‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 3)Chapitre 73 sur 109 · ÉLOGE DU CARDINAL DE LORRAINF XCI · texte numérisé non relu

ÉLOGE DU CARDINAL DE LORRAINF XCI

droit, l’autorité, la dignité de la nation. En un temps où de si nombreuses choses étaient mises dangereusement en discussion, le cardinal de Lorraine eut la suprême sagesse de voir nettement où était le salut. Il comprit que ce pays non seulement ne résisterait pas à l’oppression étrangère, mais ne connaitrait ni grandeur, ni prospérité, ni sécurité si les Français ne se contraignaient à l’union et s’ils ne revenaient généreusement à la pratique de l’obéissance et de la fidélité au souverain. Il comprit que l’Église laisserait s’énerver sa force et se disperser le troupeau fidèle, si elle reculait davantage l'heure des décisives et courageuses réformes. Au surplus, il sut accueillir largement les idées nouvelles dont beaucoup avaient une peur irraisonnée. Enfin, il eut la grandeur de vouloir ce qu’il avait eu la noblesse de penser.

C’est pour cela qu’il a bien mérité de la France, de la catholicité et de l'humanité entière. Il ne nous déplait pas, par surcroît, de remarquer combien son nom et son œuvre font honneur à notre vieille race lorraine dont elles attestent les plus belles qualités de force et de modération, de sens du réel et de sentiment de l'idéal, d'énergie et de fidélité, de prudence et de goût éclairé des choses de l'esprit.

Peut-être, Messieurs, votre illustre Compagnie ne m’en voudra-t-elle pas de l'avoir choisie pour la faire témoin de l'hommage qu’il m'était agréable de rendre à ce magni-" fique génie, petit-fils du valeureux René II, neveu du duc Antoine, oncle de Charles III, nos ducs bien-aimés.

Puissé-je l'avoir décidée à s'associer à ce tribut de mon admiration!

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