XVI SÉANCE PUBLIQUE DU 23 DÉCEMBRE
Mie Fladenmüller, votre lauréate, est entrée à son tour dans la voie du devoir résolument, continüment, silencieusement accompli. Décidée, malgré ses gains modiques (300 francs par mois), à garder jusqu’au bout avec elle la pauvre femme, elle a renoncé à tout autre but. Partie chaque matin pour le long trajet de Tomblaine, jusqu’au tissage où elle est employée, ramenant chaque soir dans le petit logis une figure joyeuse, attentive à cacher à sa mère ses inquiétudes, ses fatigues et même ses infirmités commençantes, elle s’efforce de lui éviter tout souci et de lui conserver un intérieur riant, ordonné, d'une propreté méticuleuse. Sur Mlle Fladenmäüller, les témoignages se sont montrés unanimes. Et votre Compagnie, faisant siennes leurs conclusions, a décerné, à la digne fille d’une digne mère, la première partie des arrérages du prix Gouy.
Mne Hoerler, de Nancy (1), travaille à la manufacture Picard, rue des Fabriques. Demeurée veuve de bonne heure, puis remariée, elle a entouré pendant vingt-huit ans, des soins les plus attentifs, sa vieille mère, veuve ellemême et âgée aujourd'hui de quatre-vingt-cinq ans. Seule, celle-ci pourrait dire par quels efforts éclairés, par quelle tendresse inlassable et agissante, sa fille a pu ainsi prolonger des jours qui lui étaient chers, malgré bien des traverses et bien des heures de communes angoisses. Aujourd’hui, son ardent souhait serait que cette fille modèle, déjà titulaire de la Médaille du Travail (trente années de services), fût aussi, pour la constance d’une piété filiale qui ne s’est pas démentie, hautement distinguée par vos suffrages. Vous avez estimé juste d’accueillir le vœu de la vénérable octogénaire, écho, d’ailleurs, d’une admiration qui, pour sa fille, est générale. Et, malgréla modestie de Mme Hoerler, qui estime n’avoir jamais fait, en entourant sa mère d’une continuité de soins aussi tou-
(1) 143, rue Charles III, Nancy.
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