‹ Mémoires de la Société historique de Montréal [microforme]Chapitre 7 sur 52 · ENTRE MONTRÉAL ET PROIS-RIVIÈRES · texte numérisé non relu

ENTRE MONTRÉAL ET PROIS-RIVIÈRES

assez d’eau pour ces embarcations. Outre cette ile, il y en a plusieurs autres qui sont toutes habitées. Un peu plus loin, le pays sur les deux côtés de la rivière est désert, jusqu'à ce qu'on arrive au lac St. Pierre, et si bas qu'il est inondé en certains temps de l’année. En revanche, il parait que l’intérieur en est aussi peuplé que les bords de la rivière ailleurs.

Le lac St. Pierre fait partie de la rivière St Laurent, qui est si large ici que c’est à peine si l’on voit devant soi autre chose que le ciel et l'eau. On m'assure que le lac a sept lieues de longueur sur trois de largeur. Du milieu de ce lac, l'on voit à l’ouest un pays fort élevé, dominant les bois. L'eau en plusieurs endroits est couverte d’une espèce de jonc Scirpus palustris, (Cypéracées) Linn.. 1ln’y a pas de maisons en vue sur les rives ; elles sont trop basses, et par suite toujours inondées au printemps, si bien que l’on s'y promène en bateau entre les arbres. Le niveau du terrain est plus élevé à quelque distance du rivage et les fermes sont rapprochées les unes des autres. Nous n'avons pas vu d'iles cette aprèsmidi dans le lac, mais le lendemain nous en comptâmes plusieurs,

Tard dans la soirée, nous laissämes le lac St. Pierre pour entrer dans une petite rivière appelée la Rivière du Loup, à la recherche d'un gîte pour la nuit. Parvenus à environ un mille anglais de son entrée, nous avons trouvé un pays habité de chaque côté de la rivière, qui est profondément encaissée, bien que la contrée en général soit unie.

Nous passâmes la nuit chez un fermier. Le territoire de Montréal s'étend jusqu’à cet endroit; mais ici commence la juridiction du gouverneur des Trois-Rivières,

petite ville distante d'environ huit lieues de la Rivière du Loup.

Nous nous rembarquâmes dès cinq henres du matin. Redescendre le cours de la petite rivière fut l'affaire d’un instant, et bientôt nous nous retrouvâmes sur le lac St. Pierre, suivant une direction. inclinée vers le bas. Après avoir ramé quelque temps, nous aperçûmes une haute chaine de montagnes dans le nord-ouest, dominant tout le pays d’alentour, qui est plat et uni. La côte est parsemée d'habitations, mais au sud-est on ne voit rien que des bois épais, couvrant de leur ombre une contrée basse et sujette aux inondations. Mais plus à l'intérieur on me dit qu'il y a beaucoup de fermes.

À l'extrémité du lac, la rivière rentre dans ses limites ordinaires, ne dépassant pas un mille et demi en largeur, avec tendance à se rétrécir à mesure que nous avançons. De l’extremité du lac St.Pierre à Trois-Rivières, on estime qu'ily a trois lieues. Vers onze heures du matin, nous étions arrivés à cette dernière place, où nous assistämes au service divin.

Trois-Rivières — petite vilie de marché — a tout l'apparence d’un grand village. ŒElle est cependant comptée au nombre des trois grandes villes du Canada qui sont Québec, Montréal et Trois-Rivières. Elle est sise à égale distance des deux premières, et éloignée de trente lieues de chaque. La ville est bâtie sur la côte nord du fleuve St Laurent, au sommet d’un plateau sablonneux, et occupe un site des plus agréables, entre la riviére qui coule à ses pieds, et dont le lit a, eu cet endroit, une largeur d'un mille et demi, et de beaux champs de blé, qui paraissent très fertiles, quoique le sol contienne beaucoup de sable.

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