DE B. F R A N K L I N
se passa long-temps sans qu’il remarquât la moindre apparence d’électricité. Un nuage gros et noir étoit déjà passé sans effet, et il commençoit à désespérer de la tentative, lorsque regardant plus attentivement il s’apperçut que quelques fils de la corde de chanvre se roidissoient et paroissoient s’éviter l’un l’autre , comme s’ils avoient été suspendus à un conducteur ordinaire. Frappé de ce premier indice , il px^ésen^a aussi-têt à la clef son doigt fermé , et qu’on juge du plaisir qu’il ressentit en voyant que la découverte étoit complette. Il apperçut clairement une étincelle électrique ; d’autres suivirent } assez fortes , même avant que la corde fût mouillée , pour mettre la question hors de toute dispute ; mais quand la pluie eut trempé la corde , il en recueillit la plus abondante électricité. Cette expérience eut lieu en* juin 1752, , un mois après qu,e les physiciens François avoient constaté la meme théorie , mais avant que Franklin eût pu avoir connoissance de ce qu’ils avoient fait.
Ayant ainsi réussi avec son cerf-volant , ce succès et la fécondité de son imagination l’excitèrent ù pousser plus loin cette première
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découverte. Il éleva chez lui une barre de fer isolée , avec laquelle il pût attirer la foudre dans sa propre maison , et -faire des expériences toutes les fois que l’atmosphère setrouveroit chargée dlune certaine quantité de fluide électrique ; et pour n’être pas exposé à perdre quelqu’une de ces occasions , il attacha à son attirail deux sonnettes qui l’avertissoient lorsque la barre étoit électrisée. Mais cette découverte ne fut pas seulement surprenante et curieuse , elle fut un véritable bienfait pour rhumanité , en ce qu’elle conduisit M. Franklin à l’invention et à la composition de ses verges métalliques y dont la propriété est de garantir des effets du tonnerre les maisons et autres édifices , et qui doivent conséquemment avoir sauvé la vie à un grand nombre d’hommes.
Tandis qu’il étoitle plus occupé de ses expériences électriques , il entretint , l’espace de plusieurs années, une correspondance epistolaire avec M. Collison Esq. , de la société royale de Londres, auquel il communiqua ses différens procédés et ses découvertes. Ces lettres furent publiées et fort admirées tant en Angleterre qu’ ailleurs ; et tous les savans de la Grande-Bretagne se réunirent bientôt pour
d e B. Franklin.
payer à son mérite etàsestalensnn juste tribut d’éloges. Au mois d’avril x 762 „ l’université d’Oxford lui conféra le titre honorifique de docteur ès loix ; et comme il se trouva ainsi au zénith de sa gloire philosophique , plusieurs des hommes les plus distingues du siècle cultivèrent son amitié , et révérèrent
sop. nom.