‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 3)Chapitre 15 sur 109 · XVIII SÉANCE PUBLIQUE DU 23 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

XVIII SÉANCE PUBLIQUE DU 23 DÉCEMBRE

Mile Marie Marchal (1), née il y a vingt-six ans à Liverdun, que sont allés d’abord les suffrages de votre Commission. Le père de Mlle Marchal, ouvrier consciencieux, est tombé sur l’obscur champ de bataille des travailleurs, atteint d’une grave maladie professionnelle, la « bronchite des briquetiers », qui l’emporta voici deux ans. Et sa veuve, malgré son courage, serait dans l’impossibilité de subvenir, étant elle-même d’une santé chancelante, à son existence et à celle d’un plus jeune enfant, si sa fille aînée, votre lauréate d’aujourd’hui, ne s’était mise énergiquement au travail dès l’âge de douze ans, pour aider plus tôt celles dont elle voulait déjà prendre la charge. Elle est entrée à ce moment, elle est restée depuis lors, au service d’une famille de Liverdun, où chacun n’a que des éloges pour la fidélité, la dignité de vie, l’activité souriante de celle qui, dans le plus humble cadre, consacre à tous ses devoirs le plus absolu dévouement. Méprisant la fatigue, malgré sa pénible infirmité (elle est atteinte de claudication), elle voulut, pendant la grande guerre, prendre sur son repos pour apporter, au poste local de la Croix-Rouge, une collaboration de jour et de nuit, aussi intelligente et précieuse que désintéressée. Un diplôme d'honneur, accordé par l’Union des Femmes de France, la Médaille commémorative de la Guerre furent la double et juste récompense d’un mérite qui s’ignorait, d’une générosité d’autant plus touchante qu’on devine plus de soucis intérieurs et même d’angoisses dans cette existence de jeune fille, où les épreuves sont continues et l’avenir sans promesses. Mlle Marie Marchal, fidèle à ses origines comme aux horizons de son enfance, attachée à ses devoirs professionnels, sociaux, et, par-dessus tout, à son devoir filial, a déjà été l’objet de distinctions infniment précieuses à une jeune Lorraine. L’Académie de Stanislas s’honore en couronnant cette vie d’abnégation et de beaux exemples par l’octroi du premier des arrérsges du prix Bour pour 1928.

(1) Mile Marie Marchal, chez Mme Jacob, Liverdun.

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