RÉPONSE DU PRÉSIDENT AUX RÉCIPIENDAIRES XCVII
gnage de vos amis de là-bas, permettez-moi de marquer qu'il s’adresse moins encore au conseiller général, qu’au réalisateur social, auquel Raon-l’Étape doit un cortège d'œuvres, dont l'expérience, de jour en jour, justifie davantage l'initiative, en même temps qu’elle en éprouve la solide organisation. |
Oui, si vous chérissez Raon, ses rues, ses monuments, ses fontaines, ses sapinières toujours verdoyantes, et ses scieries qui chantent jour et nuit, et les claires eaux qui lui portaient jadis en flottilles le tribut de la forêt, c’est encore à l’âme raonnaise que vont vos préférences : cette âme qui s’exprime dans l’histoire et dans la coutume, où la génération présente communie à la tradition locale, cette âme commune qui se traduit par la confiance et l’entr’aide, par la sollicitude pour le sort des humbles. Bénie soit cette sorte de politique qui pousse les hommes à s’aimer les uns les autres!
Monsieur, éloigné de la politique par devoir professionnel, vous ne vous croyez pas pour cela dispensé de faire dans votre vie la part du devoir social. Sur ce terrain comme sur les autres, je vous trouve uni à votre frère dans une étroite solidarité de préoccupations et de sentiments... à telle enseigne que vous lui avez soulevé le sujet de son discours. Devant cette assemblée lorraine, dans cette cérémonie de la réception de deux amants du parler lorrain, j'ose risquer une expression populaire de chez nous : « Vous faites deux têtes sous le même bonnet. »
Eh! donc, soucieux, vous aussi, Monsieur, de l’amélioration de la vie de la classe laborieuse, vous vous êtes inscrit à la section lorraine de l’Association pour le progrès soctal ; celle-ci vous a placé à sa tête; et je vous vois encore inaugurer vos fonctions par la présidence d’une magnifique réunion que donna, dans le hall de la Chambre de Commerce de Meurthe-et-Moselle, l’éminent directeur du Bureau international du travail, M. Albert Thomas.
Seules, Messieurs, vos professions pouvaient creuser un fossé entre vous. Car la jurisprudence ne fit point tou