PRÉFACE
pénétra les mystères de l’électricité , et déconcerta les mesures cachées du despotisme , qui garantit l’univers des ravages de la foudre , et sa patrie , d®s horreurs de la tyrannie !....
Si , par hasard , je me trompois ; si les Mémoires de Franklin paroissent un jour tout entiers , le Public aura toujours eu l’avantage de jouir plutôt de cette intéressante partie d’une histoire , qu’il attend depuis long-temps avec impatience. Il pourra comparer ensemble les deux leçons, et nécessairement elles présenteront quelque différence. Je lui aurai préparé un nouveau plaisir , qui , dans le cas où la comparaison ne seroit pas à mon avantage, me donneroit des droits à son indulgence.
Le principal objet que s’est proposé le Philosophe américain , en écrivant ses Mémoires , a été d’instruire sa postérité , en amusant ses loisirs. Il a laissé courir sa plume au gré de sa mémoire et de son cœur , sans jamais faire aucun effort pour déguiser une vérité , quelque peu flatteuse
vj PRÉFACE,
qu’elle ait été pour son amour-propre..... Mais je m’arrête; c’est à Franklin à parler de lui-même.
On s’appercevra aisément que j’ai conservé , autant que je l’ai pu , dans ma traduction , son style simple et facile. Je n’ai point affecté d’en corriger les négligences , et de lui donner une parure , dont il n’avoit pas besoin. J’aurois craint de lui enlever un de ses principaux agrémens.
Ces Mémoires ne conduisant Franklin qu’à l’époque de son mariage, c’est-à-dire , à celle où ses talens , tant dans les Sciences que dans la Politique , commencèrent à se développer ; nous y avons ajouté la traduction d’un écrit qui vient de paroître à Londres , et qui contient des détails intéressans , à ce qu’il nous semble , sur sa vie Savante et Politique ; enfin cet Ouvrage est terminé par différens morceaux , relatifs au Philosophe américain.