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Un autre de leurs mets) favoris c'est l'ivraie (Water | laregrass) (1), que les Français appeilent folle-avoine, et | qui croît abondamment dans les lacs, les eaux stagnantes,
et même dans les rivières dont le cours est peu rapide. | Ils en ramassent les graines en octobre, et en font divers 1 plats, de la bouillie le plus souvent, ce qui est facile
parce que la fécule de la folle-avoine a autant de consis- { tance que celle du riz. En outre, les forêts leur offrent | toutes sortes de fruits les plus délicieux : noix, châtaignes, c mûres, acimine (2), chinquapins (3), noisettes, pêches, ] prunes sauvages, raisins, bluets de différentes sortes, plu- 1 sieurs variétés de nèfles, de mûres, de ronces et d’autres t fruits et racines. Mais les céréales, si communes dans d ce qu'on appelle le vieux monde, étaient entièrement }
inconnues ici avant l’arrivée des Européens, et encore aujourd’hui les Indiens n’essaient pas même de les cultiver, bien qu'ils voient l'usage que les Européens en font, et qu'ils aient un goût très prononcé pour les mets qui sont préparés avec les fruits de la terre.
Les castors abondent partout dans l'Amérique du Nord, et forment l’un des principaux articles du commerce en Canada. Les Indiens se nourrissent de leur chair pendant une grande partie de l’année. Il est certain que ces animaux se multiplient très-vite ; mais on en tue un nombre immense tous les ans. Les Indiens
(l) Zisania aqualica. Linn.
(2) Anona muricata, Linn., l’anone, nommée aussi corossoller ou cachi mentier, genre type de la famille des anonacées, renfermant des arbrisseaux à fruit charnu, en forme de poire ou de cœur, composé dé plusieurs baies, écailleux à l’extérieur et dont le goût est délicienx., (M.)
(3) Faines du hêtre nain—Fugus pumila.
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sont déjà obligés d'entreprendre de longs voyages pour leur faire la chasse. La raison de leur diminution s'explique facilement : les sanvages, avant l’arrivée des Européens, n’en tuaient qu'autant qu'il leur était nécessaire pour se vêtir de leurs dépouilles, et le commerce des fourrures n'existait pas. Aujourd’hui, c’est bien différent : grand nombre de vaisseaux font voile chaque année pour l’Europe, chargés principalement de peaux de castors. La rivalité qui existe entre les Anglais et les Français, faisant hausser le prix de l’article, encourage les Indiens à faire au castor une guerre d’extermination. Beaucoup de gens m'ont dit qu'ils se souviennent d’avoir vu, dans leur jeunesse, toutes les rivières près de Montréal, y compris la rivière St Laurent, remplies de castors et de leurs digues; mais à présent, il faut pénétrer à plusieurs milles dans l’intérieur pour en trouver un seul, tant ils ont 6t6 détruits. J'ai déjà remarqué que les peaux de castors du Nord sont préférées à celles des castors du Sud.
La chair du castor est mangée non-seulement par les sauvages, mais aussi par les Européens, et surtout les Français, les jours maigres, car Sa Sainteté, dans son système, a rangé le castor parmi les poissons. La chair du castor qui s’est nourri de végétaux ou de feuilles du peuplier et de l’arbre à castor (1), est réputée excellente; mais lorsqu'il s’est nourri de poisson, elle n’a pas bon goût, Aujourd'hui, pour la première fois, j'en ai mangé de bouillie ; tout le monde a trouvé ce mets délicieux, excepté moi, qui n'ai pu m'y faire. C’est mangeable, voilà tout. La chair du castor devient noire lorsqu’elle est bouillie et elle a un goût particulier. Pour la
(1) Le magnolier, Magnolia glauca, Linn.
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