DISCOURS DE RÉCEPTION
MESSIEURS
Si je vous assure de l’étonnement que j'éprouvai à me trouver au milieu de vous lorsque vous me fites l’honneur de m'’agréger à votre illustre Compagnie, veuillez ne point voir là une simple formule de courtoisie. Vous m'avez, en effet, ouvert vos portes en un temps de ma vie où mon principal titre à mériter votre bienveillance était le désir et l’espoir d’en acquérir de plus valable. Quelle reconnaissance parfaite ne vous dois-je pas pour la complaisance flatteuse avec laquelle vous m'avez accordé un si large crédit!
Cet espoir, il ne m'appartient certes pas de dire si j'y ai répondu. Je puis cependant vous faire une confidence et vous avouer que, pour ma part, je ne l'ai pas réalisé, du moins pas comme je l’eusse voulu. Si je me promène aujourd'hui dans l'existence, assisté de deux grands cardinaux, leur présence même m'atteste combien peu facilement on atteint aux buts que l’on se propose. Je ne m'étais point du tout promis, en effet, de paraître en public avec eux. C’est sur un autre cardinal