‹ Mémoires de la Société historique de Montréal [microforme]Chapitre 9 sur 52 · TROIS-RIVIÈRES · texte numérisé non relu

TROIS-RIVIÈRES

couvert de forêts qui ne sont jamais ébranchées, il est facile d'y faire du charbon de bois en abondance. Le combustible provenant d'arbres toujours verts, comme le sapin, par exemple, est préférable pour la forge, mais celui qu'on fait avec des arbres à feuilles décidues convient mieux pour les hauts-fourneaux. Le fer qui sort de cette usine est, me dit-on, mou, flexible et résistant ; et la rouille ne l'attaque pas aussi aisément que le fer ordinaire ; et à cet égard il parait que l'on fait une grande différence entre le fer espagnol et celui d'ici pour la construction des vaisseaux. L'usine a été fondée en 1737, par des particuliers, qui l'ont ensuite cédée au roi; on y fond des canons et des mortiers de diverses grandeurs, des poëles qui sont en vogue dans tout le Canada, des chaudrons, etc., sans compter le fer en barres. On a essayé d'y fabriquer de l'acier, mais sans pouvoir l’amener au degré de perfection requis, faute de connaître la meilleure manière de le tremper. L'usine est sous ls surveillance de beaucoup d'ofliciers et d'inspecteurs, qui habitent de très bonnes maisons bâties exprès pour eux. Tout le monde convient qu’elle ne paie pas ses dépenses etque pour la maintenir le roi est obligé d’en combler les déficits chaque année. On attribue ce résultat à l’insuflisance de la population, les habitants du pays ayant assez à faire de cultiver leurs terres, et ce n'est qu'à force d'argent, et avec beaucoup de peine, que l'on peut se procurer des ouvriers d’ailleurs. Cette explication peut paraitre plausible, et cependant l'usine devrait être une entreprise profitable, pour plusieurs raisons : La mine est d'exploitation facile, elle est aux portes de la fonderie, et le fer qu'on en tire est des plus fusibles ; il est bon et peut être transporté aisément par tout le pays. ÆFn outre, comme c’est la seule entreprise de ce genre en Canada, elle n’a pas de concurrence à sou-

penses journalières ne dépassaient pas 125 francs par jour, tandis que les LE revenus étaient considérables, car le fer se vendait de vingt à vingt:un

tenir, c'est chez elle qu'il faut se procurer tous les outils me

en fer, et tout le fer dont on peut avoir besoin. De ! qu plus, une rivière, qui descend des Forges au fleuve St. lon Lars Laurent, offre une voie facile autant que peu coûteuse du j me pour le transport du métal sur tous les points du pays. des #5 Le personnel de l'établissement, depuis les officiers jus- ha} sl , qu'aux domestiques, parait vivre dans l’opulence. Le gra | £ soir j'étais de retour à Trois-Rivières. (1) ] LS 4 AOUT. gra 4 pt | À l'aurore, nous quittâmes Trois-Rivières, et nous r'uis ji poursuivimes notre route vers Québec. La terre, sur aut | le côté nord du fleuve, est assez élevée, sablonneuse, ave 15e et les habitations sont rapprochées les unes des des 0 autres le long de la rive. La côte sud est, dit-on, Pur ne également bien peuplée; mais les bois qui la cou- une LE vrent nous empêchèrent de voir les maisons, que se C Li l'on a dû reculer à l’intérieur, pour éviter les inonda- cat} | Ra à tions auxquelles cette rive est sujette, à cause de son teur { N peu d’élévation au-dessus du niveau du fleuve. nou pe ÿ Près de Trois-Rivières, le fleuve est quelque peu du LE étroit, mais plus bas sa largeur est de deux milles. À rale LEA En chemin, nous apercevons plusieurs églises en L HA pierre, dont quelques unes fort belles. Les rives du L pet L'or #euve sont bien habitées jusqu’à une profondeur d’envi- vom LS ron trois quarts de mille dans l'intérieur du pays, mais PEON Fe au-delà c’est la forêt et la solitude. Les bords des petites Le LA à rivières qui se jettent dans le St. Laurent sont pareille- den HUE pute | | \: (1) Les Forges de St Maurice furent établies en 1736. En 1739 elles À: | F4 étaient en état de fabriquer 600,000 livres de fer par année. Les dés côte, Î

chi

n t , . . à nl + francs le cent livres. Ferland, Cours d'Histoire, ?, p. 449. M. Frar

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