‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 3)Chapitre 68 sur 109 · LXXXIV SÉANCE PUBLIQUE DU 16 MAI · texte numérisé non relu

LXXXIV SÉANCE PUBLIQUE DU 16 MAI

Cette opposition, qui groupait tous les seigneurs avides d'indépendance et jaloux du pouvoir, trouva un moyen commode pour agiter les esprits et troubler la nation. Elle s'empara du protestantisme qui, depuis l'apparition du livre de Calvin en 1541, commençait d’inquiéter les esprits et les cœurs. D’une lutte politique elle fit une guerre religieuse. Alors, au nom d’une foi à protéger et à défendre on souleva une partie du pays et on s’empara des plus belles villes d’où l’on nargua le roi. Orléans, Tours, Lyon, Rouen, Poitiers, devinrent des citadelles Jéodales autant que huguenotes.

Au surplus, dans nos campagnes, roulaient des bandes d’aventuriers formées par les soldats licenciés des guerres d'Italie, Plus de repos ni de sécurité. Ces bandes, conduites par des gens de petite noblesse, parvenaient même à terroriser la cour, qui, de Blois, dut chercher refuge à Amboise. Jusqu'où n'iraient pas leurs audaces? Chacun tremblait et le roi le premier. Il devenait urgent d’en finir.

Le cardinal s’attela à la besogne. Elle était ingrate. Elle le fit haïr. On le serait à moins. Apprenant qu’un coup de main se préparait sur Amboise, il fit battre la campagne et les forêts. Tout ce qui ne fut pas massacré sur place fut amené au château. Pendant des jours ce ne furent que supplices et les malheureux qui ne périrent pas pendus à des crocs furent jetés tout vivants dans la Loire. Le principal agitateur, Godefroy du Barry, seigneur de la Renaudie, périt un des premiers et la dure opération de police décrétée par le cardinal nettoya finalement le pays. On put dormir tranquille.

C'était au tour des princes d’être mâtés (1). Les Bourbons furent convoqués à Orléans. Après un voyage, qui ne fut pour eux qu’une suite d’avanies et d’humiliations, le roi les reçut avec hauteur et, au sortir de l’audience, Condé se vit arrêter et jeter en prison. Il n’aurait dù

(1) C'est le cardinal qui eut le premier l'idée de la Ligue. En effet, en 1565, il cût voulu rassembler en un parti organisé tous les grands seigneurs du royaume fideles à la couronne et dont il avait soigneusement dressé la liste.

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