XII SÉANCE PUBLIQUE DU 23 DÉCEMBRE
Et encore, le lieutenant de Vismes, un Saint-Cyrien de la promotion de Fez : « Mes hommes sont épatants, ils ont fait des choses étonnantes. Moi, je n’ai qu’à me montrer digne d’être leur chef... »
C'est ailleurs qu’il faut chercher des récits circonstanciés, des réflexions morales sur la guerre et ses responsabilités.
Voici Albert Embry, sapeur brancardier, ancien élève de l'École primaire supérieure de Limoux, qui écrit en septembre 1914 : « Santé toujours bonne, malgré les horreurs dont nous avons été témoins ces jours-ci. Avant de fuir, les Allemands ont brûlé les maisons et les granges, répandu du pétrole sur les sacs de farine.…., enfin ils ont commis toutes les abominations possibles. » Et, le 4 mars 1915 : « lei, quelle tourmente! Partout des ruines qui recouvrent d’autres ruines. C’est horriblement triste... Cette guerre est une chose infâme. Nous la faisons parce qu’elle nous a été imposée. Il a bien fallu se défendre, pour sauvegarder notre droit et l’honneur du drapeau. »
Dans le même ordre d'idées, ces extraits de lettres d'Alfred Casalis, fils d’un pasteur protestant, soldat d’infanterie tué à Roclaincourt le 9 mai 1915 : « Sur le front... . On s’est beaucoup battu par ici. De tous côtés des villages détruits et brûlés. C’est affreusement triste... » Et plus tard, à la veille de l’assaut des tranchées ennemies : « … Ma préoccupation essentielle est celle de la légitimité de cette guerre. J’ai confiance que notre cause est juste et bonne, et que nous avons le droit pour nous... Nous allons attaquer, ce sera terrible; si j'y reste, sachez que je serai mort sans crainte et en paix. »
Si nous avons ainsi prolongé ces citations, c’est que nous voulions montrer combien le Bulletin publié par les soins de Mme de Saint-Vincent-Brassac rentre dans les conditions prévues à l’appui de sa candidature au prix du Souvenir. Mais il nous reste à parler d’autres initiatives tout aussi méritoires, et dont les résultats sont très dignes de retenir notre attention.
Le 10 mai 1920, dans une séance de « l’Union des pères et mères dont les fils sont morts pour la patrie », Mme de Saint-Vincent fit décider la création de l’œuvre de la Brindille d’or, qui a pour but de perpétuer le souvenir