‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 3)Chapitre 41 sur 109 · XLVI SÉANCE PUBLIQUE DU 23 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

XLVI SÉANCE PUBLIQUE DU 23 DÉCEMBRE

prévu pour la répression, rien (ou si peu! )pour la récompense. Que la vertu doive trouver en elle-même le prix secret de ses efforts : sans doute, voilà la règle commune et, pour d’aucuns, commode. Mais que celle-ci suffise ici-bas au besoin de justice que chacun garde en soi, qu’elle réalise l’efficacité qu’apporte seul l’exemple sensible : voilà de quoi on ne saurait convenir. C’est pourquoi ceux qui gouvernent — quand, en même temps, 1ls prévoient — ont toujours voulu compenser, par leurs initiatives, la carence des moyens officiels et s’attacher à découvrir, soit par eux-mêmes, soit par ceux qu’ils déléguent, les mérites qui se cachent ou s’ignorent, afin de répartir, sur ceux-là aussi, leurs bienfaits. A votre Académie, héritière pour sa part d’obligations qui font son honneur, incombe aujourd’hui ce rôle toujours nécessaire. Aussi est-elle assurée d’être en même temps la gardienne d’une haute tradition, de celle qui, voilà bientôt deux siècles, prenait corps le jour même où, pourla première fois, vos prédécesseurs se réunissaient et où leur orateur décernait à Stanislas, songeant peut-être que l’attribut ne périrait pas avec lui, le surnom de Bienfaisant.

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