‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 2)Chapitre 39 sur 101 · XLIV SÉANCE PUBLIQUE DU 22 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

XLIV SÉANCE PUBLIQUE DU 22 DÉCEMBRE

vécu. Fille de cultivateur, elle a d’abord aiué ses parents. Plus tard, avec son frère, elle a ouvert un petit commerce d’épicerie. Ce’‘frère, mort en 1911, laissa quatre filles: sa femme le suivit en 1918, et dès lors, Mie Guillaume veilla seule à l'éducation des quatre fillettes. Elle en a fait des jeunes filles sérieuses et travailleuses. La dernière seule est occupée au dehors, les trois ainées aident leur tante, tant dans son commerce, que dans la culture de quelques champs. Mlle Guillaume a ainsi offert à la commune qu'elle habite un noble exemple de dévouement familial, ne comptant pas avec ses peines, et sacrifiant quelquefois ses propres intérêts.

Un prix Goussaincourt revient à Mie Émilie Vincent (1), née à Tendon (Vosges) en 1849. Fille de cultivateurs, possédant huit enfants, elle se décide à vingt-sept ans à se mettre en service à Nancy, pour leur venir en aide. Elle servait une famille depuis quinze ans, lorsque, par suite de revers, sa maitresse ne pouvant plus lui payer ses gages, la brave fille s'offrit, avec un désintéressement touchant, à demeurer sans rétribution. Plus tard, un frère d'Emilie devint veuf avec deux petits enfants. Celleei l.1 procure un logement dans le voisinage, et aprés avoir terminé sa besogne, va s'occuper du ménage de ce frère et de ses enfants. Puis, voyant que l'argent manqe, la bonne tante se met l’après-midi à faire des demi- Journées de gros ouvrages, pour aider les siens à vivre, et cela jusqu’à ce que les enfants soient placés. Elle continue à servir gratuitement sa maitresse, qui bientôt deviendra infirme et nécessitera des soins continus. Et la servante a quatre-vingts ans. Courage héroïque, inaltérable attachement. Voilà la vertu.

Les trois prix Goussaincourt. dits prix militaires, sont

(1) 15, rue du Montet.

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