ÉLOGE DU CARDINAL DE LORRAINE LXXIII
est le second dans l’ordre chronologique. Le premier était son oncle, le cardinal Jean, qui vécut de 1498 à 1550, et le troisième, qui lui a été de quelques années postérieur et comme lui s’appela Charles, fut son cousin. Ce dernier appartenait à la famille ducale de Lorraine, tandis que le nôtre était des Guise, branche cadette qui se sépara de la branche régnante à la mort de René IT, lorsque le duc Antoine monta sur le trône de Nancy.
Charles de Guise naquit le 17 février 1525 au château de Joinville. Il était le propre petit-fils du glorieux vainqueur de Charles le Téméraire, le grand René II, le fils de Claude de Lorraine, premier duc de Guise et le neveu du fameux duc Antoine. Il avait pour frère aîné François de Guise, magnifique homme de guerre que ses contemporains, remplis d'admiration et de gratitude, appelèrent le Grand Duc de Guise et qui s’illustra notamment en rendant à la France la ville de Calais détenue par Jes Anglais depuis plus de deux siècles. Sa mère, Antoinette. était une Bourbon comme déjà sa grand’mère, Philippe de Gueldres, dont le tombeau se trouve en notre Chapelle Ronde. Ces deux femmes l’apparentaient donc à saint Louis par les deux branches issues de son fils Louis Ier.
Charles avait dix ans lorsqu'il quitta Joinville pour aller faire ses études au célèbre collège de Navarre. 11 y connut Ronsard, et Ronsard nous atteste que le jeune prince lorrain y brilla comme un astre. À peine sorti du collège, il fut introduit à la cour de France par son oncle, le cardinal Jean, qui y jouissait également d’un crédit illimité et d’une réputation déplorable. Le jeune homme séduisit le roi François Ier qui fit de lui le précepteur du dauphin Henri. Mais, tout en s’occupant de son royal élève, le futur cardinal ne négligea pas de manœuvrer au milieu des intrigues de cette cour livrée aux coteries féminines, de s’assurer de précieuses relations et même de retenir l’attention bienveillante de cette Diane de Poitiers qui ne devait pas tarder à devenir si puissante sous le nom de duchesse de Valentinois. Il réussit toutefois cette merveille de traverser des eaux si troublées sans s’y souiller lui-même.
Un beau jour, il dut quitter ce Louvre où se remuait tant