés de la verge d’or, Solidaginées.

(1) Paroisses.

(@) Vol. de l'année 1751,

La millefeuille commune, Achillea millefolium. Le prunellier commun, Prunella vulgaris (1).

Le chardon frisé, Carduus crispus (2).

L'œnothère bisannuelle, Œnothera biennis, (Onagrariées.)

Le soleil à feuilles rugueuses trifoliées, Rudbeckia iriloba (3).

La violette du Canada, Viola Canadensis, (Violacées.)

Une espèce de gentiane, Gentiana saponartia.

La vigne sauvage, qui est très abondante dans les bois, grimpe en s’enlaçant autour des grands arbres.

J'ai demandé à des Français qui ont fait de longs voyages dans l’intérieur du pays, quelles sont les différentes substances qui servent à l'alimentation des Indiens. Les sauvages qui vivent dans les régions les plus septentrionales ne peuvent rien planter à cause de la rigueur du froid. Ils n’ont, par conséquent, ni pain ni végétaux ; ils vivent de poissons et de la chair du castor, de l'ours, du renne, de l'élan, du lièvre et de diflérentes espèces d'oiseaux. Les Indiens qui habitent des contrées plus méridionales cultiventle maïs, une espèce de haricot appelée faséole ou favéole, phaseoli, plusieurs variétés de citrouilles, le melon d’eau et le melon (cucumis melo, Linn.). Les fruits de certains arbres des forêts leur sont une grande ressource. Mais ils se nourrissent surtout de poisson et de la chair de certains animaux, par exemple, de la chair du chat sauvage, du chevreuil, du cerf, de l'ours, du castor et de celle d’autres quadrupèdes

(1) Prunus spinosa, variété du genre prunier. (M.\ (?) Genre de la famille des composées, tribu des cinarées. (M.)

(3) Rudbeckie, genre de la famille des composées, tribu des sénécionidées-hélianthées, (M.)

Page 1