RAPPORT SUR LES PRIX DE VERTU XVII
chante, que son strict devoir, vous lui avez attribué la seconde et dernière partie du prix Gouy.
La vertu propre d’une récompense est de faire renaître, par l’exemple, les actes qu’elle a sanctionnés. Nul doute, en conséquence, que l’attribution à Mlle Marie Coing, (1) de Nancy, des prix Mangeon et Cardin-Roussel ne réalise excellemment les intentions des fondateurs. L’exemple, en effet, Mile Marie Coing le porte partout avec elle, avec son entraînante efficacité. Dans la prairie de Tomblaine, où elle habite avec sa mère et ses trois sœurs, cette jeune fille personnifie à tous les yeux (et sans qu’elle y songe, assurément) le type même de l’attachement au devoir filial, de l’abnégation de soi-même la plus constante. Ayant soigné jusqu’à la dernière heure sa grand-mère maternelle, morte il y a dix-huit mois au milieu de cruelles infirmités, elle a reporté son besoin de dévouement sur sa mère, sur une tante, veuve de guerre, qui habite avec elle, sur une petite nièce de six ans, abandonnée et recueillie au même foyer. Un modèle de vertu familiale et chrétienne : voilà le résumé de toutes les appréciations portées, par les témoins de sa vie quotidienne, sur cette jeune ouvrière de vingt-cinq ans, travailleuse infatigable, hautement estimée de ses patrons, fille parfaite. Ce mérite éminent et modeste, vous avez à votre tour jugé opportun de le mettre dans son juste relief, en accordant aujourd’hui, à Mile Marie Coing, les prix Mangeon et Cardin- Roussel réunis.
Répartis entre cinq lauréats, les arrérages du prix Bour permettent ainsi de récompenser, sur tous les terrains où elle se présente à la fois, la piété filiale dans ce qu'elle a de plus pur, de plus désintéressé, de plus total. C’est à une jeune fille de nos campagnes lorraines, à
(1) 60, rue de Tomblaine, Nancy.
Série VI, L. xxvI, 1929. ° h