XCHII SÉANCE PUBLIQUE DU 22 MA
voûtes sacrées du Palais de nos ducs, — vous, le moderne troubadour, qui, par tous les chemins, chantez l’amour de la petite patrie en d’inoubliables conférences, dont une seule suffit à déchainer un mouvement populaire pour l'érection d’un monument aux sources de la Moselle, — vous, l’entraineur infatigable, qui soutenez la ferveur de vos fidèles par deux revues dont vous cumulez la direction et qui passent, chacune en son genre, pour des modèles achevés de littérature provinciale : noble Revue Lorraine à l'illustration somptueuse, et démocratique Pays lorrain, qui, durant les mauvais jours, ont incarné l’âme de la Lorraine intégrale, et, par leur vaste diffusion, puissamment contribué à la sauvegarde de son unité spirituelle.et préparé son remembrement dans la France intégrale ; |
— vous, Monsieur, le collaborateur averti de votre frère, l'historien de ce Raon qui vous aime parce que vous l’aimez et que vous savez en parler et lui parler comme on parle lorsqu’on aime, ce Raon dont vous faites magnifiquement figure d’ambassadeur en notre grand Nancy, tant, à vous approcher, on éprouve le sentiment que sa pensée vous tient et qu'il garde votre cœur.
Nos règlements et nos traditions n’autorisaient point l’Académie à transférer cette séance publique à Raonl'Étape. Mais, puisque nous n'avons pu nous rendre à la montagne vosgienne, laissez-moi m'imaginer qu’à cette heure c’est elle qui vient à nous : et ce n’est point tout à fait une illusion, car tout Raon s’honore aujourd'hui de l'honneur fait à ses deux fils, et les applaudissements qui viennent d’accueillir vos discours ne sont que l’écho de ceux qui crépitent en ce moment dans votre chère cité natale.
Parce que je suis un peu Raonnaïis, moi aussi, j’ai peutêtre qualité pour associer à mes félicitations personnelles et à celles de vos confrères, les compliments joyeux de vos concitoyens, fiers de vous.
+ Oui, elle a sujet d’être fière, la coquette petite ville de Raon-l’Étape!