AUX RÉCIPIENDAIRES
MM. Ch. BRUNEAU et le chanoine Edm. RENARD
M. Bruneau rappelait il y a quelques instants les critiques dont avait été l’objet l'obligation pour les récipiendaires du discours de réception; après ceux que vous venez d'entendre, vous ne regretterez pas assurément que les règles de l’Académie les aient maintenus; mais elles font aussi au Président en exercice un devoir d’y répondre; sa réponse marque en même temps la fin de son mandat; c'est donc pour lui, si j’ose dire, le chant du cygne; or vous savez que ce chant, quoi qu’en dise la légende, n’a rien d’harmonieux, et je crains bien de donner tort, moi aussi, à la légende, d’obtenir le résultat promis par Horace aux efforts des littérateurs dont les prétentions dépassent le talent et qu’il compare au potier rêvant de faire jaillir de son tour une amphore aux lignes élégantes et qui ne peut arriver qu’à fabriquer un modeste petit pot.
Amphora cœpit Institui, currente rola, cur urceus exit.
Mieux vaudrait sans doute vous laisser sous l’impression de ces deux discours si je ne tenais à vous faire apprécier l'importance, la diversité des œuvres de leurs auteurs. et surtout si je n'avais l'agréable mission de les recevoir