‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 3)Chapitre 29 sur 109 · XXXII SFANCE PUBLIQUE DU 23 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

XXXII SFANCE PUBLIQUE DU 23 DÉCEMBRE

Une France populeuse, forte comme jadis de la fécondité de ses ménages, eût-elle jamais vu se lever devant elle en 1914, l’abominable agression? Eût-elle dû payer sa victoire de 1.500.000 morts, la fleur de la Nation? Avec espérance, pourtant, il nous faut saluer ici l’exemple que nous apporte la famille Manneville et, à sa tête, un chef (jamais plus juste terme ne trouva mieux sa place) qui, aidé par sa vaillante compagne, a accepté la plus haute, mais aussi la plus lourde responsabilité. M. Manneville est employé depuis seize ans à la Maison Kronberg, où il est parfaitement noté, la mère, absorbée par les mille tâches qu’exigent incessamment, on le devine, les soins nécessaires à de si jeunes enfants, et si nombreux, est déjà très efficacement aidée par sa fille Élisabeth qui, aujourd’hui âgée de dix-sept ans, est l’aînée de tous. Celle-ci est déjà une excellente jeune fille qui ne laisse pas de contribuer pour sa part à l’entretien de la famille, par les gains que lui rapportent les ménages qu’elle fait au dehors. La maison est bien tenue, les enfants bien propres respirent la santé; un porc, des lapins nourris sous des appentis aménagés dans la cour de la maison, un terrain sis aux environs et cultivé en potager, apportent aux repas de chaque jour leur utile contribution : tout est réglé, sagement ordonné (et ce n’est pas la moindre difculté) dans un milieu où la fermeté d’une exacte direction est de rigueur. Et cependant, quoi qu’on fasse, que de sujets quotidiens d’inquiétude et, parfois, d’anxiétés! Car, ainsi que vous l’écrit bonnement, à ce propos, l’un de vos correspondants « … Pensez... quand tout ce petit monde est à table, ce qu’il faut comme nourriture! » Dans la mesure où elle le peut, votre Compagnie a voulu faire honneur à cette belle famille de Lorraine et a attribué à Mme Manneville la première partie des arrérages du prix Pister.

La famille Rambaux (1), à Vandeléville, n’a « que » six enfants. Mais les parents sont jeunes encore {trente-six

(1) Vandeléville (Meurthe-et-Moselle).

Page 1