DE L'EXERCICE
Par M. Pierre BRETAGNE
MEMBRE TITULAIRE
MESSIEURS
Le règlement et les traditions confient au Secrétaire annuel de votre Compagnie le soin de tracer le tableau de la vie académique pendant l'exercice écoulé, de donner l'hommage du souvenir aux disparus, de saluer l'entrée dans vos rangs de ceux qui les ont remplacés, d'indiquer brièvement enfin la série des travaux accomplis et présentés en séances ordinaires au cours des derniers douze mois.
La première partie de cette tâche est cette année particulièrement lourde, car la mort impitoyable a frappé à cinq reprises des personnalités rattachées à des titres divers à l’Académie de Stanislas.
Associé-correspondant depuis le 4 février 1927, M. Louis Bossu, Procureur général à Chambéry, est mort le 11 mars 1929 en son château de Jainvillotte, dans les Vosges. Il terminait ainsi une longue carrière aux lieux mêmes où il était né le 3 avril 1857, soixante-douze années auparavant. Les hautes fonctions judiciaires auxquelles :l était parvenu attestent sa valeur professionnelle, mais, d'esprit curieux et cultivé, il était de cette lignée de magistrats, — et nous en avons parmi nous d’autres exemples
XLVIII SÉANCE PUBLIQUE DU 16 Mar 1929
brillants, — qui savent se créer de studieux loisirs et trouvent encore le temps, après les labeurs de l’audience, de consacrer leur effort à des travaux personnels.
M. Bossu s'était spécialisé dans des études généalogiques sur des familles de Lorraine, ou dans des monographies documentées, telles que celles relatives aux ermitages de la région de la Mothe. Sa courageuse conduite à Reims pendant la guerre complète une haute figure de magistrat français qui restera longtemps gravée dans notre souvenir,
Associé-correspondant aussi du 15 juin 1883, M. le comte nE WARREN appartenait, lui, à l’armée. Sorti de Polytechnique, puis de l’École d’application de Metz, il fit comme officier d'artillerie la guerre de 1870 et termina sa carrière militaire comme chef d’escadron et chevalier de la Légion d'honneur. Né à Nancy, il s’intéressait vivement à tout ce qui touche la Lorraine et son etude sur Marguerite de Lorraine est de lecture agréable et claire. Il écrivit aussi une monographie des comtes de Warren et avait publié autrefois un savant ouvrage technique sur la tactique des armées prussiennes.
Homme de bien, il s’occupait activement et généreusement des déshérités du sort et fut pendant longtemps président de la Société de Saint-Vincent-de-Paul sur sa paroisse de Saint-Epvre. C’est peut-être ce dernier titre qui le recommandera le mieux à votre pensée fidèle.
M. Victor RisTox avait été membre titulaire en 1893, mais c’est comme associé-correspondant que nous devons déplorer sa perte, survenue le 24 janvier 1929. Après de solides études juridiques à l’Université de Nancy, M. le baron Victor Riston se fit inscrire au barreau en 1884: mais 1l exerça peu et consacra toutes ses facultés à des études diverses, juridiques, archéologiques ou économiques, ainsi qu'aux relations de ses voyages dans le Sud- Algérien et en Orient. Son activité se manifestait ailleurs encore; dévoué à la chose publique, il fut pendant seize ans, de 1888 à 1904, Conseiller municipal de Malzéville, et fonda la Société lorraine de Photographie, qui fit preuve avant la guerre d’une louable activité.