ÉLOGE FUNÈBRE DE M. ANTONIN DAUM XI
compagnie de M. Aubin et de M. Cuénot. Le 24 mai 1928 enfin, vous entendiez son discours de réception : « Verriers d’autrefois ».
Nous étions unanimes à souhaiter que sa santé lui permit d'accepter prochainement de s’asseoir au bureau; et jamais vous n’auriez eu à votre tête un président plus «académique ».
En m'’exprimant ainsi, je ne vise pas seulement cette haute tenue, cette souriante urbanité qui rayonnait de toute sa personne, cette langue chaude et châtiée dont les intonations prenantes donnaient tant de relief à la pensée : si précieux que soient ces dons pour le commerce académique, notre regretté confrère possédait un secret plus rare : ce don de la parfaite unité qui met en valeur toutes les autres qualités de l’esprit et qui demeurera toujours la marque distinctives des intelligences vraiment cultivées et des âmes d'élite.
Il ne se dédoublait pas : il ne fut pas artiste et chef d'industrie : ce chef d'industrie était un artiste.
Il ne partageait pas ses heures et ses soucis : 11 était tout entier dans chacune de ses œuvres.
Il les unissait comme dans la pureté de la lumière blanche se mêlent toutes les nuances du spectre.
Cette. blanche lumière, pour lui, c'était l'amour de la Beauté, le culte de l’incorporation de la Beauté dans la matière, j'ose dire : la spiritualisation de la matière. Et c’est en cela qu’il demeurera l’une des figures les plus expressives du tempérament de l’artiste lorrain.
Ah! comme il aima cet art et ce métier indissolublement liés dans la profession du verrier! et quels accents prenait sa voix, quelle flamme brillait dans son regard, lorsqu'il en parlait!
Plus d’une fois, nous fümes les confidents de cette émotion communicative; et c’est un souvenir que nous ne pourrons plus oublier.