‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 2)Chapitre 65 sur 101 · LXXXIV SÉANCE PUBLIQUE DU 22 MA · texte numérisé non relu

LXXXIV SÉANCE PUBLIQUE DU 22 MA

1830 siéger neuf magistrats. Le personnel de la Cour est.

extrêmement nombreux et cependant le nombre des affaires est minime. En ce temps, la Cour ne jugeait guère par an plus de 150 affaires ; aujourd’hui elle s’approche d’un millier et le personnel a été réduit de moitié.

J1 y a cent ans, les loisirs sont nombreux, les vacances prolongées, la profession peu fatigante. Je n'ose dire qu'il est permis de regretter cette heureuse époque. Mais par ailleurs, n’étendons pas ces loisirs au delà de ce qu'ils étaient. Si les affaires sont rares, on les plaide longuement, on les plaide interminablement.

Un exemple : dans les procès en séparation de corps, il était de règle pour l’avocat de débuter par un très long exorde sur la sainteté du mariage et d'appeler pompeusement l'attention des magistrats sur la gravité de la sentence qu'ils étaient appelés à rendre.

Ces longues considérations étaient parfaitement justes — nul ne le contestera — mais comme fatalement elles étaient toujours les mêmes, qu’elles se répétaient dans des termes à peu près semblables, on ne peut se défendre à la fois de critiquer leur parfaite inutilité et d'admirer la patience des magistrats qui, blasés qu'ils étaient, ne les écoutaient pas moins.

Si les plaidoiries occupaient de longues audiences dans leurs développements déclamatoires, le ministère public ne le cédait en rien aux avocats.

Dans une affaire restée classique, l'avocat général Troplong, le célèbre Troplong (1), l'infatigable commentateur du Code civil, le futur président du Sénat de Napoléon ITI, développa ses conclusions à l'audience du 10 janvier 1832, ou plutôt, il les commença ce jour-là, puis 1l les continua dans quatre audiences successives.

On ne voit plus de Troplong au siège du Ministère Public, mais quel accueil serait fait aujourd’hui à l'avocat général, si puissants que fussent ses moyens, qui, pen-

(1) Troplong fut avocat génér:l; puis président de chambre à la Cour de Nancy de 1825 à 1835. Sur le séjour de Troplong à Nancy, voir Louis Sanouz, L’Assassinat de la Présidente. Berger-Levrault,

OÙ anne. ns

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