CHAPITRE PREMIER
F, ranklin veut voir et observer la nature: par lui-même. Il déploie ses talens dans la gazette de Pensilvanie. Ses liaisons avec M. White - Field. Ses études favorites. Établissement de la société philosophique d Amérique. Ses recherches sur V électricité. Franklin constate F identité de la foudre et du fluide électrique . Invention des barres electriqu.es . magnifique expérience faite sur ce sujet avec un cerf-volant. Il attire la foudre dans sa maison. Invention de ses veiges métalliques. Ses relations avec les savans d’Angleterre.
Î-<ES caractères des naturels de T Amérique sont en général composés de divers traits
(0 mémoires , ou continuation de mémoires , ne Partie fl. A
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qu’un historien ne peut qu’avec peine saisir séparément. Les deux traits les plus distinctifs du caractère de Franklin sont sa sagacité en politique et son amour pour les sciences. Profondément versé dans la connoissance des hommes , personne ne sut mieux que lui faire servir à ses vues leurs vertus, leurs vices et même leurs foiblesses. Naturellement doué d’une conception facile, il sut par la seule force de son jugement s’élever au-dessus des préjugés vulgaires, fruits de l’éducation , des systèmes religieux et des institutions politiques. L’ha-
sont plus écrits par Franklin. Quoique les observations et réflexions qu’ils contiennent soient d’un JnSlois , et conséquemment d’un zélé défenseur de la mère patrie , comme il sera aisé de s’en appercevoir ; quoique , par
une suite de cet esprit national,! 'observateur ne soit paS en tout l’approbateur de la conduite et des opinions de Franklin , cet écrit , qui a paru à Londres en 1790 , peut cependant suppléer à ce qui manque pour compléter , l’hiftoire de la vie de Franklin. Nous n’osons assnrer qu .1 ait continué ou interrompu fes mémoires. Mais en attendant cette certitude, nous croyons que le public nous saura eré d’avoir mis sous ses yeux les details quona lus dans la première partie, et ceux que contient ce piément ,
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feitude qu’il avoit contractée de se faire un trésor d’idées de son propre fonds , de ne jamais s’assujétir à celles des autres sur la foi d’un nom célèbre , de voir par lui-même et de tirer des conséquences de tous les phénomènes qu’il observoit, lui avoit donné un intellect actif et vigoureux , et une manière de raisonner précise , claire et convaincante.
Après avoir passé dans sa jeunesse par les obscures professions de chandelier et de garçon - imprimeur, ce ne fut qu’après son mariage, et lorsqu’il fut propriétaire de la Gazette de P ensilvanie , que , dans cette feuille et dans un almanach qu’il publioit annuellement, il montra toute la supériorité de son génie, et déploya des talens faits pour étonner le monde entier.
L’édition de cette gazette procura à Franklin un grand nombre d’amis précieux , du nombre desquels fut le Rev. M. George White-Field , qui possédoit déjà, quoique jeune encore , tous les charmes de l’éloquence , et l’art d’enflammer à son gré les passions et de captiver les cœurs de la multitude ; M. White-Field prêclioit alors par toute l’Amérique septentrionale avec beau-
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coup de succès et d’applaudissemens. Il venoit de composer un volume de sermons à l’usage de ses sectateurs qui étoient fort nombreux. Franklin les imprima, et le grand débit de ces sermons fut aussi une des principales sources de sa fortune ; au moins ils lui procurèrent le moyen d’aggrandir considérablement son commerce.
Je me propose de ne considérer d’abord Franklin que par le côté aimable de son caractère, c’est-à-dire , comme philosophenaturaliste , et bienfaiteur de 1 humanité. Il sera toujours assez temps de retourner la médaille , et de contempler les ombres de sa vie politique.
Une fois établi dans son imprimerie , Franklin se livra tout entier aux soins de son commerce , ce qui ne l’empêchoit pas cependant de consacrer quelques heures à son étude favorite, la philosophie naturelle. Extrêmement jaloux de se faire un nom comme homme de lettres , il apprit seul et fort tard les langues latine et françoise. Il est à observer que la Pensilvanie est le lieu de toute l’Amérique qui contient un plus grand nombre d’institutions littéraires et de charité. Il en est plusieurs dont Franklin
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lui-même a fourni l’idée. C’est à lui qu’on doit principalement la^bndation de la première école publique un peu remarquable dans cette province, et celle de la bibliothèque publique de Philadelphie. En 1743 , plusieurs personnes de distinction s’étant formées en société, dans la vue de propager en Amérique les connojissances utiles r M. Franklin fut chargé d’en tracer le plan réglementaire. Cette espèce d’académie , connue sous le nom de Société philosophique dy Amérique , subsiste toujours, et compte parmi ses membres plusieurs hommes célè bres , tant Européens que des autres parties du monde.
Quelques années après rétablissement de cette société , le nombre de ses membres venant à s’accroître considérablement , ils jugèrent à propos de se diviser en six comités , sous les dénominations suivantes :
I. Philosophie naturelle , mathématiques , optique , astrono mie et géographie -