‹ Mémoires de la vie privée de Benjamin FranklinChapitre 15 sur 33 · V. Méchanique et architecture · texte numérisé non relu

V. Méchanique et architecture

VI. Economie rurale et améliorations à faire dans cette partie en Amérique.

Cette division fut répandue par les papiers publics dans toutes les colonies , et tous lesr savans et gens de lettres invites à une correspondance amicale. Ces mesures eurent un plein succès , et la société fut bientôt sur un pied respectable.

M. Franklin continuoit à acquérir des connoissances , et sa réputation de savant alloit toujours en croissant. L’objet sur lequel se portèrent particulièrement ses recherches fat l’électricité. Il fut , dit-on , aidé dans ses expériences par le Rev. Ebenezer Kinnersley , professeur d’anglois et d’éloquence aux collège et académie de Philadelphie , où il faisoit alors chaque semaine des lectures aussi curieuses qu’intéressantes sur l’électricité. Franklin profita sans doute par ses liaisons avec cet homme éclairé ; cependant ce n’est point au docteur Kinnersley , mais à lui seul et à sa propre sa-

de B. Franklin. 7

gacité que nous devons les découvertes qui doivent immortaliser le nom de Franklin.

I/analogie de l’étincelle électrique avec la matière de Ici foudre est si frappante , qu’on la pouvoit déduire de toutes les observations antérieures ; mais la preuve du théorème important de leur identité étoit réservée à M. Franklin. Il observa le premier la vertu qu’ont toutes les pointes d attirer l’électricité à une grande distance , et il en inféra qu’une barre métallique , terminée en pointe et isolée (i) dans 1 air a une grande hauteur , de voit dans un orage s’électriser par sa communication avec lc£ nuages. Il communiqua ses idées au public , et on éleva ^ dans différentes parties de la France etde l’Angleterre , diverses machines portant des barres de fer isolées , terminées en pointes et perpendiculaires à l’horison. Fa première de ces machines que visita le céleste fluide fut celle de M.Dalibard, élevée à Mafly-la-Ville , laquelle consistait en une barre de la longueur de quarante pieds.

(1) La barre isolée est , comme le mot l’annonce, celle qui ne touche à aucun autre corps.

Elle fut électrisée le 10 mai 1752 , pendant l’espace d’une demi-heure.

Après avoir publié la méthode de vérifier son hypothèse concernant l'identité de l'électricité et de la matière de la foudre ^ Franklin attendoit impatiemment l’érection d’une pyramide à Philadelphie pour mettre son projet en exécution 9 n’imaginant pas encore qu’une verge pointue placée à une médiocre hauteur , pût remplir ses vues ; mais alors il lui vint en pensée qu?un cerf-volant ordinaire auroit un accès bien plus prompt et bien plus aisé dans les régions du tonnerre que la plus haute pyramide. Il ajusta donc un mouchoir de soie sur deux bâtons croisés , et au premier orage dont il vit l’approche , il se rendit dans un champ où étoit un hangard convenable à l’expéiience qu’il méditoit ; mais craignant le ridicule qui , dans les sciences , accompagne trop communément les tentatives qui ne réussissent points il ne fit part de son projet qu’à son fils qui lui aida à élever le cerf-volant. Lorsqu’il fut monté aune hauteur suffisante^ Franklin noua le bout de la corde à un cordon de soie qu’il tenoit dans sa main, avec une petite clef attachée à la place de la jonction. Il

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